Tour de France 2019 : Thibaut Pinot frappe fort sur le Tourmalet, Alaphilippe toujours présent

Publié le , modifié le

Auteur·e : Romain Bonte
Thibaut Pinot vainqueur de la 14e étape du Tour de France sur le Tourmalet, le 20 juillet 2019
Thibaut Pinot vainqueur de la 14e étape du Tour de France sur le Tourmalet, le 20 juillet 2019 | AFP

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Thibaut Pinot a remporté une superbe 14e étape au sommet du Tourmalet, devançant Julian Alaphilippe et Steven Kruijswijk. Le Franc-Comtois signe sa troisième victoire d'étape sur la Grande Boucle, après celles de 2012 à Porrentruy et celle, déjà prestigieuse de 2015 à l'Alpe-d'Huez. Vainqueur la veille dans le contre-la-montre, Julian Alaphilippe a quant à lui conforté son maillot jaune, alors que Pinot a réalisé une superbe opération en revenant à la 6e place du général, ex aequo avec Emanuel Buchmann.

Déjà courte, l'étape de 117,5 km était encore réduite de 6,5 kilomètres afin d'éviter une manifestation d'agriculteurs. Mais certains ne tardait pas à sortir du bois. On scrutait le moindre mouvement de l'équipe Ineos mais c'était du côté de la formation Bahrain Merida qu'il fallait regarder en ce tout début d'étape. Après trois petits kilomètres, ce n'est autre que Vincenzo Nibali qui plaçait une attaque, rejoint par Peter Sagan. Ce dernier, forcément moins en jambes dans les premières côtes que l'Italien, lâchait prise et le brillant duo était rapidement rejoint par 15 autres fuyards.

Bardet dans le dur

L'écart avec le peloton était maintenu à moins de trois minutes par la Groupama-FDJ, Ineos, puis c'était au tour de la Movistar d'accélérer le rythme alors que l'ascension du col du Soulor et ses pentes à 8 % faisait déjà quelques dégâts à l'arrière, et un certain Romain Bardet accusait sérieusement le coup et allait perdre plus de quatre minutes… Tim Wellens franchissait quant à lui le col devant Nibali pendant que derrière, mais le peloton revenait, inexorablement.

Lieutenant de Thibaut Pinot, David Gaudu avait prédit un feu d'artifices dans le Tourmalet. Le début de l'ascension de 19 kilomètres (à 7,4% de moyenne) s'effectuait sur le tempo toujours imposé par la Movistar, tandis que les jumeaux Yates, ainsi que Dan Martin souffraient. A l'exception de Lilian Calmejane, Romain Sicard et Elie Gesbert, les échappés avaient été déjà repris. Et de ces trois fuyards, Gesbert était finalement le seul à tenir tête à la Movistar avec 23 secondes d'avance à 11 kilomètres du but. Très curieusement, Nairo Quintana était piégé par sa propre équipe !

Barguil a lancé les hostilités

"C'est une ascension qui pourrait me convenir", avait admis Warren Barguil avant le départ. Profitant d'une petite période de flottement (liée à la Movistar), le champion de France déclenchait une attaque à 9,5 kilomètres du sommet. La grande explication débutait, d'autant que Thibaut Pinot, emmené par Gaudu sortait également du groupe de Julian Alaphilippe. Le maillot jaune tentait de résister, tout comme les coureurs d'Ineos, rarement aussi malmenés…

A quatre kilomètres, Gaudu accélérait pour faire travailler la Jumbo-Visma, et finissait par craquer. Alaphilippe tenait derrière un Geraint Thomas peu convaincant. A 1,5 kilomètres, le leader prenait même ses distances avec le leader d'Ineos qui finissait par craquer. Cela allait se jouer entre Emanuel Buchmann, Thibaut Pinot, Julian Alaphilippe, Steven Kruijswijk et Egan Bernal.

Thomas dans un mauvais jour

Et c'est finalement Pinot, comme il l'avait annoncé, qui prenait ses responsabilités à 250 mètres de la ligne pour fausser compagnie à ce joli monde et remporter cette 14e étape, devant Julian Alaphilippe à 6 secondes, toujours en jaune, et Steven Kruijswijk dans le même temps. Geraint Thomas quant à lui, franchissait la ligne avec 36 secondes de retard, en 8e position. Grâce à ce coup d'éclat, le leader de la Groupama FDJ revenait à la 6e place du général (à 3 min 12 sec) et relançait ainsi totalement son Tour de France.

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