Tour de France : Alexander Kristoff, l'habituelle surprise du sprint en jaune

Publié le , modifié le

Auteur·e : Thierry Tazé-Bernard
Alexander Kristoff (UAE), en jaune à Nice à l'issue de la 1re étape du Tour de France 2020
Alexander Kristoff (UAE), en jaune à Nice à l'issue de la 1re étape du Tour de France 2020 | AFP - Christophe Petit Tesson

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A 33 ans, Alexander Kristoff (UAE Team Emirates) a damé le pion de tous les sprinteurs du Tour de France pour remporter la 1re étape de la Grande Boucle 2020. Pour la première fois de sa carrière, il endosse le maillot jaune de leader. C'est un nouveau succès de prestige pour le Norvégien, vainqueur sur les Champs-Elysées en 2018, qui fait rarement partie des premiers noms cités au jeu des pronostics dans les sprints.

C'est un honneur qui ne durera pas. Alexander Kristoff a revêtu le maillot jaune à Nice, au terme d'une étape particulièrement agitée, et il ne portera sûrement cette tunique qu'une seule journée. Mais il n'en a cure. Le sprinteur de l'équipe UAE Team Emirates va profiter, et malgré les difficultés qui s'annoncent dimanche avec une étape montagneuse, il apprécie le moment. "J'ai 33 ans, 4 enfants et malgré ça je continue à gagner dans la plus grande course du monde: je suis vraiment fier d'avoir gagné aujourd'hui", disait-il à l'issue de sa victoire. "La première étape du Tour, ça ne pouvait pas être mieux. Et en bonus, j'enfile le maillot jaune pour la première fois de ma carrière...  Je vais prendre du plaisir à le porter demain en course." Pour la première fois de sa vie, il a du jaune sur les épaules. Un statut de leader un peu inattendu.

Au jeu des pronostics, il est rarement cité le premier. C'est pourtant son 8e Tour de France, et ses trois succès passés (deux en 2014 et surtout celui en 2018 sur les Champs-Elysées) devraient le placer parmi les grands prétendants. Vainqueur du Tour des Flandres 2015, de Milan-San Remo 2014 ou de Gand-Wevelgem 2019, le Norvégien n'a pas le côté star et le palmarès de Peter Sagan (Bora), la pointe de vitesse de Caleb Ewan (Lotto-Soudal), Fernando Gaviria (UAE team Emirates) ou Dylan Groenewegen (Jumbo-Visma). Mais il est puissant, costaud, et a désormais de l'expérience à revendre.

"Mon principal objectif, ce sont le Tour des Flandres et Paris-Roubaix"

Pourtant, on peut presque dire que c'est un vainqueur surprise. Sur la Promenade des Anglais, les Sagan, Ewan et consorts se voyaient lever les mais au ciel. Il avoue lui-même ne pas s'y être attendu : "Je suis un peu surpris de gagner aujourd'hui même si je savais que c'était possible (de gagner samedi)", souriait-il à l'arrivée. "En général on perd plus qu'on gagne. Ça me donne beaucoup de confiance pour les futurs sprints." Surprendre ses adversaires, c'est le but de tout sportif. Lui se surprend presque autant qu'eux. D'autant que contrairement à bien d'autres spécialistes de la vitesse, il ne fait pas des grands Tours son objectif majeur. "Mon principal objectif, ce sont le Tour des Flandres et Paris-Roubaix, je les ai vraiment dans un coin de ma tête." Ayant grandi à Stavanger, ville cernée par les fjords, il a emmagasiné 80 victoires chez les professionnels.

En 2018, dans le sprint royal, objet de la convoitise de tous les meilleurs sprinteurs du monde, le coureur de 1.81m pour 76kg avait devancé tout le monde sur les Champs-Elysées : "J’ai rêvé de cette victoire tous les ans, je l’ai approchée mais je n’y arrivais pas. Aujourd’hui, c’était moi", disait-il avec gourmandise après son succès. C'est probablement la même sensation qu'il ressent ce samedi soir, avec le maillot jaune dans sa chambre d'hôtel.