Vincent Lavenu
Vincent Lavenu estime que Pinot et Bardet "montrent la voie" | PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN

Vincent Lavenu : "Rien ne s’est fait dans la facilité"

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Avant le départ de la dernière étape du Tour de France 2014, Vincent Lavenu a pris le temps de faire un premier bilan de "trois semaines d’efforts", au terme desquelles AG2R-La Mondiale a remporté le classement par équipes. Dans son dos, Jean-Christophe Péraud (2e au général) est accueilli près du bus sous les applaudissements du public. Quelques instants plus tôt, Romain Bardet (6e) avait eu droit aux mêmes encouragements. Souriant, le manager français souligne d’abord "la grosse solidarité" qui a régné au sein de son équipe.

Le forfait de Carlos Betancur

"Nos performances montrent que sa présence n’était pas indispensable, même si avec lui, on aurait sans doute eu de meilleurs résultats sportifs (en froid avec l’équipe, le grimpeur colombien avait annoncé unilatéralement qu’il ne ferait pas le Tour, ndlr). Avec un troisième grimpeur, on n’aurait craint personne pour le classement par équipes. Sans lui, ça semblait un peu plus compliqué".

La victoire au classement par équipes

"Quand on vient sur un grand Tour, c’est d’abord pour faire le classement général. Mais c’est vrai que le classement par équipes nous a toujours titillé. On est bien organisé pour ce type de résultat, on l’avait gagné sur le Giro mais jamais sur le Tour de France. Là, monter sur le podium des Champs-Elysées avec l’ensemble de l’équipe, c’est fort. Ça démontre un gros travail, un gros collectif, une grosse solidarité. Ce sont des valeurs qu’on prône au sein de l’équipe. Les deux leaders ont assuré tous les jours, dans toutes les étapes de montagne, et on a toujours eu un coureur qui s’est concentré derrière : on doit beaucoup à Ben Gastauer, mais aussi à Christophe Riblon et Mikaël Cherel. On a cherché à obtenir ce résultat. On a un peu assommé nos adversaires en montagne (AG2R l’emporte avec 34’44 d’avance sur Belkin, son dauphin, ndlr)".

La deuxième place de Jean-Christophe Péraud

"L’an passé, il jouait pour la 6e ou la 7e place. Il a progressé depuis. Il a des qualités exceptionnelles. Rien ne s’est fait dans la facilité. C’est sûr, Quintana n’était pas là, Froome et Contador sont tombés, c’est la réalité. On est très heureux des circonstances, mais la performance physique existe, elle est réelle. La place, elle sera marquée sur le palmarès. Maintenant, il a envie de découvrir le Giro. Plusieurs ont réalisé le doublé cette année : Rafel Majka, Nicolas Roche, Pierre Rolland. Péraud (qui a rempilé pour deux ans avant le Tour, ndlr) doit être capable de le faire".

Romain Bardet, sixième pour deux petites secondes

"Sur le coup, c’était difficile pour lui. Il était très déçu et en colère. C’est normal, pour deux secondes. C’est la frustration de trois semaines d’effort. Les gens autour de lui étaient là pour l’apaiser. Il est intelligent : il a déjà relativisé et il sait que le meilleur est devant lui. C’est un garçon extrêmement doué, perfectionniste, qui travaille beaucoup. Il va encore progresser. Il peut endosser la casquette de leader sur une course comme le Tour".

Le renouveau du cyclisme français

"Il y a eu le cyclisme italien, le cyclisme espagnol, les sud-américains sont arrivés en force, les Australiens aussi… là, il semblerait que les Français soient tombés sur une très belle génération. On récolte les fruits d’un grand travail et ça se ressent au plus haut niveau international.  La France a la chance d’avoir deux athlètes en devenir comme Thibaut et Romain. Ils montrent la voie. Ils ont un gros niveau physique, ils sont décomplexés et n’ont peur de personne. Ça va créer une émulation, et il va forcément y avoir un troisième, voire un quatrième coureur qui va arriver d’ici peu. La nation France du cyclisme est en train de reprendre une jolie part. C’est encourageant pour tout le monde : les clubs, les régions qui se battent. Il y aura plus d’adhérents. Ces jeunes sont pour moi des exemples dans la société".