Tour de France : Covid-19, grosse concurrence, accent colombien... Pourquoi l'édition 2020 sera différente 

Publié le , modifié le

Auteur·e : Adrien Hemard
Tour de France 2019
Thibaut Pinot, le 20 juillet 2019. | YORICK JANSENS/BELGA MAG/Belga

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Départ fin août, parcours très montagneux, nouveaux rapports de force dans le peloton : la 107e édition du Tour de France qui s’élance ce samedi de Nice s’annonce passionnante, avec plusieurs nouveautés, volontaires ou non. Tour d’horizon de cette Grande Boucle pas comme les autres. 

• Parce que le Covid a modifié les règles

Après avoir paralysé la planète et stoppé la saison cycliste au mois de mars, le Covid-19 continue de modifier le quotidien du peloton international. En plus d’un calendrier remodelé, la pandémie touche directement l’organisation même des courses, et le Tour de France, décalé de plus d’un mois et demi, n’y échappe pas. Bulle sanitaire, tests PCR quotidiens, départ à quasi huis clos à Nice, filtrage des spectateurs en haut des cols…  Le coronavirus a déjà un impact sur la course, en espérant qu’il ne contraigne pas une équipe à l’abandon (obligatoire dès deux cas positifs). Au delà de la logistique, il a aussi pénalisé les coureurs dans leur préparation et fait donc planer une double incertitude sur la course : sportive et sanitaire.

• Parce que INEOS n’est plus la seule armada

A la conquête de son huitième Tour de France sur les 9 dernières éditions (!), le Team Ineos-Grenadier (ex-Sky) n’est pas aussi serein que les dernières saisons. D’abord parce que l’armada britannique s’avance sans Christopher Froome et Geraint Thomas (5 titres à eux deux), mais surtout parce que la concurrence s’est renforcée. Egan Bernal, le tenant du titre, est certes très bien entourée (Carapaz, Sivakov, Amador, Castroviejo, Kwiatowski, Rowe et Van Baarle), mais une autre armada est née ces derniers mois aux Pays-Bas : le team Jumbo-Visma. Même privée de Steven Kruijswijk (troisième l’an passé), l’équipe jaune et noire pourra compter sur Primoz Roglic et Tom Dumoulin, entourés de lieutenants de luxe (Kuss, Van Aert, Bennett, Gesink, Martin et Jansen). De quoi augurer une guerre entre les deux géants du peloton ? “Je prends aussi en compte Pinot, Pogacar et Quintana, a précisé Merijn Zeeman, le directeur sportif de Jumbo-Visma. Il n’empêche que les clés de ce Tour sont dans les mains de ces deux mastodontes.

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• Parce qu’il sera très montagneux

8 étapes de montagnes, 9 de plaines et 3 accidentées : voilà pour la théorie. En pratique, cette Grande Boucle 2020 est extrêmement escarpée, avec de la montagne au programme quasiment chaque jour et quatre arrivées au sommet. Et on ne compte que trois étapes vraiment de plaine. Même l’unique contre-la-montre - une rareté, aussi - se disputera sur les pentes de la Planche des Belles Filles. Dès la deuxième étape, dans la haut pays niçois, les coureurs auront plus de 4 000 mètres de dénivelé dans les jambes. Un avant-goût des trois semaines qui les attendent avec en point d’orgue la nouvelle arrivée en haut du col de la Loze, sur les hauteurs de Méribel, mais aussi celle au sommet du Grand Colombier. Toutefois, l’étape la plus escarpée sera celle entre Châtel-Guyon et Puy Mary avec plus de 4 400 mètres de dénivelé. 

• Parce qu’il aura l’accent colombien

Quand on pense à la haute-montagne en cyclisme, on pense ces dernières années aux coureurs colombiens. Entre le tenant du titre, Egan Bernal (INEOS-Grenadier) et  l’éternel prétendant Nairo Quintana (Arkea-Samsic) - qui semble avoir retrouvé ses meilleures jambes … -, l’Etat sud-américain était déjà bien représenté dans le peloton. Et aux deux stars colombiennes s’ajoutent Rigoberto Uran, deuxième en 2017, qui sera épaulé par Sergio Higuita (champion de Colombie) et Daniel Martinez, vainqueur du Critérium du Dauphiné au sein de son équipe EF Pro Cycling. Mais il faudra aussi compter sur Miguel Angel Lopez (Astana), outsider épaulé par son jeune compatriote Tejada, et présenté comme possible futur vainqueur de la Grande Boucle, qui a de plus en plus des airs de championnats de Colombie.

• Parce qu’il y aura peu de sprinteurs 

Qui dit parcours montagneux, dit peu de place aux arrivés au sprint. Si le programme officiel en recense 9, la vérité oscillera plutôt entre 3 et 5, a priori, dont à coup sûr la 10e entre les îles d’Oléron et de Ré, la 11e en direction de Poitiers et la traditionnelle arrivée sur les Champs-Élysées. Et ça, les sprinteurs du gratin mondial l’ont bien compris. Nombreux ont ainsi préféré faire l'impasse sur le Tour, et se concentrer sur la suite de ce calendrier très resserré, comme le champion de France Arnaud Démare (Groupama-FDJ), Mark Cavendish (Bahrain-McLaren) ou Michael Matthews (Sunweb). Toutefois, cela n’empêche pas la présence de purs sprinteurs comme Sam Bennett (Deceuninck-Quick Step), Alexander Kristoff (UAE) ou Caleb Ewan (Lotto Soudal). Côté français, on misera sur Bryan Coquard (B&B Hotels - Vital Concept), Hugo Hostetter (Israël Start-up nation), Christophe Laporte, Elia Viviani (Cofidis) et Clément Venturini (AG2R la Mondiale). Sans oublier le roi aux 7 maillots verts : Peter Sagan

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