Tour de France : Les Français déjà (et encore) éjectés de la bagarre pour le classement général

Publié le , modifié le

Auteur·e : Andréa La Perna
Romain Bardet
Tombé et distancé, Bardet a passé une sale journée ce vendredi. | AFP

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Lors de la 13e étape du Tour de France entre Châtel-Guyon et le Puy Mary, les derniers espoirs français au classement général ont été douchés. Arrivés plus de 2’30 après le maillot jaune Primoz Roglic, Guillaume Martin (Cofidis) et Romain Bardet (AG2R La Mondiale) ont été éjectés du Top 10, pire, ce dernier a été contraint à l'abandon. Comme d'habitude, mais plus tôt que prévu, les ambitions françaises de sacre à Paris ont été douchées.

Ça va Bardet”, pouvait-on lire sur le bord de la route du Tour de France ce vendredi, passant sur les terres de Romain Bardet (AG2R La Mondiale). Ce dernier, 4e du général au départ de Châtel-Guyon et libéré de la pression, était attendu à l’attaque dans les pentes du Col de Néronne et du Puy Mary. Mais le Français a été assommé à deux reprises, d’abord en tombant lourdement dans une descente, puis en franchissant la ligne d’arrivée 2’30 après le maillot jaune Primoz Roglic (Jumbo-Visma). 

Coup de bambou pour Bardet et Martin

L’Auvergnat qui avait alors vraisemblablement dit adieu à ses chances de podium sur le Tour de France cette année, a fini par annoncer son abandon après avoir passé des examens médicaux qui ont dévoilé une commotion cérébrale. Dans sa chute, le natif de Brioude a croisé l’autre Français qui pouvait encore nourrir des ambitions légitimes, en l’occurrence Guillaume Martin (Cofidis). Troisième du classement général à 28 secondes de Roglic avant l’étape, le Normand se retrouve désormais 12e, à 3’14 du leader, encore plus loin que Bardet.

"Il ne me manquait pas grand chose pour basculer avec les favoris (il accusait un retard d’une dizaine de secondes au sommet du Col de Néronne), mais j'ai perdu beaucoup d'énergie [seul en poursuite]. C'était une mauvaise journée. Peut-être que les autres étaient tout simplement plus forts. On va voir si je suis sur la pente descendante ou si c'est juste une mauvaise journée", a réagi un Guillaume Martin qui ne “cherchait pas d’excuses”. 

Son manager Cédric Vasseur a préféré voir le côté positif. “On n'est plus une menace pour Primoz Roglic au général, alors forcément ça va ouvrir des portes pour des attaques”, a indiqué le patron de Cofidis, espérant jouer une victoire d’étape en montagne avec son leader. Romain Bardet, lui aussi, aura toujours quelque chose à jouer avec AG2R La Mondiale si les blessures liées à sa chute se révèlent superficielles.

Une déception prévisible mais précoce

Mais à l’échelle du cyclisme français, le constat est cruel. Aucun Français ne figure déjà plus dans le Top 10 du classement général du Tour de France, alors que huit étapes n'ont toujours pas été disputées. C'est une première après une étape de montagne depuis le 17 juillet 2018 et la 10e étape arrivée au Grand-Bornand (Bardet était 14e). Et c'est d'autant plus frappant que l'édition 2019 avait donné de belles preuves de force et noué de folles promesses avec deux hommes qui n’étaient déjà plus dans la course.

14 jours en jaune et vainqueur avec la tunique l’an dernier, Julian Alaphilippe (Deceuninck-Quick Step) ne s’est pas mêlé à la lutte pour le classement général cette année. Thibaut Pinot (Groupama-FDJ) a lui encore dû s’incliner face à son corps meurtri. Tombé lourdement lors de la première étape, il a craqué dans le Port de Balès samedi dernier, et dit adieu à ses chances de sacre au général. Le Franc-Comtois avait pourtant été le seul à même de décramponner le tenant du titre Egan Bernal (Ineos) sur les pentes des Pyrénées, dans le Tourmalet et le Prat d’Albis.

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Les défaillances de chacun des leaders français étaient prévisibles. Maudit, Pinot n'avait plus terminé de Tour de France depuis 2015. Alaphilippe n'a cessé de prévenir qu'il ne lutterait pas pour une place au général. Bardet était arrivé sur la pointe des pieds alors qu'il visait le Giro cette année. Enfin, Martin a beau avoir toujours été bien placé, il n'avait jamais joué dans la cour des grands sur la Grande Boucle, terminée au mieux à la 12e place en 2019, son classement d'ailleurs ce vendredi soir.

L'éternel recommencement

Que le successeur de Bernard Hinault, 35 ans après la dernière victoire tricolore, n'intervienne pas cette année n'est pas anormal. Mais que tout espoir s'envole si tôt, ce n'était pas forcément attendu. Sur la ligne d'arrivée au sommet du Puy Mary, Romain Bardet avait le visage fermé. Il sentait sans doute que son Tour avait pris fin sur cette chute. Une déception de plus de 35 années de tentatives douchées. Si le cyclisme français va bien et joue tout de même les premiers rôles au niveau international, la Grande Boucle a coincé les grimpeurs tricolores dans ce qui s'apparente à leur propre mythe de Sisyphe.

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