Christian Prudhomme et Bernard Hinault
Christian Prudhomme et Bernard Hinault au salon de l'Agriculture 2016 | AFP - DOMINIQUE FAGET

Tour de France: le vin de la discorde

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En raison d'un contrat passé avec un vin chilien, devenu vin officiel de la Grande Boucle après un appel d'offres depuis 2014, les viticulteurs du Sud-Ouest menaçaient de bloquer le passer du Tour de France, l'été prochain. Passé par le Salon de l'Agriculture jeudi, Christian Prudhomme, directeur du Tour, et Bernard Hinault, quintuple vainqueur, ont trouvé un accord qui devrait éviter tout problème en juillet. Le patron du Tour se rendra en mai dans l'Aude pour rencontrer les viticulteurs en colère.

Deux ans après le début du contrat, et un an et demi avant sa fin, le contrat liant Amaury Sport Organisation (ASO) et les producteurs de vin chilien a fait monter la tension. Depuis 2014, ce vin est "vin officiel" du Tour de France, suite à un appel d'offres auquel aucun producteur français n'a répondu. Et en pleine crise des agriculteurs, les viticulteurs ont vu rouge. 

"On se sent humiliés", affirmait Frédéric Rouanet, président du syndicat des Vignerons de l'Aude pour lequel en France, "le vin c'est sacré". "Nous faisons des vins prestigieux et le Tour fait partie de notre patrimoine culturel et sportif, c'est une vitrine, notre vin doit y figurer", insistait-il. Même colère chez les Jeunes Agriculteurs (JA) du département pour qui le choix du chilien est "inacceptable" alors que les agriculteurs français font face à de graves difficultés. "Il faut que le Tour de France soutienne les producteurs par des partenariats avec des produits français et non étrangers", réclamaient-ils.

Prudhomme en pompier

Jérôme Desprey, président du Conseil viticole de FranceAgriMer, est intervenu pour aplanir les choses. C'est avec lui que le patron du Tour de France, Christian Prudhomme, est allé au salon de l'Agriculture jeudi. "Il faut que le Tour de France soutienne les producteurs par des partenariats avec des produits français et non étrangers", réclamait M. Desprey. "On a discuté de la possibilité de faire venir les viticulteurs aux villages départ et arrivée à chaque étape", a expliqué Christian Prudhomme , "étonné" de cette soudaine polémique alors que l'accord avec les vins chiliens date de 2014. "Il n'y a aucune difficulté pour la société du Tour de France à permettre aux vignerons et aux coopératives de mettre en avant leurs produits comme ce sera le cas dès la semaine prochaine sur Paris-Nice. Le Tour fait beaucoup pour mettre en valeur le monde rural: tous les ans, dans la semaine qui précède le départ, on fait le tour des exploitations".

Pour déminer le terrain largement en amont, Prudhomme se rendra avec Jérôme Despey dans l'Aude, le 10 mai prochain: "Nous nous rendrons ensemble le mardi 10 mai dans l'Aude avec Christian Prudhomme , qui me l'a confirmé, afin d'expliquer l'accord trouvé" pour sortir de la crise qu'a suscitée chez certains viticulteurs du sud de la France le partenariat du Tour avec un vin chilien, a déclaré Jérôme Despey. Ensemble les deux responsables se rendront d'abord à Montpellier, dans l'Hérault, rencontrer la présidente de la région et les autorités municipales ainsi que l'interprofession des vins du Pays d'Oc, a-t-il détaillé. Ils poursuivront ensuite dans le département voisin de l'Aude, à la rencontre de Frédéric Rouanet, président du syndicat des Vignerons de l'Aude et des responsables syndicaux des Jeunes Agriculteurs (JA), à la pointe de la fronde anti-Tour, ainsi que des élus du secteur et de l'interprofession viticole, a précisé M. Despey.

AFP