Tour de France : Roglic intouchable, espoirs français, maillot à pois… les enjeux de la dernière semaine 

Publié le , modifié le

Auteur·e : Adrien Hemard
Roglic Pogacar
La menace numéro 1, c'est bien Primoz Roglic. | AFP

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Dernière ligne droite pour le Tour de France 2020, qui repart pour sa troisième et dernière semaine ce mardi. Avec trois grandes étapes alpines avant le contre-la-montre de La Planche des Belles Filles, le Tour va encore plus s’animer. Et pas seulement dans la course au maillot jaune, puisque les enjeux sont multiples à quelques jours de l’arrivée sur les Champs-Elysées.

• La Jumbo-Visma peut-elle être battue par un homme seul ?

A l’entame de cette dernière ligne droite, le maillot jaune est solidement installé sur les épaules de Primoz Roglic, entouré par sa garde rapprochée XXL de la Jumbo-Visma. Si le Slovène a un coup de mou, comme ça lui arrive parfois en troisième semaine, il pourra compter sur Tom Dumoulin, Wout Van Aert ou encore Sepp Kuss pour limiter les dégâts. Un collectif impressionnant. Mais pour autant, on a déjà vu Tadej Pogacar (UAE Emirates) prendre deux fois le meilleur sur Roglic au sprint, en profitant du travail de la Jumbo.

Le meilleur jeune de ce Tour 2020 peut-il être imité par les autres prétendants au podium ? Jusqu’ici, Mikel Landa (Bahraïn-McLaren), Rigoberto Uran (EF Pro Cycling) et Miguel Angel-Lopez ont réussi à s’accrocher : pourront-ils attaquer ? En tout cas, pour surprendre Roglic il ne faudra pas attendre l’ultime contre-la-montre de samedi, vu comme le maillot jaune excelle dans cet exercice.

• Quels espoirs pour les Français ?

Au départ de ce Tour, le cyclisme français nourrissait de grands espoirs : Thibaut Pinot, Romain Bardet, Julian Alaphilippe, puis Guillaume Martin. On rêvait de voir ces garçons en jaune, ou au moins sur le podium. Après deux semaines de courses, on se contentera d’une victoire d’étape de l’un d’entre eux pour sauver leur Tour, Alaphilippe mis à part, ayant déjà gagné à Nice et pris le jaune. Après l’abandon de Bardet, et vue la méforme de Pinot, les espoirs reposeront essentiellement sur Guillaume Martin pour les étapes de haute-montagne, et sur Alaphilippe dès aujourd’hui vers Villard-de-Lans. A moins d’un réveil de Pinot chez lui lors du chrono de La Planche des Belles Filles ?

• La découverte du terrible col de la Loze

Il n’y aura pas que les coureurs qui seront attendus en cette fin de Tour, mais aussi un nouveau. Un géant alpin, inédit sur le Tour : le col de la Loze. Sur les hauteurs de Méribel, ce tout nouveau monstre des Alpes a tout pour devenir incontournable sur la Grande Boucle : une montée de 21,5 km à 7,8% de moyenne, mais surtout 6 derniers kilomètres goudronnés cette année, faits de replats et de murs raides, avec de nombreux passages à plus de 20 %. Christian Prudhomme, le directeur du Tour, le décrit ainsi : "C'est quelque chose que l'on ne connaît pas, qui n'existe pas, tout simplement. Vous passez de 2 à 20 %, ça tourne dans tous les sens... Pour moi, c’est du jamais-vu. Ce col est unique". Du haut de ses 2304 m, le col de la Loze accueillera l’arrivée de la 17e étape mercredi. Et on a hâte.

• La nouveauté : quel rôle pour Ineos ?

Avec un Egan Bernal hors course depuis l’arrivée au sommet du Grand Colombier, l’équipe Ineos-Grenadiers (ex-Sky) se retrouve dans une position inédite : celle de ne pas pouvoir jouer le maillot jaune et la victoire à Paris. Alors, que faire pour les hommes de Dave Brailsford ? Orphelins de leur directeur sportif Nicolas Portal, décédé cet hiver, les coéquipiers de Bernal vont devoir retomber sur leurs pieds pour sauver leur fin de Tour. Comment ? En allant chercher une victoire d’étape marquante, peut-être en haut du col de la Loze. Avec plus de 30 minutes de retard au général, Richard Carapaz pourrait s’envoler sur ses pentes sans inquiéter la Jumbo-Visma. Et pourquoi pas ?

• Le meilleur sprinteur désigné par la montagne ?

Après deux semaines de course, on ne sait toujours pas qui aura le maillot vert sur les épaules à Paris. La faute à une lutte acharnée entre son détenteur actuel, Sam Bennett (Deceuninck-Quick Step), et son propriétaire attitré depuis 2012 (à l’exception de 2017), Peter Sagan (Bora-Hansgrohe). Depuis plusieurs jours, le Slovaque mène la vie dure à l’Irlandais dès que la route s’élève, dans le but de récupérer sa précieuse tunique. Mais cette fois, la route va vraiment s’élever. Les deux hommes résisteront-ils aux Alpes, ou la haute-montagne va-t-elle, paradoxalement, offrir le maillot vert de meilleur sprinteur à l’un des deux hommes ?

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• Qui pour le maillot à pois ?

Autre maillot distinctif, et autre scénario. En ce qui concerne le maillot à pois, la lutte n’a toujours pas été réellement engagée après deux semaines de course. Depuis le soir de la 1re étape, la tunique est sur le dos de Benoît Cosnefroy, pas franchement grimpeur, et même pas dans sa meilleure forme. Depuis, le coureur d’AG2R La Mondiale savoure, tout en sachant qu’il ne devrait pas pouvoir conserver sa tunique dans les Alpes. Toutefois, derrière, personne ne semble vraiment intéressé par cette tunique, à part peut-être Pierre Rolland (B&B Hôtel & Vital Concept). La lutte pour le maillot à pois va forcément s’animer alors que des leaders distancés au général doivent sauver leur Tour, à moins que les cadors de cette Grande Boucle ne trustent les premières places de ce classement.