Julian Alaphilippe à Val-Thorens
Julian Alaphilippe à Val-Thorens | JEFF PACHOUD / AFP

Tour de France 2019 : Julian Alaphilippe : “Pourquoi je serais frustré ?”

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Julian Alaphilippe n'a pas réussi le pari fou de conserver sa place sur le podium lors de la 20e étape du Tour de France. Un non-événement pour le Français qui a vécu un Tour extraordinaire dont il se souviendra longtemps.

Déception ? Frustration ? Rangez ces sentiments négatifs, Julian Alaphilippe n’a que de la fierté pour qualifier le troisième Tour de France de sa carrière. La perte du maillot jaune a été difficile, celle du podium l’est beaucoup moins. Ce qui habite Alaphilippe, 5e final, c’est le sentiment du travail bien fait.

Au-delà des espérances

"Si on m’avait dit que je ferai un Tour comme ça avant le départ, je n’y aurais jamais cru". Il n’est pas le premier à se servir de cette expression usée jusqu’à la moelle par les sportifs de tous horizons. Mais force est de constater que 14 jours en jaune, deux victoires d’étape (dont un chrono) et une cinquième place finale sont un bilan plus que positif. Imaginez plutôt, il n’avait jamais porté le maillot de leader d’un Grand Tour et n’avait jamais fait mieux que 33e du classement général final.

Il a gagné le coeur des Français. Comment ? En trônant en tête du Tour pendant deux semaines ? En tenant tête aux Ineos ? Un peu de tout ça mais surtout en faisant la course et en apparaissant humain. Ses défaillances dans l’Iseran et à Val-Thorens ont achevé le travail. Son visage traversé par la douleur lors des deux derniers journées dans les Alpes a trahi un réservoir vide. "J’ai tout donné, je pense que c’était difficile de faire mieux. Je m’attendais à exploser à un moment ou un autre", a reconnu Alaphilippe

Profiter du moment

"Sans mon coéquipier (Enric Mas), j’aurais explosé et j’aurais terminé à un petit quart d’heure, c’est dans mon tempérament, c’est un peu tout ou rien", a-t-il avoué. Tout, ça a été un Tour de France exceptionnel. Rien, on ne l’a pas vu. Rien n’est à jeter dans la Grande Boucle de Julian Alaphilippe. "Je me suis battu, je ne voulais pas avoir de regret. Je pense que je peux être fier de mon Tour cette année", tonnait-il. Il peut, sans aucun doute.

"De quoi je serais frustré ?" a-t-il demandé aux journalistes et peut-être aussi à lui-même ? Après son succès à Milan-San Remo en mars, certains médias s’étaient empressés de demander s’il était capable de remporter le Tour de France. Les spécialistes avaient doucement rigolé. On lui promettait l’enfer dans le chrono, dans les Pyrénées puis dans les Alpes, il a craqué à trois jours de l’arrivée. S’il annonce viser le classement général à l’avenir, personne ne pourra dire qu’il s’agit d’une mauvaise idée. "C’est bien au-delà de ce que j’avais imaginé, a souri le numéro un mondial. On a vécu des moments exceptionnels. Dans ma carrière je pense que ça aura changé beaucoup de choses. Ce sont des moments dont il faut profiter."