Tour de France : Alaphilippe, Barguil, Rolland… Les Français n'abdiquent pas après la 16e étape

Publié le , modifié le

Auteur·e : Adrien Hemard
Julian Alaphilippe (Deceuninck) à l'avant de la course
Julian Alaphilippe (Deceuninck) à l'avant de la course | AFP - Marco Bertorello

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Depuis plusieurs jours, la France du cyclisme a abandonné ses espoirs de victoire finale sur ce Tour de France. Mais cela ne veut pas dire qu’il ne faut plus compter sur les coureurs français sur cette Grande Boucle. Pour ceux qui en doutaient, plusieurs tricolores l’ont rappelé en animant la 16e étape entre la Tour-du-Pin et Villard-de-Lans.

Un rapide coup d’œil au classement de la 16e étape suffit à le comprendre : les coureurs français n’ont pas l’intention de terminer cette Grande Boucle 2020 dans l’anonymat. En tout cas, pas ceux qui ont des choses à jouer entre les victoires d’étapes ou les maillots distinctifs. A l’arrivée à Villard-de-Lans, les présences de Warren Barguil (Arkea-Samsic), Quentin Pacher (B&B Hôtels Vital Concept) et Julian Alaphilippe (Deceuninck-Quick Step) dans le top 10 en témoignent. Tout comme l’attitude de ces derniers (mais pas que) ce mardi sur les routes iséroises.

De l'attaque, encore de l'attaque, toujours de l'attaque

La journée avait pourtant mal commencé pour le camp tricolore, avec un nouvel abandon : celui de David Gaudu (Groupama-FDJ). Celui qui aurait dû être le lieutenant principal de Thibaut Pinot sur ce Tour a jeté l’éponge après avoir été distancé en moins de 20 km. Pendant ce temps, son leader, Pinot, tentait lui de nouveau de s’inviter dans l’échappée. Avec réussite, puisque le Franc-Comtois faisait partie de la première de la journée avec 34 autres coureurs. Derrière, Guillaume Martin et Pierre Rolland partaient à l’attaque, une première fois.

Sans succès. L’échappée était reprise, une autre allait lui succéder, avec encore plus de frenchies : Warren Barguil (Arkéa Samsic), Julian Alaphilippe (Deceuninck - Quick-Step) et Quentin Pacher (B&B Hotels - Vital Concept). A l’arrivée, ce dernier expliquait : "Ce matin j’étais ultra motivé, je suis parti à l’attaque dès le km 0, sans succès. Après j’ai vu les mecs qui étaient avec nous dans l’échappée, je me suis dit que si je pouvais arriver avec un peu d’avance au pied de la dernière difficulté, peut-être que je pourrais anticiper un peu la grosse bagarre et retomber sur eux après l’écrémage. C’est ce qu’il s’est passé ou presque. Mais après j’étais un peu vidé". Vidé, mais 9e à l’arrivée.



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Au-delà de Pacher, offensif dans le final, l’équipe B&B a aussi pu compter sur l’éternel attaquant Pierre Rolland, heureux de retrouver des routes qui conviennent à ses caractéristiques : "C’est mon tempérament. Je déteste subir. Dans le peloton, on ne fait que subir et attendre son heure. C’est pour ça que je ne veux plus faire le classement général. Ce n’est plus quelque chose dont j’ai envie. J’ai envie d’aller de l’avant, de tenter des choses". Passé en tête au sommet des premières difficultés, Rolland s’est ainsi relancé dans la course au maillot à pois. "J’ai accusé le coup en fin d’étape. Je me suis senti vide au bout de 100km. Je vais essayer de bien me retaper ce soir, pour être à l’attaque demain ou après-demain si les jambes me le permettent. Les cuistos sont en train de me faire un bon plat de pâte pour demain", a-t-il souri à l’arrivée.



Le panache de Guillaume Martin

Mais il n’y a pas que les Bleus de B&B qui ont brillé. Un temps pressenti pour joueur le podium, Guillaume Martin (Cofidis) s’est aussi fendu d’une attaque pleine de panache dans la montée de Saint-Nizier-de-Moucherotte, avant d’être repris. "La semaine prochaine, il sera trop tard pour essayer quelque chose", a justifié le Français. "Mais la Jumbo-Visma m'a fait comprendre que ce n'était pas envisageable, je suis trop proche au général. Je ne pensais pas être un danger immédiat pour Roglic mais je n'ai pas de regret. Je ne vais pas me relever pour seulement viser les étapes, ça serait un manque de respect envers la course et mes équipiers. Peut-être qu'un jour, les Jumbo ne pourront pas courir après tout le monde".

Mais comme souvent sur le Tour, les deux trublions français s’appelaient Warren Barguil et Julian Alaphilippe. Le premier, 6e à l’arrivée, a passé l’étape devant, sans jamais trouver la faille, ou la force : "Ce n'est pas facile cette année d’aller dans les échappées. Y être c’était déjà pas mal. Devant ils sont sortis à la pédale il n’y a rien à dire", a concédé le Breton, avant d’ajouter : "Si t'es à 95% ça ne passe pas. J'ai coincé dans la montée, avec mon groupe on a essayé de revenir mais il n'y avait rien à faire".

Non loin de là, Julian Alaphilippe a lui aussi (encore) essayé de s’échapper dans le final. Mais depuis sa victoire à Nice, et surtout depuis son Tour 2019, le puncheur de la Deceuninck-Quick Step est étiqueté par ses concurrents. Et lorsqu’il arrive à prendre la fuite comme aujourd’hui, il lâche à la pédale, distancé par une série d’attaques de Richard Carapaz dans la montée de Saint-Nizier-de-Moucherotte. Au final, aucun Français ne récolte les lauriers de ses efforts aujourd’hui, mais le panache affiché a de quoi rassurer pour la fin de Tour. Même si la journée s’est terminée comme elle avait commencé : mal, avec l’arrivée hors délai de Jérôme Cousin (Total-Direct Energie). C'était la lanterne rouge du Tour de France.