Thibaut Pinot (Groupama-FDJ) en souffrance
MAXPPP - L'EST REPUBLICAIN - Alexandre MARCHI | Thibaut Pinot (Groupama-FDJ) en souffrance

Tour de France 2019: Thibaut Pinot assommé après le premier accroc majeur

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La 10e étape du Tour de France 2019 a été le théâtre du premier échec de la formation Groupama-FDJ dans cette édition. Pris dans une bordure, Thibaut Pinot a perdu 1'40 sur le maillot jaune, Julian Alaphilippe (Deceuninck). Une première tempête à la veille de la première journée de repos, qui le renvoie en 11e position du général.

Unis dans la réussite, désunis dans l'échec. Entre Julian Alaphilippe et Thibaut Pinot, les chemins se sont séparés à l'arrivée à Albi. Le contraste était énorme entre le maillot jaune, fatigué, à bout de souffle, mais qui venait féliciter ses coéquipiers du bon coup joué par la formation belge, et le leader de Groupama-FDJ, assommé par cette perte de temps inattendue, déçu. Très déçu.

"Il n'y a rien à dire, c'est comme ça. C'est une journée de merde", soufflait le 3e du classement général au matin désormais renvoyé en 11e position, à 2'33 de son compatriote avant de tourner le guidon de son vélo pour se réfugier loin de cette ligne d'arrivée et rejoindre l'hôtel où loge son équipe. Pratique pour masquer sa déception. Juste avant la journée de repos, juste avant l'arrivée dans les Pyrénées, la journée n'a pas été bonne pour la formation de Marc Madiot. C'est la première fois depuis le départ de Bruxelles.

 

Le premier accroc du Tour 2019

Groupama-FDJ s'est "mis à la planche" pour tenter de ramener son leader, après la bordure créée sous l'impulsion de la formation Deceuninck-Quick Step, et notamment du maillot jaune. Mal placée, l'équipe tricolore a subi son premier accroc, a été "coupable" de sa première "erreur". Une poursuite longue, éreintante, pour revenir à 8 secondes avant de voir le groupe de tête s'envoler. "Depuis le kilomètre zéro, c'était très nerveux", commentait Sébastien Reichenbach, le seul coureur de la formation française à accepter de parler. "C'est dommage. Avec toute l'énergie qu'on met pour rester devant..."

Il souffle, avec son maillot de champion de Suisse sur les épaules, alors que David Gaudu, toujours placé devant son leader, a le visage fermé, tout comme Anthony Roux. "Quand on est revenu à 8", c'est à ce moment-là qu'il aurait fallu rentrer. Tout le monde était à bloc", souligne le coureur suisse. Ils n'y sont pas parvenus. "Il y a des jours comme ça où on passe à côté. Nous avons cafouillé au moment où il fallait être-là. Il y a eu un moment où ils se sont perdus dans le peloton, analysait Philippe Mauduit, l'un des directeurs sportifs. C'est normal qu'il soit déçu, mais le Tour n'est pas fini."

Pinot pourrait se consoler en se disant que Richie Porte (Trek), Jakob Fuglsang (Astana), Vincenzo Nibali (Bahrein)  ou encore Rigoberto Uran (EF Education First) ont été également pris dans cette cassure, ainsi que celui qui était 2e du général ce matin, l'Italien Ciccone (Trek). Ce lundi soir, Julian Alaphilippe savoure, en ayant conforté sa place de leader avec désormais 1'12 d'avance sur Geraint Thomas. A  l'opposé, Thibaut Pinot rumine. Il a une journée pour oublier et repartir à l'assaut des secondes perdues aujourd'hui.

De notre envoyé spécial