Tour de France : en difficulté, Egan Bernal voit Primoz Roglic s'échapper

Publié le , modifié le

Auteur·e : Vincent Daheron
Egan Bernal
Egan Bernal en souffrance sur ce Tour 2020 | AFP

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Pas au mieux sur ces deux premières semaines de Tour de France, Egan Bernal a lâché du temps pour la première fois au sommet du Puy Mary sur Primoz Roglic et Tadej Pogacar pour le compte de la 13e étape. Il perd par la même occasion son maillot blanc de meilleur jeune au profit de Pogacar et ne semble pas en position de ravir le maillot jaune à Paris pour la deuxième année consécutive.

L'élastique a finalement fini par casser. En difficulté à Orcières-Merlette lors de la 4e étape pour la première arrivée au sommet et encore davantage au Mont-Aigoual, Egan Bernal a perdu du temps pour la première fois aujourd'hui, sur les pentes raides du Puy Mary. Primoz Roglic et Tadej Pogacar l'ont décroché pour lui infliger un débours de 38 secondes, un pécule relativement élevé pour une montée de 5,4 km (7,7% de pente moyenne) avec, certes, les deux derniers kilomètres à plus de 10%, ce qui ne pardonne aucune faiblesse. Le jeune slovène, Tadej Pogacar, en a profité pour le déposséder du maillot blanc de meilleur jeune.

Ses coéquipiers à la manoeuvre

Egan Bernal avait pourtant mis ses hommes au travail dans l'ascension précédente. Au pied du Col de Néronne (4km à 8,5%), Jonathan Castroviejo et Richard Carapaz ont embrayé, décramponnant notamment les Français Romain Bardet et Guillaume Martin. Le rythme soutenu imposé par les Ineos Grenadiers présageait un Egan Bernal les jambes retrouvées pour essayer, à défaut d'attaquer, d'éliminer ses concurrents par l'arrière. A moins qu'encore une fois, le Colombien usait du bluff pour tromper ses adversaires.

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Lors de la sixième étape dont l'issue était placée au Mont-Aigoual, Egan Bernal avait là aussi placé ses coéquipiers à l'avant mais pour imposer un temp peu élevé et ne pas souffrir sous le train habituellement mené par les Jumbo-Visma. Image encore plus marquante, lorsque Julian Alaphilippe avait sprinté pour reprendre une seconde au lendemain de la perte de son maillot jaune, Bernal avait crié sur son Michael Kwiatkowski pour lui intimer l'ordre de ralentir afin de ne pas perdre sa roue, et du temps.

Aucune bonification empochée par Bernal depuis le début du Tour

Si Egan Bernal n'avait pas perdu de temps avant cette 13e étape, c'est peu de dire qu'il n'est pas impérial après les deux premières semaines de course. Quand Roglic et Pogacar ont déjà pris chacun une victoire et une deuxième place d'étape, le tenant du titre n'est toujours pas monté sur le podium sur ce Tour de France 2020. Et à chaque podium envolé, des bonifications en moins. A titre de comparaison, Primoz Roglic a pris 21 secondes de bonifications sur Egan Bernal : en gagnant à Orcières-Merlette, en prenant la deuxième place à Laruns mais aussi en prenant cinq secondes bonus au sommet du Col de Marie-Blanque. Ajoutez-y les 38 secondes perdues ce vendredi et vous retrouvez un Egan Bernal à 59 secondes de Roglic et quinze secondes de Pogacar.

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Egan Bernal paie certainement sa préparation particulièrement chargée à l'approche du Tour de France. Avec Richie Porte, c'est le seul prétendant à la victoire finale sur les Champs-Elysées à s'être englouti le copieux triptyque Route d'Occitanie (1er), Tour de l'Ain (2e) et Critérium du Dauphiné qu'il n'a pas fini, préférant reprendre l'entraînement et s'éviter le dernier week-end gargantuesque. 

Revigoré pour les Alpes ?

Mais l'année dernière aussi Bernal n'avait pas été dominateur dans les Pyrénées et les deux premières semaines de course. Les supporteurs français se rappellent évidemment d'un Thibaut Pinot supérieur au natif de Bogota sur les pentes du Tourmalet et de Pras d'Albis. C'est en fin de Tour de France, dans la troisième semaine qu'Egan Bernal avait pris les commandes de la course en s'envolant sur le Col de l'Iseran. Cela tombe plutôt bien puisque les Alpes se profilent dès dimanche avec une arrivée au Grand Colombier. Les 17,7 kilomètres à 7,1% de moyenne ne laisseront place à aucune faiblesse.