Tour de France : La frayeur et la journée galère de David Gaudu, premier lieutenant de Thibaut Pinot (Groupama-FDJ)

Publié le , modifié le

Auteur·e : Thierry Tazé-Bernard
David Gaudu en grande souffrance lors de la 2e étape du Tour de France
David Gaudu en grande souffrance lors de la 2e étape du Tour de France | DR

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Tombé à terre lors de la 1re étape du Tour de France comme bon nombre d'autres concurrents, David Gaudu (Groupama-FDJ) a bien cru devoir s'arrêter définitivement lors de cette 2e étape. Lâché par le peloton dès les premiers kilomètres, il a serré les dents avant de finir à plus de 17' du vainqueur. Véritable lieutenant de Thibaut Pinot en montagne, le coureur de 23 ans, qui avait parfaitement lancé son leader l'an dernier lors de sa victoire sur le Tourmalet, est toujours dans le coup pour le servir. Les radios, passées dimanche soir, sont rassurantes.

La chute de Thibaut Pinot avait été la plus médiatisée samedi, au terme de la 1re étape. Comme toujours dans son ombre, David Gaudu était lui-aussi allé à terre dans le final, au milieu de ses coéquipiers chargés de protéger leur leader. Sauf que personne ne peut rien face aux chutes collectives. Et contrairement à Pinot, son lieutenant avait été beaucoup plus touché dans sa chair. Souffrant d'un traumatisme au niveau du sacrum, Gaudu a rapidement montré de grands signes de faiblesse lors du début de cette 2e journée. Ce dimanche matin, avant le départ, le staff de son équipe se déclarait très inquiet pour lui. "J'ai eu très très peur lorsqu'au km0 j'ai été lâché. Je ne pouvais simplement pas forcer sur la pédale sans avoir une immense douleur au niveau du sacrum", expliquait-il à la fin de cette "journée galère". 

"La douleur s'est estompée au fur et à mesure"

Dans cette étape longue de 186km, il a lâché prise tout de suite après le départ réel. Les désirs d'échappées précoces ne l'ont pas aidé à se maintenir dans le peloton. Seul, il a lutté, finissant par revenir dans le groupe principal à 176km de la ligne d'arrivée. La chaleur ambiante et les muscles plus chauds faisaient leur oeuvre. "Au fur et à mesure de l'étape, la douleur s'est estompée, même si elle était là dans le final, lors des moments à forte intensité", racontait-il à l'arrivée. Avec deux cols de 1re catégorie, plus un autre de 2e catégorie, il savait que sa souffrance était loin d'être terminée lorsqu'il rentrait dans le groupe. Pourtant, les routes montagneuses, c'est ce qu'il aime le plus. 

Souvenez-vous, l'an dernier, sur les routes de la Grande Boucle, il avait mené un train d'enfer sur les pentes du Tourmalet, finissant un travail d'équipe rondement mené pour lancer son leader, Thibaut Pinot, vers une victoire de prestige, marquante et importante. Ce jour là, Marc Madiot, manageur de l'équipe Groupama-FDJ, avait laissé exploser toute sa passion face à ses hommes en train de réaliser un énorme coup.

Chargé avec Rudy Molard, Valentin Madouas et Sebastien Reichenbach d'entourer Thibaut Pinot le plus loin possible dans la montagne, Gaudu est un élément majeur du collectif tricolore. Un atout qui n'en finit plus de se faire des frayeurs.

Car son retour à la compétition, en août, a été délicat. Revenu du Tour de Burgos malade, entre vertiges, vomissements, il avait perdu 10 jours et 2 kilos. Il avait confié au Télégramme : "Je me suis fait peur. Je me suis posé pas mal de questions. Je me suis dit : 'Merde, est-ce que je vais pouvoir aller au Tour ?' J’avais du mal à m’alimenter, je ne roulais pas parce que je n’avais pas d’énergie. Je me suis dit que ça allait être compliqué d’aller au Tour. Et puis d’un coup, ça allait mieux." Au lendemain de sa chute, au soir d'une étape galère, David Gaudu retrouve un peu de moral. "Sur les grosses relances, je sens que ça n'est pas encore ça. J'espère que ça va évoluer dans le bon sens, et comme il n'y a rien de cassé, je ne vois pas pourquoi ça ne serait pas ainsi. L'objectif était de finir dans les délais." Mission accomplie. Et ce dimanche soir, il assure : "Toute l'équipe va mieux qu'hier."