Tour de France : Peter Sagan, vert de rage, rate encore la victoire

Publié le , modifié le

Auteur·e : Adrien Hemard
Peter Sagan

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Une nouvelle fois, Peter Sagan (Bora-Hansgrohe) et son équipe ont été les grands animateurs de l’étape entre Clermont-Ferrand et Lyon. Le Slovaque et ses coéquipiers ont fait la loi. Enfin presque, puisque dans le final, comme à chaque fois cette année, Sagan n’a pas transformé l’essai et récompensé les efforts de son équipe. Toujours pas de victoire pour le Slovaque, qui court aussi après son maillot vert, détenu par Sam Bennett (Deceuninck-Quick Step).

A 30 ans, Peter Sagan est-il sur le déclin ? En tout cas, force est de constater que sur ce Tour de France 2020, le Slovaque, sept fois maillot vert du Tour depuis 2012, n’est plus aussi souverain face à la concurrence. Et plus aussi incisif au moment de franchir la ligne d’arrivée. Lors de la 15e étape entre Clermont-Ferrand et Lyon, comme lors de la 7e qui arrivait à Lavaur, Sagan a fait rouler ses coéquipiers pour dynamiter la course avec deux objectifs : reprendre le maillot vert et gagner l’étape. Et comme à Lavaur : mission échouée.

Peter, ça ne gagne plus

Depuis le début de l’hégémonie Sagan sur le maillot vert en 2012, le Slovaque ne l’a laissé échapper qu’une fois, en 2017, après avoir été exclu de la course. Surtout, le triple champion du monde (2015, 2016, 2017) n’a jamais été mis aussi en difficulté que cette année. Depuis la 3e étape, il se dispute le maillot avec son concurrent,  l’Irlandais Sam Bennett (Deceuninck-Quick Step), qui le lui a chipé depuis la dixième étape, après que Sagan l'a porté 4 jours. La guerre des sprinteurs est lancée et anime le Tour chaque jour, ce dont on n'avait plus vraiment l'habitude. 

Depuis le début du Tour, Sagan n’est pas aussi fringant que ces dernières années, que ce soit sur les sprints intermédiaires ou lors des arrivées. Alors le Slovaque de 30 ans a changé ses plans, et s’est adapté. Soutenu par toute son équipe, au contraire de Sam Bennett, Sagan manœuvre pour gagner le maillot vert… hors des sprints. Un choix curieux, mais pas idiot. Loin de là. Ainsi, lors de la 7e étape entre Millau et Lavaur, et de nouveau ce samedi entre Clermont-Ferrand et Lyon, la rockstar du peloton a fait rouler ses coéquipiers à chaque ascension, notamment avant un sprint intermédiaire, afin de distancer Bennett et ses autres rivaux.
 

En attaquant sur le fond, sur la durée, Sagan épuise ainsi Bennett et le met hors course avant même l’approche des sprints. Habile. “J’ai bien compris qu’ils voulaient me faire du mal. J’aurais pu participer au sprint intermédiaire, mais je n’aurais plus eu de force pour l’ascension après. Malheureusement, après mes jambes m’ont lâché même si mon équipe m’a soutenu”, a reconnu Sam Bennett, beau joueur face à cette tactique qui peut irriter. “Je ne comprends pas pourquoi la Bora roule comme ça, alors que Sagan ne gagne pas à la fin”, s’est en revanche agacé Stefan Küng (Groupama-FDJ), à l’arrivée à Lyon. 

Seul échappé du jour et victime collatérale de cette tactique, le Suisse de la Groupama-FDJ a des raisons d’en vouloir à l’équipe allemande, qui a ruiné ses espoirs de victoire. Mais force est de constater que cette technique fonctionne. Certes, Peter Sagan n’a pas récolté les fruits du travail des siens à Lyon, en ne finissant que 4e, mais il a récupéré 25 points sur les 66 de retard qu’il comptait sur Bennett au départ de Clermont-Ferrand.

Et s’il n’a pas encore gagné sur ce Tour, il compte bien finir en vert à Paris. Et pour cela, la semaine alpine qui se profile sera son meilleur allié, lui qui survit aux journées de montagne alors que Bennett tire de plus en plus la langue. A l’usure, Sagan pourrait donc bien reprendre son vert après plus d’un an sans victoire. Ce serait son huitième maillot vert, un record absolu. Peut-être pas son plus beau, mais le plus disputé.