Tour de France : Bardet-Martin, ces Français qu'on attendait moins

Publié le , modifié le

Auteur·e : Guillaume Poisson
Romain Bardet

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Alors que Thibaut Pinot et Julian Alaphilippe prennent la lumière sur le Tour depuis deux ans côté français, ce sont deux autres coureurs tricolores qui apparaissent bien placés au général au bout d'une semaine de course sur cette édition 2020. Guillaume Martin et Romain Bardet sont respectivement 3e et 4e au classement général, en embuscade pour la bataille du podium, voire de la victoire finale.

Se faire discret. Dans l'ombre de leurs compatriotes Julian Alaphilippe et Thibaut Pinot, Romain Bardet et Guillaume Martin ont appliqué cette règle à la lettre depuis le début du Tour. Au bout d'une semaine, il est indéniable qu'elle fonctionne : Martin est 3e, à seulement 18 secondes de Primoz Roglic, tandis que Bardet n'est qu'à 34 secondes du Slovène, à la 8e place. Pendant ce temps, Thibaut Pinot navigue dans le bas du classement depuis son étape catastrophique de samedi. Et Julian Alaphilippe est relégué trop loin pour envisager de jouer le général. Ce sont donc bien Romain Bardet et Guillaume Martin les porte-drapeaux français au sein des favoris de ce Tour 2020. Une surprise ? Pas vraiment. 

Dès le Dauphiné, ils s'étaient (discrètement) signalés

Les suiveurs du cyclisme mondial avaient identifié Guillaume Martin comme un potentiel empêcheur de tourner en rond dès les semaines précédant le début du Tour. Lors du Critérium du Dauphiné, épreuve considérée par beaucoup comme un mini Tour de France avant l'heure, le coureur de la Cofidis s'était montré très régulier tout au long des cinq jours de course. Toujours au contact des meilleurs, même jusqu'au final du Grand Colombier (qu'on retrouvera sur le Tour en fin de deuxième semaine) où il n'a terminé qu'à huit secondes de Primoz Roglic, quatre d'Egan Bernal et deux de Nairo Quintana. Au classement général, Martin a fini 3e. 

"C'était grandiose, s'était enthousiasmé Cédric Vasseur, le manager de son équipe. C'était presque inespéré pour nous de monter sur le podium et c'est le début d'une belle aventure pour nous. Guillaume a gagné en confiance. Il sait qu'il est désormais capable d'accompagner les Pinot, les Bardet, les Lopez en montagne. Il a montré au monde entier qu'il était maintenant capable de rivaliser avec les meilleurs coureurs mondiaux”. 

à voir aussi Critérium du Dauphiné : Guillaume Martin est "désormais capable de rivaliser avec les meilleurs" selon Cédric Vasseur Critérium du Dauphiné : Guillaume Martin est "désormais capable de rivaliser avec les meilleurs" selon Cédric Vasseur

De son côté, Romain Bardet n'avait pas été autant dans la lumière sur le Dauphiné. Mais, discrètement, il était monté en puissance. Sur la dernière  étape, il avait attaqué dans les premiers kilomètres, avant d'être repris puis lâché par le groupe des favoris. Mais il n'a pas terminé si loin, alors que le début de la semaine avait été beaucoup plus compliqué. Signe, déjà, qu'il montait en puissance en vue du Tour. "Les jambes ont pas mal répondu aujourd'hui, c'est en passant des journées comme ça, en allant au bout de moi-même, que je vais progresser et que je vais arriver, j'espère, au meilleur de ma forme pour le Tour", avait analysé l'Auvergnat dans le sillage de la course. 

Sur le Tour, une régularité récompensée

Au coeur de l'actualité vélo avant le Tour en raison de son transfert à Sunweb, Romain Bardet était arrivé un peu incognito sur ce Tour, comparativement à ces années où il faisait figure de leader du camp français. Sans se montrer, mais sans faire de faute, il a pourtant avancé dans cette première semaine avec la sérénité d'un potentiel champion. Il n'a ni chuté lors de la première étape-patinoire à Nice, ni été distancé par le coup de bordure des Bora-Hansgrohe sur la 6e étape. Sur les deux étapes pyrénéennes, il termine 10e et 8e, alors que quelques jours plus tôt, il accrochait une 16e place sur la première étape de moyenne montagne à Orcières-Merlette. 

Toujours présent dans les premières places du peloton, il n'a été distancé que ce dimanche dans le dernier col du jour. Mais c'est lui qui a poussé pour revenir sur le groupe des leaders sur la fin de la montée, bien plus que Quintana ou Guillaume Martin lui-même. Au final, il ne perd que 11 secondes sur Roglic et se retrouve, à deux semaines de l'arrivée à Paris, 4e au classement général.  "Je me bonifie de jour en jour, c'est ma meilleure journée de la semaine. Je suis optimiste pour la suite" 

Guillaume Martin, lui, n'a rien perdu de sa forme du Dauphiné. En plus de la régularité de Bardet, lui s'est même montré particulièrement offensif sur les différents cols franchis par le peloton jusqu'à ce dimanche. Se sachant moins marqué que ses homologues par les équipes favorites comme Ineos ou la Jumbo-Visma, il est systématiquement le premier à accélérer lorsque les choses se tassent. Il était prêt à tout sur la fin de la 8e étape pour aller chercher le maillot jaune, en vain. Ce dimanche, il a fini par montrer quelques signes de faiblesse...mais est resté dans la roue de Nairo Quintana, et n'a pas perdu énormément de temps (11 secondes, comme Bardet). 

Alors que la France déplore l'effondrement de Thibaut Pinot, elle peut se targuer d'avoir les 3e et 4e du classement général alors que le Tour 2020 a déjà passé les Pyrénées.