Romain Bardet AG2R
Romain Bardet a souffert sur les pavés dimanche | Etienne GARNIER / POOL / AFP

Tour de France 2018 : Un Tour en dents de scie pour AG2R-La Mondiale

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Ballotée dans la plaine, l’équipe Savoyarde est passée à la lessiveuse de la Grande Boucle. Tour d’horizon avec le directeur sportif Julien Jurdie. 

• Une poisse inhabituelle

Victime d’ennuis mécaniques à répétition, Romain Bardet a souvent roulé vent de face en première semaine. Lui qui avait souvent évité les problèmes sur le Tour, les a collectionnés. « Les aléas font partie de la course. Sur le Mûr-de-Bretagne on a vu les prémices de notre non-réussite sur le Tour avec le premier problème mécanique de Romain. A partir de là, on a commencé à perdre du temps. » Une poisse qui s’est matérialisée sur les pavés du mini Paris-Roubaix. Et un débours qui s’est accentué. « On a connu de grosses difficultés. Romain a manqué de réussite avec ses trois crevaisons. »

• Un collectif diminué

Il n’y a pas que les secondes qui ont manqué à Romain Bardet. Des coéquipiers précieux sont tombés au champs d’honneur avant la montagne. Sans Axel Domont, Alexis Vuillermoz et Tony Gallopin, l’équipe de Vincent Lavenu n’a pas pu peser comme elle le souhaitait. « On a beau l’aménager et en diminuer l’impact, ce manque a été présent. Notre force collective avait bousculé beaucoup de choses dans le passé. Là on n’a pu rien faire. Ça a été un gros manque, amplifié par l’abandon de Tony Gallopin qui avait un rôle très important. Il est celui qui apaise l’équipe. Son expérience et son rôle de capitaine d’équipe nous ont beaucoup manqué. Sans lui les choses se sont compliquées. Bousculer Sky à huit c’est compliqué alors à cinq… »

• Du positif quand même

Aucune victoire d’étape, on n’avait plus vu ça depuis 2014 chez AG2R-La Mondiale. Si les succès ont fui, la formation française a animé la course dans les deux massifs. Par deux fois avec Romain Bardet. « Je retiens surtout deux belles étapes. L’Alpe d’Huez où il était le plus fort sur les 21 lacets et l’étape de Laruns, la plus belle de ce Tour. Une belle journée de sport avec beaucoup d’animations entre les favoris. Il n’a pas manqué grand chose dans le final pour décrocher la timbale une 4e année de suite. Le bilan n’est pas celui qu’on attendait mais il reste quand même bon avec une 6e place de Romain et un maillot blanc, celui de Pierre Latour. C’est un coureur qui progresse chaque année. Il n’est qu’au début. On voit bien que les rouleurs sont les acteurs N.1 du Tour de France et Pierre est champion de France du contre-la-montre. On va travailler ça avec lui. »

• Et maintenant ?

Si Romain Bardet a indiqué ne pas savoir quoi faire de plus, à 27 ans l’avenir lui appartient toujours. « Il a encore des très belles années devant lui. Quand on voit des coureurs de 32-33 ans être parmi les tous meilleurs, il y a belles années à faire. L’objectif de remporter le Tour de France est toujours là. Il faut rester dans cet espoir. » Si AG2R-La Mondiale cherche un rouleur de haut nouveau pour aider Romain, la montagne restera l’ADN de l’équipe savoyarde. « On a une équipe qui est encore très grimpeur. La montagne reste un ingrédient très important pour réussir un bon Tour de France. Les parcours y font beaucoup.

Les rouleurs étaient avantagés cette année. Ça ne sera peut-être pas le cas dans le futur. Les belles victoires se forgent dans la montagne et je reste persuadé qu’un grimpeur peut gagner le Tour. » Quant à voir l’Auvergnat sur d’autres grands Tours, c’est une possibilité. « Ça sera surement le cas en 2019 ou en 2020. Romain a envie de briller sur d’autres courses. Il a fait 2e à Strade Bianche, 3e de Liège-Bastogne-Liège, 2e du Dauphiné Libéré. Il n’est pas obsédé exclusivement par le Tour. Il a envie de découvrir toutes les courses qui peuvent lui convenir. Il va bien préparer les championnats du monde en Autriche. Il en sera l’un des acteurs principaux. »

Xavier Richard @littletwitman