Kevin Ledanois (Fortuneo-Samsic) endosse le maillot à pois
Kevin Ledanois (Fortuneo-Samsic) endosse le maillot à pois | DAVID STOCKMAN / BELGA MAG / BELGA

Tour de France 2018 : Kevin Ledanois perpétue la tradition familiale

Publié le , modifié le

Kevin le fiston devant et Yvon le papa derrière. Pendant presque 200 kilomètres, la famille Ledanois a occupé le devant de la scène lors de la première étape du Tour de France. Pas de victoire au bout mais un beau maillot à pois pour le coureur et l’équipe Fortuneo-Samsic.

Un an qu’il en rêvait. Depuis la présentation du Grand Départ 2018, Kevin Ledanois n’avait qu’un objectif en tête : participer au Tour pour passer devant chez lui à Saint-Jean-de-Monts. Kilomètre zéro, aucun complexe. Pour son premier Tour, le jeune coureur se lance d’entrée dans l’aventure. « J’ai eu carte blanche car je passais à côté de la maison, raconte Kevin Ledanois. Je me suis dit -allez j’essaie au kilomètre zéro et si ça ne marche pas tant pis-. Ça a mis 100 mètres à partir et les équipes de sprinteur ont fermé le rideau tout de suite. » Un coup à trois avec Yoann Offredo (Wanty-Groupe Gobert) et Jérôme Cousin (Direct Energie). Un coup désespéré en début de Tour avec des sprinteurs affamés. Pour Kevin, c’est déjà du bonheur d’être là.

« J’ai eu des frissons pendant les 100 premiers kilomètres en passant à côté de la maison. Le public avec les amis et la famille, je n’ai pas de mot. » Un bonheur partagé avec son père Yvon, directeur sportif de l’équipe bretonne et au volant dans la voiture quelques mètres derrière. Forcément, les souvenirs affluent dans la tête du papa, coureur professionnel dans les années 90. « Il y a 25 ans j’étais échappé sur les routes de Vendée, se souvient Yvon. C’est une belle histoire mais Kevin est en train d'écrire son histoire. » Manager expérimenté, Yvon a distillé ses conseils toute la journée. « J’ai eu la chance de partager ça avec papa, reprend Kevin. C’est la cerise sur le gâteau. Dans la voiture il m’a dit d’en faire le moins possible et de m’appuyer sur les gars qui avaient de l’expérience. Il m’a dit de profiter et de prendre mon pied. »

Mission accomplie

Sauf que derrière, le peloton n’a pas laissé beaucoup d’espoirs. A peine cinq minutes d’avance avant que les rouleurs ne s’activent. « On n’a pas eu trop le temps de savourer car le peloton n’a pas été très cool, reprend Ledanois. Avec le vent et les conditions, on n’a pas eu trop de marge. » Seul objectif des trois fuyards : la côte de Vix classée en catégorie 4 avec son petit point au classement de la montagne. Un sprint en côte synonyme de premier maillot à pois du Tour 2018. Après une collaboration parfaite entre les échappés, c’est devenu chacun pour soi. « Ça a été un petit peu tendu au moment du grimpeur, reconnaît Ledanois »

Dans la voiture Fortuneo, Yvon gère le sprint. « Il avait à faire à deux clients sérieux mais il a très bien manoeuvré. » Le papa est fier mais il préfère mettre en avant l’équipe et ce premier maillot à pois obtenu sur le Tour. « Il faut savoir prendre du recul, c’est un coureur comme un autre. Il savait pourquoi il devait gagner le sprint et il a fait son job. Le papa est fier bien sûr mais l’équipe sera fière aussi d’avoir le meilleur grimpeur demain au départ. Kevin va vivre quelque chose d’exceptionnel. » Le maillot à pois, l’équipe d’Emmanuel Hubert le visait plus tard avec Warren Barguil. Que le leader breton se rassure, Kevin Ledanois ne fait qu’assurer l’intérim. « J’ai pris un point aujourd’hui. Je sais très bien que je ne vais pas garder le maillot. Remettre ça ? Pas demain car il faut que je récupère. On a le chrono par équipes lundi avec Warren (Barguil) et le plus important pour l’équipe est de le protéger. »

Kevin Ledanois, premier maillot à pois du Tour !