Julian Alaphilippe
Cet homme a-t-il la moindre faiblesse ? | AFP

Tour de France 2019 : Jusqu'où Julian Alaphilippe ira-t-il ?

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Après avoir arboré les pois, c'est le jaune qui lui colle à la peau. Dans la 15e étape dimanche, Julian Alaphilippe va passer son onzième jour dans la peau de leader du Tour de France. Lui le puncheur, lui l'homme des classiques, n'a jamais été un coureur de grand tour. S'il passe son temps à dire qu'il ne triomphera pas à Paris, il n'a toujours pas montré le moindre signe de faiblesse. Et s'il continuait à bluffer tout le monde ?

On l'a vu briller sur les classiques ardennaises, on l'a vu triompher sur Milan San-Remo, on l'a vu gagner un sprint massif sur Tirreno-Adriatico, Julian Alaphilippe est désormais seul leader du Tour de France 2019. Au soir de la 14e étape, il compte même 2'02 minutes d'avance sur le tenant du titre Geraint Thomas, rien que ça. A mesure que les jours passent et que les difficultés sont surmontées, le Français, qui n'a jamais été un coureur dangereux sur trois semaines, suscite de plus en plus de crainte chez ses adversaires, et en premier lieu chez Ineos.

"C'est vrai qu'on commence à avoir un vrai souci avec lui. Il est fort, il est résiliant. Aujourd'hui (samedi lors de la 14e étape), c'était une étape super difficile et la vitesse était incroyable dès la première ascension. Franchement chapeau ! C'est vraiment le plus fort du Tour jusqu'à présent", a reconnu Nicolas Portal, le directeur sportif du team Ineos, après l'arrivée au Tourmalet, où ses deux leaders ont été battus par Alaphilippe. Jusqu'au chrono individuel, la formation britannique se méfiait publiquement de lui, mais pour la forme.

Pas le moindre signe de faiblesse

Mais en deux jours, Geraint Thomas, le tenant du titre, a été surclassé sur ses deux terrains de prédilection. A Pau, il a concédé 14 secondes sur le Français et 36 secondes au sommet du Tourmalet. La dynamique devait se tarir, mais Alaphilippe continue de creuser. Poussé par la ferveur des supporters et par la brillance de sa tunique jaune, le coureur de 27 ans vole littéralement. De son côté, le numéro 1 mondial passe son temps à dire qu'il "a les jambes lourdes", qu'il est "cramé" et qu'il ne "joue pas le général". Mais s'il continue sur sa lancée, il va finir par se convaincre lui-même. "C'est un jour en moins jusqu'à Paris", a-t-il tout de même lâché samedi avant de se reprendre.

Jusqu'à présent son meilleur classement sur le Tour de France est la 33e place glanée sur l'édition précédente. Naturellement, les suspicions vont crescendo et sa victoire écrasante sur le contre-la-montre a beaucoup fait jaser. Alexandre Vinokourov, le manager d'Astana notamment, ne s'est pas privé de sa petite remarque. "C'est très surprenant. Je sais bien qu'un maillot jaune transcende, mais je ne savais pas qu'il faisait voler", a mis en doute l'ex-coureur suspendu pour dopage en 2007.

Au-delà de l'atmosphère, Alaphilippe joue pour la première fois sa carte individuelle sur un grand tour. L'an dernier, il avait perdu du temps à Amiens (8e étape), puis il s'était donné toute la latitude possible pour jouer le maillot à pois. Il termine alors 33e en perdant volontairement du temps et en faisant les efforts à l'avant en montagne. Avec le maillot jaune sur les épaules, il a simplement tenté de prolonger son rêve étape après étape. Rappelons que sur cette édition, il n'y a eu que deux affrontements en montagne, deux affrontements séparés de 9 jours. L'homme aux 12 victoires cette saison (total le plus élevé) a eu le temps de récupérer. Reste à savoir s'il réussira à survivre à l'enchaînement montagneux et ça commence dès dimanche avec la 15e étape entre Limoux et Foix.