Tour de France 2019 : Les secondes cadeaux du Tour

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Auteur·e : Christophe Gaudot
Egan Bernal et Geraint Thomas
Egan Bernal et Geraint Thomas | Marco Bertorello / AFP

Huit secondes, c'est la récompense promise aux coureurs qui passeront en tête de côtes et cols placés à certains endroits clés du parcours du 106e Tour de France. Ces bonifications voulues par les organisateurs ont pour but de dynamiter la course et de sortir des schémas classiques.

Animer la course. Une obsession chez les organisateurs du Tour de France. Sur l’édition 2018, Christian Prudhomme avait été fier d’annoncer des “points bonus”, comprenez plutôt bonifications en temps dans les finals des étapes de la première semaine. Trois, deux et une secondes étaient promises aux audacieux. Geraint Thomas, que l’on n’imaginait pas encore vainqueur du Tour de France, en avait profité pour glaner ici et là un peu de temps. Cette année, ce sont huit, cinq et deux secondes qui seront distribuées tout au long des trois semaines.

Le règlement du 106e Tour de France stipule que “des bonifications appelées Point Bonus sont attribuées au passage de cols au sommet de côtes situés à des endroits clés du parcours”. Oubliez les sprints sur le plat, place désormais à des joutes en côte. Le premier de ces sprints se disputera sur la troisième étape de ce lundi entre Binche et Épernay, très exactement à 16 kilomètres de l’arrivée au sommet de la côte de Mutigny et ses pentes à 12,2% de moyenne sur 900 mètres. Il faudra donc être costauds et ambitieux pour aller chercher ces huit secondes mais l’opportunité est belle.

"Huit secondes, cela commence à faire un petit bonus"

Si entre Binche et Épernay, la côte concernée correspond aux qualités des puncheurs, la plupart des bonifications tombera sans doute dans l’escarcelle des grimpeurs. Sur la 6e étape au Col des Chevrères avant La Planche des Belles Filles par exemple ou encore à la Hourquette d’Ancizan sur la 12e et même au sommet de l’Iseran, le toit du Tour, à trois jours de l’arrivée à Paris.

On a mis cela en place à huit reprises sur le parcours (3e, 6e, 8e, 9e, 12e, 15e, 18e et 19e étapes), à chaque fois sur la côte ou le col le plus proche avant l’arrivée, expliquait Thierry Gouvenou au Bien Public. L’idée, c’est que s’il y a des coureurs qui ont envie d’attaquer, ils seront récompensés. Huit secondes, cela commence à faire un petit bonus intéressant...". Le but on l'aura compris, c'est d'inciter les leaders à lancer la course de plus loin.

Huit secondes sur huit étapes, le calcul est simple : une minute et quatre secondes sont en jeu. C’est moins que l’écart entre Froome et Uran sur le Tour 2017 (54’’), quasiment autant qu’entre Froome et Quintana (1’12’’). Le Britannique sait d’ailleurs que les bonifications peuvent faire mal sur un Grand Tour, lui qui avait perdu la Vuelta 2011 (il pourrait la récupérer sur tapis vert) face à un Juan José Cobo qui avait pourtant passé plus de temps sur le vélo. Chez Ineos, on avait prouvé en 2018 qu’on ne galvaudait pas ces petites secondes. Les adversaires sont prévenus.