Tour de France : "Julian Alaphilippe peut garder le maillot jaune jusqu'aux Pyrénées", annonce Yoann Offredo

Publié le , modifié le

Auteur·e : Thierry Tazé-Bernard
Le Français Julian Alaphilippe (Deceuninck-Quick-Step) en jaune
Le Français Julian Alaphilippe (Deceuninck-Quick-Step) en jaune | AFP - STEPHANE MAHE

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Un an après avoir subjugué le monde du cyclise et largement au-delà en passant 14 jours avec le maillot jaune, Julian Alaphilippe est-il parti pour revivre une longue aventure sur le Tour de France en position de leader ? Yoann Offredo, néo-retraité et consultant France Télévisions qui le connaît bien, pense qu'il pourrait bien conserver sa tunique jusqu'aux Pyrénées. Voici pourquoi.

Ne lui demandez pas s'il vise le classement général. Julian Alaphilippe le dit et le répète, ce n'est pas son objectif. Pas plus cette année que l'année dernière, où il avait pourtant fini à la 5e place sur les Champs-Elysées avec deux victoires d'étapes à la clé et 14 jours passés avec le maillot jaune sur les épaules. "Quand tu es en jaune, il faut respecter le maillot et la course, c'est la plus grande du monde", assure-t-il au soir de ce 5e succès d'étape en carrière sur la Grande Boucle. "Je vais défendre le maillot avec honneur, combativité et un gros collectif. Mais on n'est pas venus ici pour gagner le Tour de France. On va continuer d'aller à la chasse aux étapes. Mon but était de gagner une étape, c'est fait. Et je suis en jaune, maintenant ce n'est que du bonus." Par conséquent, ne comptez pas non plus sur lui pour qu'il abandonne l'honneur de porter ce maillot distinctif sans se battre. "Julian fait partie de ces grands champions qui parviennent à trouver des ressources mentales pour aller encore plus loin", souligne Yoann Offredo, consultant France Télévisions.

L'ancien baroudeur, désormais à la retraite, connaît très bien le leader de la formation Deceuninck-Quick-Step. Il connaît aussi ses qualités, nombreuses, et celles qui font la différence avec les autres : "Aujourd'hui, pour cette 2e étape, il avait la pancarte sur le dos. Mais il a cette capacité physique, et surtout mentale, de répondre présent. Malgré les enjeux, dans le final, il est arrivé à ne pas lancer le sprint trop tôt, à resserrer son casque, ses chaussures... C'est actuellement le meilleur puncheur du monde. Ce qui fait sa valeur ajoutée, c'est sa capacité de se fixer des objectifs, et de s'y tenir." Tout le peloton savait qu'il avait fait de cette 2e étape l'un de ses objectifs pour décrocher une première victoire. "Mais dans le col des Quatre Chemins, qu'il connaît très bien, personne n'a réussi à le suivre", constatait l'ancien coureur de la formation Wanty-Gobert.

"Il a la recette"

Pourtant, cela faisait bien longtemps qu'Alaphilippe n'avait pas gagné. Son dernier succès remontait au Tour de France 2019. "Mais quand on est un grand champion, on ne doute pas", tranche Yoann Offredo. "Il sait tout le travail fait en amont. Il a la recette. Et puis, il n'était pas en méforme pour autant. Lors du dernier week-end du Critérium du Dauphiné, on a vu qu'il était bien. Et il a une grande capacité à se remettre en question." Les deux hommes ont pour point commun une certaine "décontraction" par rapport au cyclisme : "Il a une vision détachée du cyclisme : il ne se prend pas la tête", assure notre consultant. C'est comme cela qu'il conquiert le monde du vélo et bien au-delà. 

Désormais avec le maillot jaune sur les épaules, Julian Alaphilippe pourrait-il revivre une longue aventure sur cette édition 2020 avec ce maillot ? "Ce n'est pas son objectif ce maillot jaune, même si je pense qu'il l'avait dans un coin de sa tête en visant cette 2e étape", glisse Offredo. "Bien évidemment, sa formation est moins forte que la Jumbo-Visma. Ils ont un sprinteur Sam Bennett, donc ils ne peuvent pas mettre tout le monde pour défendre le maillot. Mais demain, avec l'arrivée à Sisteron, puis la 4e étape qui arrive à Orcières-Merlette et qui lui correspond parfaitement dans laquelle il pourrait encore prendre du temps... Je le vois bien garder le maillot jusqu'aux Pyrénées." L'entrée des Pyrénées, c'est samedi prochain, avec le premier col hors catégorie  (le Port de Balès) et deux cols de 1re catégorie (col de Menté et col de Peyresourde). Cela ferait déjà six jours de plus en jaune, ce qui monterait son total à 20 en carrière. Il devancerait alors les anciens vainqueurs du Tour Geraint Thomas (15) et Vincenzo Nibali (19). Pas mal en quatre participations pour un homme qui ne vise pas le général...