Tour de France : Des sprinteurs français souvent placés, mais rarement gagnants

Publié le , modifié le

Auteur·e : Andréa La Perna
Wout Van Aert vainqueur, Christophe Laporte (Cofidis) à sa droite, et Bryan Coquard (B&B) à sa gauche, sont battus
Wout Van Aert vainqueur, Christophe Laporte (Cofidis) à sa droite, et Bryan Coquard (B&B) à sa gauche, sont battus | AFP - Yuzuru SUNADA / BELGA MAG

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Le Tour de France 2020 a déjà offert six arrivées au sprint et aucun Français n’a réussi à s’imposer. Souvent placés mais très rarement gagnants, les sprinteurs tricolores ont traditionnellement du mal à briller sur la Grande Boucle.

Jean-Patrick Nazon (2003, 2004), Jimmy Casper (2006), Arnaud Démare (2017, 2018). Ils ne sont que trois à l’avoir fait au XXIème siècle. Remporter un sprint massif sur le Tour de France a beau être le rêve d’une jolie poignée de coureurs français lors de chaque édition, les frustrations sont infiniment plus nombreuses que les exaltations. Cette année, point de succès jusque-là. Concurrence, expérience, réussite, il faut un peu de tout pour créer une victoire.

Le cran juste en dessous

Un coureur comme Bryan Coquard (B&B Hotels-Vital Concept) poursuit ce rêve, près de 6 ans après son premier Tour de France. 4e lors de la 11e étape du Tour 2020 ce mercredi, et 3e à Lavaur vendredi dernier, le pistard, déjà deux fois 2e (2015 et 2016) ne cesse de tourner autour. S’il a qualifié sa 4e place à Poitiers “d’inespérée” étant données les séquelles de sa chute survenue la veille, Coquard rappelle qu’à aucun moment “l’objectif n’était de faire des Top 10”.

Bryan Coquard, abattu après avoir terminé 2e à Limoges en 2016.
Bryan Coquard, abattu après avoir terminé 2e à Limoges en 2016. © MaxPPP

Pour des coureurs comme Clément Venturini (AG2R La Mondiale) ou Hugo Hofstetter (Israël Start-Up Nation), novices sur la Grande Boucle, faire des places d’honneur est une vraie satisfaction. Mais quand on est sprinteur, seule la victoire compte, et ils sont les premiers à le dire. Dans un emballage final, tout le monde ne rêve que d’une seule chose : couper la ligne en premier. A priori, sur ce Tour de France, il ne reste déjà plus qu’une opportunité d'arrivée massive, celle sur les Champs-Elysées lors de la dernière étape.

Autant dire que les chances d’une nouvelle victoire française dans ce domaine seront concentrées sur une seule étape, une étape de prestige que tous les sprinteurs du peloton auront évidemment coché. Sam Bennett (Deceuninck-Quick Step), Caleb Ewan (Lotto Soudal), Wout van Aert (Jumbo-Visma) ou encore Alexander Kristoff (UAE) ont tous déjà gagné sur la Grande Boucle cette année. Même un coureur de la trempe de Peter Sagan (Bora-Hansgrohe) n’a pu se contenter que de miettes.

Démare n'est pas là

Le constat est cruel. Malgré les absences de beaucoup de sprinteurs (Gaviria, Ackermann, Groenewegen, Matthews…) et la réduction des trains des équipes habituellement hyper dominatrices, tous les coureurs français alignés sur ce Tour de France sont un cran juste en dessous du gratin du sprint mondial. Aucun d’entre eux n’a remporté la moindre étape d’un grand tour et n’a même tout simplement jamais gagné au niveau World Tour.

Les deux seuls tricolores à l’avoir fait n’ont tout simplement pas été sélectionnés pour participer à la Grande Boucle. Bien qu’en très grande forme, Arnaud Démare (Groupama-FDJ) a dû s’effacer face aux ambitions de sacre au classement général de son équipe, qui a tout fait pour entourer Thibaut Pinot en montagne. De son côté, Nacer Bouhanni (Arkéa-Samsic) est passé derrière celles de son coéquipier Nairo Quintana, lui aussi focalisé sur le classement général. Les deux hommes s'étaient illustrés en 2020 (une victoire d'étape pour Bouhanni au Tour d'Arabie Saoudite et au Tour de la Provence, six succès pour Démare avec Milan-Turin et notamment deux étapes au Tour de Wallonie). Absents de la Grande Boucle, ils ont réduit les possibilités de victoire tricolores au sprint.

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