Tour de France : Ineos Grenadiers, un petit lot de consolation qui fait du bien

Publié le , modifié le

Auteur·e : Clément Pons
Richard Carapaz et Michal Kwiatkowski.

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Venue pour défendre son bien sur le Tour 2020 après le succès d'Egan Bernal l'an passé, la formation Ineos Grenadiers a dû changer son fusil d'épaule. L'abandon de son leader colombien, lors de la 17e étape, a précipité le retour dans l'ombre de l'équipe britannique, si impressionnante lors des précédentes éditions. Heureusement, elle garde des hommes forts capables d'accrocher des victoires d'étapes comme Michal Kwiatkowski ce jeudi. Cela faisait deux ans qu'elle n'avait plus remporté la moindre étape sur le Tour.

Deux hommes en noir, large sourire sur le visage et qui lèvent les bras ensemble sur la ligne. Ce jeudi à La-Roche-sur-Foron lors de la 18e étape du Tour de France, la formation Ineos Grenadiers (ex-Sky) s'est trouvé une bonne raison d'être heureuse malgré tout. En dépit de l'abandon de son leader, le Colombien Egan Bernal, il y a 24 heures, l'équipe britannique s'est offert un très beau lot de consolation avec un doublé Kwiatkowski-Carapaz. Elle met ainsi fin à deux ans de disette sur la Grande Boucle après le dernier succès de Geraint Thomas lors de la 12e étape du Tour 2018 à l'Alpe d'Huez.

L'heure du bilan et de l'adaptation pour Ineos

Le sacré numéro du Polonais et de l'Équatorien a rappelé, le temps d'un après-midi, les temps glorieux d'une formation qui a remporté les cinq dernières éditions du Tour de France (2015 à 2019). Mais cette année marquera le crépuscule d'Ineos avec le départ de Chris Froome en fin de saison et un maillot jaune qui va lui échapper dimanche à Paris. La fin d'une époque aussi, puisque la formation avait toujours été menée par un leader britannique (Wiggins, Froome, Thomas) jusqu'à cette année, où Froome et Thomas ont été laissés de côté. Sans que Bernal ne parvienne à conserver sa couronne et à poursuivre la dynastie débutée en 2012.

2020 illustre aussi le début de l'avènement, peut-être, d'une autre équipe, la Jumbo-Visma, sorte de Sky 2.0 avec son armada impressionnante qui écrème le peloton à gros coups de pédales quand la montagne s'élève.

Jusqu'à cette journée, les hommes en noir n'avaient jamais réussi à montrer les muscles dans cette Grande Boucle 2020, malgré quelques tentatives notamment de Carapaz. Le train de la Sky n'était plus le même cette année sous les couleurs Ineos-Grenadiers.

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Finalement, cette édition 2020 sonne l'heure du bilan. Largués au classement général, les coéquipiers de Bernal en ont profité pour développer une autre qualité : la capacité d'adaptation. Cette victoire d'étape main dans la main a été construite à la perfection, d'autant plus avec la prise du maillot à pois par Carapaz, passé au sommet du plateau des Glières. Évidemment l'équipe britannique visait un tout autre maillot distinctif. Mais les circonstances de course et l'état de forme de son leader en ont décidé autrement. Qu'à cela ne tienne, la formation dirigée par Dave Brailsford a changé son fusil d'épaule. Avec classe, malgré tout. 

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Quelques minutes après avoir passé la ligne d'arrivée et participé au protocole, Michal Kwiatkowski a voulu rendre hommage à son ancien directeur sportif, Nicolas Portal, disparu en début d'année à seulement 40 ans d'une crise cardiaque. Le Gersois était le grand tacticien de la formation Sky, devenu Ineos. Sa disparition a été vécue très difficilement par tout le groupe. Cette victoire est une des premières éclaircies dans cette année 2020.