Tour de France 2019: Tout tourne rond pour Thibaut Pinot

Publié le , modifié le

Auteur·e : Thierry Tazé-Bernard
Thibaut Pinot (Groupama-FDJ) en pleine lumière sur le Tour 2019
Thibaut Pinot (Groupama-FDJ) en pleine lumière sur le Tour 2019 | YOAN VALAT/EPA/Newscom/MaxPPP

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En prenant la roue de Julian Alaphilippe (Deceuninck-Quick-Step) dans la dernière ascension, Thibaut Pinot (Groupama-FDJ) a réalisé un gros numéro avec son compatriote, lors de la 8e étape du Tour de France. Sa 2e place a donné une nouvelle preuve de sa bonne forme. Pour l'instant, le leader de la formation française a tout pour lui, et occupe la 3e place du classement général. Et cela commence à inquiéter ses rivaux.

Du réalisme. De l'optimisation. Depuis une semaine, Thibaut Pinot rafle tout ce qui passe. Les jours passent et les performances s'enchaînent.

"Il faut rester humble. Le Tour est encore long." Philippe Mauduit, l'un des directeurs sportifs de Groupama-FDJ, scande un leitmotiv qui devrait revenir très régulièrement les jours prochains. S'il avoue être "très content" des performances et du "comportement" de son leader, il en appelle au calme: "C'est sympa, c'est un bon moment de vélo, une belle journée de sport, mais il ne faut pas s'enflammer. On est à quinze jours de l'arrivée." Pourtant, tout tourne rond depuis une semaine.

 

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Chaque opportunité saisie

La 8e place de l'équipe Groupama-FDJ au contre-la-montre par équipes de Bruxelles (2e étape), avec seulement 12 secondes de retard sur Ineos, c'était un premier acte, un premier message. Les cinq secondes glanées dans la montée d'Epernay par rapport aux autres favoris lors de la 3e étape, c'était une petite miette, de celle qui font des bons plats. Puis, il y a eu la Planche des Belles Filles, lorsqu'il a franchi la ligne d'arrivée juste devant Julian Alaphilippe, qui avait attaqué dans le dernier kilomètre. Deux secondes derrière Geraint Thomas (Ineos), le tenant du titre, mais cinq devant Quintana (Movistar), 12 devant A. Yates (Mitchelton), ou 49 devant Vincenzo Nibali (Bahrein). C'était un nouvel avertissement.

Le seul à suivre Alaphilippe

En cette 8e étape, il a encore fait un numéro, toujours dans la roue d'Alaphilippe. "On sait qu'en ce moment, il a de bonnes jambes", souligne son frère et entraîneur, Julien Pinot. "C'était téléphoné que Julian allait faire la 'bonif' pour récupérer le maillot jaune sur une montée comme ça, courte." Le savoir, c'est bien, le suivre, c'est mieux. Thibaut Pinot l'a fait, pour grappiller encore du temps et monter désormais sur la 3e place du podium du classement général. Vingt secondes gagnées sur la ligne par rapport à Geraint Thomas, sans oublier les bonifications (2 secondes au sommet plus 6 secondes à l'arrivée), la journée est bonne. Très bonne même. "Thibaut a réussi à suivre Julian, les autres n'ont pas pu", souligne Julien Pinot.

"Thibaut était prêt pour une attaque. Il fallait être placé en haut de la côte, pour être prêt à saisir la moindre opportunité", expliquait Philippe Mauduit. Un plan cousu de fil blanc. Encore fallait-il avoir les jambes pour l'appliquer. "Aujourd'hui, il était très fort, il reprend du temps plus quelques bonifications", se réjouit David Gaudu, son coéquipier, sans un rire. Il y a de la légèreté dans l'air.

Portal (Ineos) : "Il n'y a pas que lui, mais il y a surtout lui"

Dans le camp d'en face, la cote de Pinot a sacrément grimpé. "C'est l'adversaire numéro 1", assène Nicolas Portal, le stratège de l'équipe Ineos. "Encore plus aujourd'hui. Il n'y a pas que lui, mais pour le moment, il y a surtout lui." Et le directeur sportif du tenant du titre voit également le sens du vent qui pousse le coureur français: "Tout ce qu'il essaye, il le prend dans sa poche. Quand on commence à être fort comme ça, soit on craque, soit on est très fort. On sent que ça roule très bien dans cette équipe. Dans ce cas, il y a un petit extra de 10%: tout le monde est motivé."

Chez Groupama-FDJ, il y a comme une ambiance différente. Un calme, une sérénité qui irradie tout le monde. "On avait dit qu'on ferait un bilan à la première journée de repos. Il reste deux étapes", avertit David Gaudu, qui ajoute: "Il adore les troisièmes semaines des grands tours." Et Philippe Mauduit assume: "A vous écouter, j'ai l'impression qu'il a une étiquette. Mais on ne va pas s'intéresser à cela. Il ne s'est jamais caché, et ses adversaires l'ont toujours pris au sérieux." Un peu plus chaque jour depuis une semaine.

De notre envoyé spécial.