Tour de France : Tests Covid, vent, chutes, une reprise sous tensions pour le peloton

Publié le , modifié le

Auteur·e : Adrien Hemard
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Au lendemain de la première journée de repos, le Tour de France 2020 est reparti sur les chapeaux de roues. Entre les cas de Covid-19 dans les staffs des équipes, le vent, les bordures et les chutes, cette étape de plat a été extrêmement nerveuse. Retour sur une journée épuisante psychologiquement, plus que physiquement.

Lundi, les coureurs du Tour de France ont bénéficié d’une première journée de repos sur le littoral de Charente-Maritime. Et on espère qu’ils en ont bien profité, parce que pour la reprise de la course ce mardi, la journée a été bien plus nerveuse et épuisante, en dépit d’un parcours totalement plat. En longeant la côte entre l’île d’Oléron et l’île de Ré, le peloton a certes traversé des paysages de carte postale, mais n’a pas eu le temps de se la couler douce.

Peur sur le Tour

Avant même le départ de l’étape, la journée a commencé par un pic de stress matinal pour tous les coureurs et leur staff, qui attendaient les résultats des tests Covid-19 effectués lundi. "La première chose qu’on a faite au réveil c’était de lire les messages. La bonne surprise, ça a été de voir qu’on était tous négatifs. C‘était positif pour le sport", a souri Mikaël Cherel, dont l’équipe AG2R est toutefois en sursis puisqu’un membre de son staff a été testé positif. "Bien sûr que j’ai eu un peu peur qu’il y ait un deuxième test positif, c’est quelque chose qu’on ne contrôle pas. Pour l’instant, ce cas n’a pas eu de conséquences pour l’équipe, je pense que c’était un cas isolé. On fait énormément attention, on ne peut pas faire plus", a tenu à rassurer son équipier Benoît Cosnefroy.

Au-delà de ces tests qui ont touché trois autres équipes (Ineos-Grenadiers, Mitchelton-Scott, Cofidis), le directeur de la course lui-même a été placé en quarantaine. Pas de Christian Prudhomme donc pour donner le départ de cette dixième étape, qui s’annonçait tout aussi stressante pour le peloton que le contexte sanitaire autour de la course. Et pour cause : entre le vent annoncé et les incalculables aménagements routiers, les 168,5 km du jour avaient de quoi préoccuper les coureurs. "Quand on repart sur ce genre d’étape très pointue, c’est un défi", a reconnu Primoz Roglic, le maillot jaune. 

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"Aujourd’hui ça a été un peu plus compliqué. Il faut réussir à passer à travers ces journées sans problème. Les chutes et le vent nous ont embêtés. (…) Toute la journée le circuit était particulièrement dangereux. (…) J’aurais préféré passer une journée plus calme et y laisser moins d’énergie", a soufflé Guillaume Martin (Cofidis), avant de glisser : "Vivement la montagne où ça se jouera moins sur des coups du sort et plus sur le physique".

Des chutes pour perturber l'avancée

Car des coups du sort, il y en a eu avec plusieurs chutes, impliquant notamment Tadej Pogacar (UAE Emirates), Guillaume Martin (Cofidis), Warren Barguil (Arkea-Samsic) ou Bryan Coquard (B&B Vital Concept). Des chutes causées par la nervosité de la course en elle-même due et aux nombreux aménagements routiers et au vent, qui a lui-même causé de nombreuses bordures. "Dès le début de la journée nous savions tous que ça allait être une journée de stress. C’était rapide, nerveux, stressant. Au final il n’y avait pas tellement de vent mais tout le monde voulait être devant", a témoigné Egan Bernal (Ineos-Grenadiers) en fin de journée.

D’autant que certaines équipes ont voulu profiter de ces conditions pour faire un coup, notamment AG2R La Mondiale de Mikael Cherel : "Ce n’était pas une étape qu’on redoutait, au contraire". Après course, son directeur sportif Julien Jurdie en a dit un peu plus : "Les routes étaient vraiment très limites, très dangereuses avec beaucoup de passages en ville. Le vent était un petit peu bizarre, très tournant. Il en a manqué un poil pour faire des différences". Finalement, c’est le maillot à pois, lui aussi d’AG2R La Mondiale, qui a le mieux résumé cette 10e étape.: "Il n’y avait pas de points à prendre pour le classement montagne, mais des points de suture. Je les ai évités", a souri Benoît Cosnefroy.

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Certes, sur problème mécanique dans le final, Julian Alaphilippe (Deceuninck) a perdu 10'52, mais le général ne fait plus partie de ses préoccupations, tout comme Thibaut Pinot (Groupama-FDJ), arrivé avec un gros groupe à 5'25 du vainqueur. A l’heure des comptes, cette étape stressante n’a toutefois pas eu de dégâts. Juste un peu de fatigue nerveuse, dont les coureurs vont pouvoir se remettre dès demain avec une étape enfin tranquille entre Châtelaillon-Plage et Poitiers. Cette fois : pas de bordure annoncées, mais, comble de luxe, un vent favorable dans le dos. De quoi redonner des ailes au peloton ?