Julian Alaphilippe sur le Tour de France 2018
Julian Alaphilippe sur le Tour de France 2018 | AFP

Tour de France : Alaphilippe, Nibali, Barguil, les favoris pour le maillot à pois

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Qui succédera à Julian Alaphilippe, meilleur grimpeur du Tour de France en 2018 ? Ils sont plusieurs, dont le vainqueur sortant, à lorgner la tunique à pois pour cette 106e édition du Tour de France. Tous ont un profil différent, tous ont leurs raisons pour le briguer, et tous devraient être à l'avant sur les routes du Tour en juillet. Revue d'effectif des principaux prétendants au titre de meilleur grimpeur du Tour 2019.

C'est à l'occasion de la 5e étape entre Saint-Dié-des-Vosges et Colmar mercredi que pourrait se lancer la bataille pour le classement du meilleur grimpeur de ce 106e Tour de France. Avec ses deux côtes de 3e et ses deux de 2e catégorie, cette étape est taillée pour les baroudeurs avant la première explication entre favoris à la Planche des Belles Filles jeudi.

La deuxième semaine (12e, 14e, et 15e étapes) aura également son lot de points à récolter, avant une troisième semaine gargantuesque, qui verra l'essentiel des points du maillot à pois être distribués. Qui sera assez fort pour succéder à Julian Alaphilippe ? Éléments de réponse.

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• Julian Alaphilippe, toujours irrésistible ?

C'est forcément paradoxal de placer le porteur du maillot jaune en favori du maillot à pois. Mais il serait illogique de ne pas citer le vainqueur sortant parmi les favoris naturels au maillot à pois. 

Écrasant vainqueur en 2018 devant Warren Barguil (170 points à 91) avec deux étapes à la clé, Julian Alaphilippe (Deceunink-Quick Step) avait parfaitement géré sa récolte de points. Pas classé parmi les purs grimpeurs, il avait su flairer les bons coups pour sortir sans ses adversaires et ramasser, comme lors de ses victoires au Grand-Bornand et à Bagnères-de-Luchon. 

Il ne l'a pas affirmé clairement, mais une fois l'ivresse de la victoire et du maillot jaune passées, le n°1 mondial UCI va sans doute se tourner vers le seul objectif qu'il peut aisément viser : un deuxième classement par points, pour égaler un certain Laurent Jalabert, vainqueur en 2001 et 2002.

• Vincenzo Nibali, le Squale toujours d'attaque ?

Lui non plus n'a pas affirmé clairement son ambition pour ce Tour de France. Sorti du Giro à une excellente deuxième position derrière Richard Carapaz (Movistar), Vincenzo Nibali (Bahrain-Merida) vient sans ambition pour le classement général sur ce Tour de France.

Le Squale le sait, il est presque impossible de bien figurer sur le podium du Giro puis du Tour. Alors pourquoi ne pas viser le maillot à pois ? Le Sicilien a deux avantages de poids s'il décide d'en faire sa quête : dans les hautes cimes, il est une voire deux jambes au-dessus de ses adversaires potentiels. Et tactiquement, peu sont capables d'analyser aussi bien que lui une étape ou un fait de course.

Seul écueil, et il est de taille : à 34 ans, Nibali n'a plus les mêmes qualités de récupération. Pourra-t-il partir en échappée et jouer les points en troisième semaine, où les cols vont s’enchaîner jour après jour ?

Vincenzo Nibali au grand départ du Tour à Bruxelles.
Vincenzo Nibali au grand départ du Tour à Bruxelles. © Marco Bertorello / AFP

• Warren Barguil, la renaissance

Lui l'a déjà gagné. C'était en 2017, et comme Julian Alaphilippe, il l'avait saupoudré deux étapes. Depuis, son transfert chez Arkéa-Samsic a fait disparaître Warren Barguil des radars. Avant son titre de champion de France inattendu, à la Haye-Fouassière.

Une libération pour le Morbihannais, et surtout un immense soulagement après deux années de galère où il a failli tout lâcher. Le maillot à pois, Barguil n'y pense pas réellement, lui qui veut en priorité gagner une étape. 

Mais avec une forme ascendante, déjà aperçue sur la dernière étape du Critérium du Dauphiné, et un maillot tricolore qui transcende, Barguil peut-être l'homme de la troisième semaine, comme en 2017 (deux top 5 et une victoire en dernière semaine). Et donc du maillot à pois.

• Egan Bernal, à pois malgré lui

Egan Bernal (Team Ineos) ne fera sans doute pas du maillot à pois une affaire personnelle. Son objectif est ailleurs : soutenir Geraint Thomas en montagne, avant de peut-être montrer qu'il est le favori n°1  de ce Tour de France. 

S'il écarte tous ses concurrents en haut des cols, Bernal pourrait reproduire un schéma qui s'est produit en 2008 avec Carlos Sastre et plus récemment en 2015 avec Christopher Froome : un doublé maillot jaune-maillot à pois à Paris.

Mais entre les deux, le choix sera rapidement fait pour le Colombien, déjà 15e pour son premier Tour en 2018, et qui devrait déjà ramener aisément un maillot distinctif sur les Champs-Elysées avec celui de meilleur jeune.

Egan Bernal (à g.) en discussion avec son coéquipier Geraint Thomas.
Egan Bernal (à g.) en discussion avec son coéquipier Geraint Thomas. © Anne-Christine POUJOULAT / AFP

• Jesus Herrada, la surprise Cofidis ?

Sur la Vuelta, David Moncoutié en avait fait une chasse gardée pour Cofidis avec quatre maillots de meilleur grimpeur (2008-2011). Mais sur le Tour, il faut remonter à 1998 et Christophe Rinero pour voir le dernier coureur de la formation nordiste avec le maillot à pois.

Sans vrai leader pour le classement général et le seul Christophe Laporte pour les emballages massifs, Cofidis aurait un coup à jouer pour le maillot à pois avec Jesus Herrada (Cofidis). L'Espagnol marche très fort : 3e du Tour d'Oman en février, il a remporté en juin le Tour du Luxembourg (avec deux étapes) avant de déposer Romain Bardet sur les dernières pentes du Ventoux le 17 juin. 

Bon baroudeur et grimpeur plus que correct, l'ancien de la Movistar visera sans doute une étape avant le classement de la montagne. Mais il a le profil idoine pour viser ce type de maillot.

Mentions honorables :  Alessandro de Marchi (CCC Team), Mikel Landa (Movistar), Fabio Aru (UEA Emirates), Giulio Ciccone (Trek-Segafredo).