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Cédric Vasseur | PHOTOPQR/VOIX DU NORD

Les sprinteurs au crible avec Cédric Vasseur

Publié le , modifié le

Cédric Vasseur, notre consultant cyclisme sur Francetvsport, analyse les forces en présence dans les rangs des sprinteurs. Les prétendants sont nombreux et le niveau très élevé. Tour d’horizon de la planète sprint sur le Tour de France.

Les têtes d’affiche : Kristoff, Cavendish et Greipel
"Ici sur le Tour, à part Marcel Kittel, on a ce qui se fait de mieux en matière de sprint. Si on se réfère aux résultats de cette année, on peut citer un trio avec Alexander Kristoff qui a pris beaucoup de valeur, notamment au niveau des classiques, et qui se rate rarement. Il est à l’aise autant par de fortes chaleurs que lorsqu’il fait froid. On a aussi Mark Cavendish. C’est celui qui a peut-être le plus d’explosivité dans les 200 derniers mètres. André Greipel est très à l’aise quand il y a de très longues lignes droites. En terme de puissance pure, s’il n’est pas gêné, c’est lui la bombe la plus explosive. Il faut ajouter à ce trio John Degenkolb qui a gagné Paris-Roubaix".

Le duel des Bleus : avantage Bouhanni
"Nacer Bouhanni, sur ces dernières semaines, me semble supérieur à Arnaud Démare même s’il a une bonne pointe de vitesse. Physiquement, le coureur de la FDJ a l’air plus juste ces derniers temps. Quand on est un vrai sprinteur, on n’attaque pas comme on l’a fait au dernier championnat de France. Ça dénote peut-être d’un manque de confiance en lui pour éviter une confrontation directe avec Nacer Bouhanni".

L’enjeu : gagner la guerre de position
"Dans le Tour il y a toujours une ambiance particulière. Le travail de l’équipe est important et ça va être une grosse bataille. Il va falloir être fort aux 200 mètres. La grande difficulté, c’est d’être bien placé au moment d’arriver à la flamme rouge. Beaucoup de sprinteurs perdent de l’énergie car ils n’ont pas forcément l’équipe pour les replacer. Quand ils arrivent au kilomètre, ils sont déjà dans le rouge et n’ont plus les moyens de sortir. L’équipe doit faire en sorte que le sprinteur économise toute son énergie afin de passer la vitesse supérieure à 500-600 mètres de l’arrivée".

Le meilleur train : Giant-Alpecine
"L’équipe la mieux organisée et la plus complète, c’est sans conteste Giant qui travaille habituellement pour Marcel Kittel. L’Allemand n’est pas là sur ce Tour de France car hors de forme mais l’équipe peut faire le même travail pour John Degenkolb. Si le train se met en marche, le vainqueur de Paris-Roubaix sera forcément bien placé pour le sprint final. Lotto-Soudal ne sera pas en reste pour André Greipel mais l’équipe a d’autres objectifs, idem pour Etixx Quick Step avec Cavendish d’un côté et Uran et Kwiatkowski de l’autre".

Le maillot vert : Sagan encore favori
A l’image des années précédentes, le maillot vert va peut-être se jouer dans des étapes de transitions ou de moyenne montagne où des sprinteurs-grimpeurs seront à l’aise. Je pense évidemment à Peter Sagan qui pourra se glisser à l’avant. Le Slovaque est intrinsèquement moins fort que les Kristoff, Cavendish mais il va aller grappiller des points. Il ne va pas, à priori, remporter de sprint, mais il sera toujours placé dans les dix premiers. Il peut potentiellement marquer des points tous les jours. Le seul bémol, c’est l’objectif principal de son équipe Tinkoff-Saxo qui vise la victoire finale avec Alberto Contador. Si l’Espagnol prend le maillot jaune dans les Pyrénées, on ne laissera pas partir Sagan dans une échappée. Les deux objectifs, jaune et vert, sont-ils compatibles ? C’est l’enjeu de ce Tour et ça peut laisser une chance aux autres sprinteurs.