Lilian Calmejane au départ du Tour de France à Bruxelles.
Lilian Calmejane au départ du Tour de France à Bruxelles. | AFP

Tour de France : Calmejane, nouvelle étape

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Depuis sa victoire sur la 8e étape du Tour de France 2017, Lilian Calmejane a changé de statut au sein du peloton professionnel. Une position parfois difficile à assumer pour l'Albigeois, en manque de résultats cette année et à la peine en ce début de Tour de France. Mais il ne perd pas espoir d'arracher un deuxième bouquet sur la Grande Boucle, à l'approche d'une arrivée dans sa ville d'Albi.

Gagner une étape sur le Tour de France fait changer de dimension. Surtout lorsque cela intervient à 24 ans, au cours d'une deuxième saison professionnelle. Vainqueur en solitaire à la Station des Rousses sur le Tour 2017 alors qu'il était perclus de crampes, Lilian Calmejane est entré avec fracas dans l'histoire du Tour et avec effraction dans le cœur des Français.

Trop rapidement placé comme un possible successeur de Thomas Voeckler, Calmejane a depuis connu deux ans dans le creux de la vague. En 2018, il avait connu un début d'année faste avec un Top 6 sur ses six premières courses (dont une victoire sur la Drôme Classic). La suite a été plus compliquée, avec un Tour de France beaucoup plus anonyme conclu à la 30e place. L'année 2019 n'a pas eu le rebond attendu : une victoire convaincante sur la Classic d'Ardèche et...c'est tout. Aucun autre podium, alors qu'il s'est essayé aux classiques flandriennes au printemps. 

Si la grande messe de juillet a sa propre vérité, elle n'a fait que confirmer les craintes pour Lilian Calmejane. Lâché lors de la 5e étape, le coureur de Total Direct-Energie n'a pas cherché à se cacher sur le plateau du Vélo Club. 

"Je ne me suis pas relevé, j'ai juste pété"

"Aujourd'hui, il n'y avait pas de secret, c'était une journée 'à la jambe'. Je pensais qu'il y aurait un groupe d'échappés plus conséquent, ça ne s'est pas fait. Il y avait pas mal d'équipes motivées pour verrouiller la course, comme les Bora. Mais avec les jambes que j'avais, j'ai senti au pied de la dernière bosse que j'étais trop juste. Je ne me suis pas relevé, j'ai juste pété. De jour en jour, ça s'améliore un peu. Je ne suis pas à mon niveau de 2017 mais je ne vais pas m'apitoyer sur mon sort, j'essaye de chercher du positif. "

En cause selon lui, un léger surpoids, anecdotique pour certains mais essentiel pour un coureur professionnel dont le poids conditionne la forme.  "J'ai fait tout pour mais ce n'est pas une science. J'ai fait même plus de volume de travail, j'ai fait plus attention à la diététique mais j'ai un kilo en plus qu'à cette période-là. Si on prend mes onze victoires chez les pros, j'étais toujours en dessous de 70-69 kg, et là je suis à 70,5. C'est tout bête mais ça peut faire la différence.", analyse lucidement le vainqueur d'une étape de la Vuelta en 2016.

Alors, que peut viser Calmejane sur ce Tour de France ? Une échappée au long cours ? Une étape casse-pattes en petit comité ? Avec son profil passe-partout, le baroudeur-puncheur est inclassable. "Je n'ai pas de domaine où j'excelle. Quand je suis en forme, je peux être redoutable sur tous les terrains. Je suis quelqu'un qui passe bien les bosses, je suis assez résistant. Toutes les étapes que j'ai remportées au plus haut niveau, sur le Tour et la Vuelta, étaient en moyenne montagne donc forcément les jours à venir, c'est un terrain qui me convient bien."

Ça tombe bien, le Tour s'approche de chez lui, à Albi. De quoi lui donner des idées. "Albi-Toulouse (11e étape mercredi), ce n'est pas forcément l'étape qui me convient le mieux, celle que j'ai le plus cochée. Oui j'aimerais être à l'avant ce jour la, oui j'aimerais que l'échappée aille au bout. Saint-Flour-Albi (10e étape lundi) est bien mais il y en d'autres, avec Gap en 3e semaine." 

"Il va retrouver le poids idéal"

Mais celui qui résume le mieux ce Calmejane 2019, c'est son manager depuis ses débuts, Jean-René Bernaudeau. "Je pense que Lilian a bien ciblé. Il savait très tôt que le Tour allait être très dur, peut être qu'il a pris un peu de retard mais le Tour est tellement exigeant qu'il va retrouver le poids idéal dans 2-3 jours. On va le voir à l'action pendant quelques temps, on oubliera vite la première semaine."

En vétéran de la Grande Boucle, "JRB" garde une totale confiance en son coureur. "Quand le peloton sera très fatigué, le filtrage se fera et les coureurs qui sont loin au général auront un peu plus de liberté. Il joue plutôt l'étape que le général". Adepte de la première semaine, Calmejane doit changer ses plans cette année. Moins attendu, 103e à 40 minutes au général, il aura tout loisir de refaire le coup de la Station des Rousses.