Tour de France : Un spectacle capricieux, les Français au rendez-vous... ce qu'il faut retenir de la première semaine

Publié le , modifié le

Auteur·e : Andréa La Perna
Pinot Jumbo-Visma Alaphilippe
La déception de Pinot, la domination de Jumbo-Visma, Alaphilippe en jaune... | AFP

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Décalé au mois de septembre dans un contexte de crise sanitaire inédit, le Tour de France 2020 a bouclé sa première semaine de course dimanche à Laruns. Des chutes de la première étape à la domination de la formation Jumbo-Visma, en passant par les réussites tricolores, voici ce qu'il ne fallait pas manquer des 9 premières étapes de la Grande Boucle.

• Tout s'est emballé vendredi

Au cours de cette première semaine, le spectacle n'était pas forcément là où on l'attendait. A plusieurs reprises les espoirs des suiveurs assidus de la Grande Boucle ont été douchés, et ce dès la première étape. Transformée en patinoire, elle a été neutralisée par les coureurs. La deuxième a attendu une attaque tardive de Julian Alaphilippe pour se décanter.

Puis, entre Nice et Sisteron, Jérôme Cousin (Total-Direct Energie) n'avait aucune chance d'aller au bout de son échappée solitaire. Lors de la 4e étape, jour de la première arrivée en altitude, les leaders se sont départagés au sprint. Le lendemain, aucune échappée n'a lancé de défi au peloton. Et lors de la 6e étape, l'ascension du Col de la Lusette a mené à un statu quo entre leaders.

Mais les trois dernières étapes de la première semaine ont offert un scénario inattendu. Promise aux sprinteurs et considérée comme une journée de transition, la 7e étape entre Millau et Lavaur a été dynamitée par Peter Sagan et les bordures. Et dans les Pyrénées, le panache de Tadej Pogacar (UAE), de Nans Peters (AG2R La Mondiale) et de Marc Hirschi (Sunweb) ont fait lever les spectateurs de leur chaise. Le suspense intense de la 9e étape et les faibles écarts au sommet du classement général font que la journée de repos de ce lundi risque d’être longue pour les spectateurs les plus assidus.

• La Jumbo-Visma sur une autre planète

A juste titre, la formation néerlandaise était crainte par l’ensemble du peloton. Elle a montré qu’elle pouvait prendre en mains la course à chaque fois qu’elle le souhaitait. Victorieuse avec Primoz Roglic à Orcières-Merlette ainsi qu’avec Wout van Aert à Lavaur et Privas, la Jumbo-Visma a remporté un tiers des étapes de la première semaine tout en récupérant le maillot jaune ce dimanche.

Son terrible train en montagne, qui n’est pas sans rappeler celui de la Sky, a mis à l’épreuve l’ensemble des prétendants au classement général. Tony Martin, Amund Jansen, Robert Gesink, Wout Van Aert, George Bennett, Sepp Kuss et Tom Dumoulin ont tous travaillé pour leur leader Roglic, semant la terreur dans les rangs adverses. Maintenant que le Slovène est en tête du général, c’est uniquement elle qui devrait prendre la responsabilité de poursuivre les échappées.

Le train jaune de la Jumbo-Visma en action.
Le train jaune de la Jumbo-Visma en action. © AFP

• Thibaut Pinot encore maudit…

Candidat légitime à la victoire finale à Paris, Thibaut Pinot (Groupama-FDJ) a déjà dit adieu au classement général. Contrairement à l’année dernière, il n’aura même pas eu le temps de montrer de quoi il était capable en montagne. Le Franc-Comtois est tombé lourdement dès la première étape et s’il a masqué les séquelles pendant 6 jours, il a dû rendre les armes dans le Port de Balès samedi, bloqué au dos.

Touché au genou l’an dernier, il avait quitté le Tour en larmes en troisième semaine. Cette fois, Pinot est resté en course, blasé et consterné. Même s’il a eu une réaction d’orgueil le lendemain, celui qui représentait sur le papier la meilleure chance de victoire tricolore au général a emmené dans sa chute bon nombre d’espoirs fous. Pour beaucoup, le déroulé de ce Tour de France 2020 n’aura pas la même saveur.

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• … mais d’autres Français ont brillé !

Ça commence à devenir une habitude. Un an après ses 14 jours avec le maillot jaune, Julian Alaphilippe (Deceuninck-Quick Step) a encore porté la prestigieuse tunique, cette fois pendant trois jours. Après une première journée compliquée, “Loulou” a remporté la deuxième étape à Nice, en costaud, portant son total de victoires sur le Tour à 5 (toutes remportées lors des trois dernières éditions), en attendant peut-être une nouvelle belle surprise.

Cependant, il ne jouera pas le classement général cette année. Dans ce domaine, les meilleurs espoirs français sont portés par Guillaume Martin (Cofidis) et Romain Bardet (AG2R La Mondiale), respectivement 3e et 4e du classement, à moins de 30 secondes du leader. Jamais les deux hommes n’avaient été aussi bien placés à ce stade de la course. Leur quasi-sans faute dans cette première semaine a considérablement nourri leur rêve de Top 5.

On notera aussi la très belle victoire en solitaire de Nans Peters (AG2R La Mondiale), samedi à Loudenvielle. Celui qui découvre la Grande Boucle n’a fait preuve d’aucun complexe face à un adversaire de la trempe d’Ilnur Zakarin (CCC), déjà vainqueur d’étape sur le Tour et le Giro. Son coéquipier Benoît Cosnefroy (AG2R La Mondiale) a obtenu et défendu le maillot à pois de meilleur grimpeur. 

Pour ce qui est du sprint, les Tricolores n’ont pas encore levé les bras, mais Bryan Coquard (B&B Hotels-Vital Concept) fait partie des plus réguliers dans son domaine. Le pistard est 4e au classement du maillot vert à seulement 32 points du leader Peter Sagan (Bora-Hansgrohe). Hugo Hofstetter (Israel Start-up Nation) et Christophe Laporte (Cofidis) ont tous les deux décroché une 4e place lors d’une emballage final, et c’est encourageant.

• L'incertitude à tous les étages

Au classement général, Primoz Roglic a beau être leader et semblé plus fort que les autres, il ne compte que 21 secondes d'avance sur son dauphin Egan Bernal (Ineos Grenadiers). Les 7 premiers du général se tiennent en moins d'une minute. Rien n'est encore fait. Même chose pour le maillot à pois, classement dominé par un Benoît Cosnefroy en difficulté dans les cols qui rapportent le plus de points. Pour ce qui est du maillot vert, Peter Sagan a pris les devants mais Sam Bennett (Deceuninck-Quick Step) n'a que 7 points de retard et Wout van Aert pourrait décider de jouer le classement sérieusement.

L'incertitude plane aussi au-dessus de la tête des coureurs, menacés par la potentielle détection de cas de Covid-19 ce week-end lors de la vague de tests. Pour rappel, deux cas au sein d'une équipe (staff compris) entraînent une disqualification intégrale de la formation. Si les tests positifs sont très (trop) nombreux, c'est le Tour de France lui-même qui pourrait être menacé d'interruption.

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