Tour de France : Pourquoi il n'y a eu aucune échappée sur cette 5e étape ?

Publié le , modifié le

Auteur·e : Quentin Ramelet
Bora-Hansgrohe devant le peloton

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Cinq jours de course et cette 107e édition du Tour de France, inédite sur plusieurs points, a déjà bien entamé l’organisme des coureurs. Cette 5e étape a d’ailleurs été marquée par l’absence pure et simple d’échappée, presque un événement pour la Grande Boucle qui est connue aussi pour les belles histoires de ses baroudeurs. Alors pourquoi aucun fuyard ne s’est distingué ce mercredi ? De nombreuses chutes, la fatigue accumulée, ou encore le peu d’étapes réservées aux sprinteurs : les raisons sont multiples.

► Les (trop nombreuses) chutes ont ralenti tout le monde

Honnêtement, avons-nous déjà assisté à un telle situation ? On a essayé de trouver une trace de la dernière étape sur le Tour de France qui s’est déroulée sans la moindre échappée, impossible d'en trouver trace. Depuis le départ à Nice, samedi dernier, il faut dire que le peloton a été particulièrement touché dans sa chair. Rien que samedi, la première étape autour de la citée azuréenne avait été le théâtre d’un véritable jeu de quilles au point que le nombre de chutes de coureurs était impossible à dénombrer exactement. Au moins une centaine d’entre eux ont été victimes d’une chute.

Du jamais vu sur les routes du Tour alors qu’ASO a même été contraint de neutraliser les temps à 3km de la ligne pour éviter une flopée d’abandons sur hors-délai à l’arrivée. Et après plusieurs mois de disette provoquée par la Covid-19, imaginez bien que les corps ne répondent pas de la même manière que lorsque chaque formation arrive sur la Grande Boucle avec une préparation finement menée, réglée pour disputer la plus grande course cycliste du monde en pleine forme. Ce mercredi, entre Gap et Privas, une étape entourée par deux tracés très accidentés (jeudi les routes s’élèveront à nouveau avec l’ascension finale du Mont Aigoual de 11,7km à 7,3% de moyenne, ndlr), il était question de récupérer comme l'a confirmé Pierre Latour (AG2R La Mondiale) : "C'est vrai qu'aujourd'hui, après ce départ du Tour qui a été difficile, ça faisait du bien une journée où ça roule un peu plus tranquille et où il y a moins de stress". Et même parmi les plus "petites" équipes qui savent profiter du Tour de France pour se montrer, on a fait le choix de la prudence pour reposer les corps déjà trop meurtris.

► Après cinq jours de course, le peloton est déjà éreinté 

Quatre premiers jours d’une violence rare ont suffi à mettre à mal les coureurs de cette Grande Boucle. Nombre d'entre eux ont avoué être beaucoup plus fatigué que d’habitude, à ce stade de l’épreuve. Parmi eux, Thibaut Pinot (Groupama - FDJ), au lendemain de la première étape niçoise, avait même confié avoir vécu "l’une des pires journées de sa carrière". La deuxième étape, marquée par un dénivelé positif de plus de 4000m avec les exigeants cols de la Colmiane et de Turini, l’avait plus ou moins rassuré malgré la chute de la veille mais là encore, il a fallu puiser dans les réserves pour arriver au bout du bout. 

Si les étapes de lundi et mardi ont été moins rudes mais encore difficiles pour certains, un constat est naturellement ressorti de la bouche de tous les coureurs : la fatigue est déjà très présente. Trop sans doute. Or, il faut beaucoup de ressources pour être capable de se lancer dans une échappée longue de plus de 180 km. D’ailleurs, à l’issue de cette 5e étape, Bryan Coquard (B&B Hôtels – Vital Concept) a confirmé cette tendance en allant plus loin : "Tout le monde a un petit peu peur de ce Tour difficile. Mine de rien, pour les baroudeurs, se lancer dans un long raide avec le vent, ce n’est pas forcément pour aujourd’hui que ça faisait peur mais pour le reste du Tour." Ce mercredi, les baroudeurs, nombreux dans ce peloton, ont donc pris le rôle de coéquipier pour permettre à leurs sprinteurs d’en découdre. Car, pour ces derniers, les occasions sont rares cette année.

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► Les équipes de sprinteurs ne veulent pas rater la moindre occasion

Quand ASO avait dévoilé le parcours de cette 107e édition du Tour de France en octobre dernier, un constat s'imposait : les grimpeurs vont se régaler ! Et les sprinteurs, eux, devraient clairement se montrer patients mais surtout résistants. Sur les 8 étapes catégorisées "plates" sur les 21 du Tour, il est peu probable de voir autant de sprints massifs à l’arrivée. Autant dire que les Caleb Ewan, Peter Sagan et autre Sam Bennett devront la jouer finaude pour lever les bras plus d’une fois cette année sur les routes du Tour.

C’est donc l’une des raisons majeures qui, ce mercredi, a poussé les formations de sprinteurs, à commencer par la Lotto – Soudal (Ewan) et la Bora – Hansgrohe (Sagan), à contrôler totalement la course. L’objectif ? Ne pas laisser la moindre chance à une victoire en solitaire et viser un succès sur un sprint massif. Vincent Lavenu, le manager d'AG2R La Mondiale, le confirmait : "Aujourd'hui, le schéma était clair : le sprint ! Pas grand monde avait envie d'aller bouffer du vent pendant plus de 150 ou 160km juste pour faire de la figuration à l'avant." Et finalement, à ce jeu-là, Wout Van Aert (Jumbo – Visma) a été le plus fort de tous.