Thibaut Pinot.

Tour de France 2020 : un tracé sur-mesure pour Thibaut Pinot ?

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Alors que le parcours du Tour 2020 a été dévoilé ce mardi, chacun cherche d'ores et déjà à distribuer les étiquettes de favoris. Malheureux cette année et contraint à l'abandon, Thibaut Pinot fera sans aucun doute partie des hommes à surveiller. Plusieurs éléments penchent même fortement en faveur du leader de la formation Groupama-FDJ si l'on observe le tracé. De là à imaginer le grimpeur tricolore en jaune à Paris ?

Presque tout a déjà été écrit sur la dramaturgie terrible de l'été dernier. Sur cet abandon terrible pour une curieuse blessure à la cuisse lors de la 19e étape qui est venu doucher les espoirs de celui qui semblait voler en montagne. De cette cruelle leçon, Thibaut Pinot compte bien tirer les enseignements. Dans le viseur ? Une revanche majuscule sur le Tour de France 2020. Et plusieurs éléments, au regard du tracé 100% français dévoilé ce mardi, constituent autant de motifs d'espoir pour le Franc-Comtois.

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Un seul contre-la-montre, comme en 2014

Pas de prologue ni de contre-la-montre par équipes au programme l'an prochain sur la Grande Boucle. Juste un chrono individuel entre Lure et la Planche des Belles Filles (36 km), à la veille de l'arrivée à Paris. Nul doute que cette 20e étape sera cruciale et figera - sauf pépins de dernière minute - le classement général. 

Un seul chrono, c'était également le cas en 2014 (Bergerac-Périgueux). Vincenzo Nibali avait été le plus adroit sur l'exercice parmi les favoris pour se hisser à la deuxième place de l'étape derrière Tony Martin. C'est aussi là que l'Italien a fini de sceller son succès. Là aussi que les Français Jean-Christophe Péraud et... Thibaut Pinot étaient parvenus à grimper tous les deux sur le podium. Forcément un bon souvenir pour le leader de la Groupama-FDJ. Un seul contre-la-montre, qui plus est en individuel, c'est une première raison de se réjouir pour le grimpeur de la formation française. D'autant plus que la montée vers la Planche des Belles Filles, c'est chez lui, il la connaît par coeur et elle sied parfaitement à ses qualités.

La décla : "Si j'avais eu à tracer un chrono, c'est celui-là que j'aurais dessiné. C'est un chrono difficile qui convient aussi pour les grimpeurs. Les rouleurs devront prendre du temps avant".

Un passage dans son fief à Mélisey

Le clin d'oeil n'a rien d'anecdotique. Sur le papier, la 17e étape du Tour de France promet l'enfer aux coureurs. Point d'orgue de cette satanée journée : les 21,5 kilomètres d'ascension vers le col de la Loze (et non pas de la "loose", esprits taquins s'abstenir). Une arrivée à 2 304 mètres d'altitude inédite sur le Tour et qui va faire mal aux organismes. 

Dans son malheur vers cette grimpette en direction de la station des Vosges, Thibaut Pinot pourra compter sur un passage par son fief, à Mélisey. Dans la petite bourgade de Haute-Saône, tout le monde le connaît. Son père Régis Pinot y est même le maire. Le soutien promet donc d'être incroyable pour le coureur tricolore. Un bon boost avant de finir en beauté au col de la Loze ? 

La décla :  "C'est une route où je passe 3-4 fois par jour, alors forcément je la connais par coeur." 

Un Tour résolument montagneux

Si l'on dézoome pour s'intéresser au parcours, pas besoin d'être spécialiste pour comprendre que cette 107e édition de la Grande Boucle fait la part belle à la montagne. Les étapes de plaine seront en nombre réduit, même s'il faudra se méfier des coups de bordures notamment lors de la 10e étape. Mais avec 4 arrivées au sommet (Orcières-Merlette, col de la Loze, Puy Mary, Grand Colombier) et deux autres en altitude (Mont Aigoual, Villard-de-Lans), Thibaut Pinot devrait avoir matière à montrer qu'il a les cannes et qu'il peut répéter ses numéros de l'été dernier dès que la pente s'élève.

Bien sûr, il est trop tôt pour tirer des conclusions sur une potentielle victoire du Français. Trois semaines de course - et le grimpeur de la Groupama FDJ est mieux placé que tout le monde pour le savoir - c'est long. Aura-t-il surmonté cet été 2019 douloureux ? Arrivera-t-il à éviter le piège du vent ? Autant de questions sans réponse, évidemment. Reste que ses atouts demeurent bel et bien réels sur un tel parcours. Et que la France entière sera derrière lui pour en faire le successeur de Bernard Hinault (1985)...

La décla :  "On avait dit pourtant la dernière fois que c'était l'année ou jamais. C'est sûr, c'est un Tour pour moi mais aussi pour beaucoup de coureurs. Pour Bernal, c'est idéal aussi. C'est un Tour pour grimpeurs, pas seulement pour moi." 

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