Sylvain Chavanel à la voiture de son directeur sportif chez Direct Energie
Sylvain Chavanel à la voiture de son directeur sportif chez Direct Energie | DE WAELE Tim / TDWsport Sarl / DPPI media

Tour de France: La stratégie de Direct Energie était-elle la bonne ?

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Entre Escaldes-Engordany et Revel, Direct Energie a joué sur deux tableaux : Sylvain Chavanel à l’avant et Bryan Coquard pour une hypothétique arrivée au sprint. Bilan une douzième place de l’étape et beaucoup de questions.

« J’ai mis le bazar dans l’échappée ». Sylvain Chavanel naviguait entre deux sentiments à l’arrivée de la dixième étape du Tour de France 2016 ? Fier d’avoir « remarqué qu’à 37 ans, il [faisait] encore peur » mais déçu du résultat final même si face aux sprinteurs présents à l’avant, le Châtelleraudais doutait de ses chances de pouvoir imposer sa pointe de vitesse. Si le coureur de Direct Energie répète plusieurs fois qu’il a mis le bazar à l’avant, c’est que son équipe a mené le peloton pendant de longs kilomètres dans le peloton, le libérant du travail à l’avant. Direct Energie a-t-elle couru trop de lièvres à la fois ?

"Piégé comme un cadet"

« Le but était de courir aux avant-postes pour protéger Bryan Coquard parce qu’il y avait du vent de côté, avouait Chavanel après l’arrivée. Il y avait cette côte dans le final et Bryan grimpe très bien. L’idée était de se rapprocher de l’échappée et pour moi d’en profiter pour ne pas rouler ». Une situation qui a pas mal agacé ses compagnons de fuite au point qu’on le lui fasse savoir. Une situation qui a aussi pénalisé Chavanel quand Sagan a accéléré à 25 kilomètres de l’arrivée. « Il s’est fait piéger comme un cadet », estimait Cédric Vasseur, consultant de France Télévisions. Et pour cause, à force de courir à l’arrière du groupe, le coureur de 37 ans n’a pas pu réagir et s’est fait avoir dans le deuxième groupe quand les Sagan, Van Avermaet, Dumoulin et donc Matthews se jouaient la victoire devant

Devant le bus de sa formation à Revel, Jean-René Bernaudeau n’est pas sorti de sa voiture, alors que la presse l’attendait. Preuve que le staff n’était pas satisfait de la stratégie du jour ? Durant la journée, les directeurs sportifs ont reconnu qu’ils attendaient que les autres équipes viennent leur donner un coup de main qui n’est jamais vraiment arrivé. Quand Direct Energie a mis en route, l’écart était trop important et avec quinze hommes devant, il était compliqué de mener la chasse seuls.

Coquard sacrifié ?

Sylvain Chavanel pense lui que la tactique était la bonne. Difficile cependant de comprendre pourquoi les Direct Energie ont mis quelqu’un à l’avant si Bryan Coquard était la carte maîtresse des noir et jaune. Vers Limoges, et alors que la course passait chez lui, Chavanel s’était vu opposer une fin de non-recevoir quand il a voulu aller à l’avant. Vers Revel, le sprinteur de l’équipe vendéenne n’a pas eu l’occasion de jouer sa carte alors que la côte de Côte de Saint-Ferréol aurait pu éliminer quelques-uns de ses adversaires. Le poids de Chavanel dans l’équipe a-t-il pesé dans la balance ? En analysant la stratégie des Direct Energie, celle des Orica-Bike Exchange entre forcément dans le débat. En étant deux à l’avant autour de leur leader Michael Matthews, Durbridge et Impey ont pu contrôler et offrir la victoire sur un plateau à un coureur que l’on compare souvent à… Bryan Coquard.

Christophe Gaudot @ChrisGaudot