Romain Bardet a brillé à Finhaut Emosson
Romain Bardet a brillé à Finhaut Emosson | YUZURU SUNADA / BELGA MAG / BELGA

Tour de France: Tout sourire, Bardet grimpe dans le top 5 à Finhaut Emosson

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Sixième avant la 17e étape du Tour de France 2016 entre Berne et Finhaut Emosson, Romain Bardet est désormais cinquième du classement général à 4'15 de Chris Froome. Dans une journée qu'il redoutait, Bardet a trouvé du positif grâce à une tactique qu'on ne lui connaissaît pas.

Nous, les journalistes, avons quitté un Romain Bardet exténué, épuisé, au bout de l’effort avant qu’il soit appelé pour le contrôle antidopage. Nous l’avons retrouvé, une bonne demi-heure plus tard, souriant et visiblement déjà beaucoup mieux. Oui Romain Bardet peut avoir la banane, il a réussi sa journée. Non seulement il a grappillé une place au général – la 5e au détriment d’Alejandro Valverde – mais il a surtout passé à la perfection une étape qu’il craignait pour trois raisons : le repos la veille, la chaleur et le dernier kilomètre terrible avant le barrage de Finhaut Emosson. « Je redoutais le lendemain de la journée de repos, confirme-t-il. Ces dernières années, ce n’était pas vraiment mon truc. Je perds souvent mes sensations ». Entre Berne et Finhaut Emosson, le groupe des favoris s’est livré à une course d’observation jusqu'aux tous derniers kilomètres. Le col de la Forclaz, très difficile et placé juste avant la montée finale n’a pas vu la bataille démarrer. Il a donc fallu être patient, pas forcément la qualité principale de Romain Bardet avant ce Tour de France 2016.

Bardet contre-nature

Quand Christopher Froome et Richie Porte ont accéléré, le grimpeur d’Ag2r-La Mondiale ne s’est pas mis dans le rouge et a attendu son moment. « Je savais que le dernier kilomètre allait être terrible, qu’il y aurait des gros écarts. J’ai gardé mes forces. On a fait un très beau dernier kilomètre avec Adam Yates. On a repris pas mal de temps sur Froome et Porte, c’était la bonne tactique à adopter aujourd’hui ». Si pour d’autres coureurs, cette déclaration peut paraître logique voire anecdotique, elle ne l’est pas pour Bardet. Sourire aux lèvres, le Français sait qu’il surprend son auditoire en annonçant cela. Lui l’attaquant a mis de l’eau dans son vin pour attendre son heure. « . Il fallait être patient, ça se décante petit à petit, je commence à avoir des ouvertures », croit-t-il. Car Romain Bardet, qui a repris 17 secondes à Quintana, 29 à Mollema et 36 à Martin,  n’en a pas fini de grimper, ou du moins de son envie de grimper. Désormais pensionnaire du top 5, l’Auvergnat voit encore plus haut, rassuré qu’il est d’avoir résisté mercredi. « Je suis content de ma régularité sur les plus grosses arrivées. Pour moi le plus dur je pense que c’était aujourd’hui ». De quoi donner beaucoup d’espoir à toute la formation Ag2r-La Mondiale qui malheureusement n’accompagne pas autant son leader qu’elle l’espérait, voire le devrait. 

Quintana dans le viseur, Porte dans le rétro

Reste maintenant à bien récupérer pour le contre-la-montre de jeudi entre Sallanches et Megève avec au programme la redoutée côté de Domancy, où Bernard Hinaut avait conquis son titre de Champion du monde en 1980. Après avoir tenu le choc sur le premier chrono de cette Grande Boucle 2016, Bardet sera sur un parcours qui lui plaira beaucoup plus. Chacun se souviendra de son prologue du Dauphiné (7e à 29 secondes de Contador) au mois de juin sur un profil similaire. Cinquième, Bardet est néanmoins sous la menace de Richie Porte (12 secondes) qui a été le seul à suivre Froome à Finhaut Emosson. Mais devant lui, Nairo Quintana n’est qu’à 42 secondes et le Colombien a montré des signes de faiblesses en Suisse. Romain Bardet est en tout cas prêt à se battre : « ça va être serré entre les grands grimpeurs, la bataille pour le podium et pour le top 5 va se faire à coup de secondes »