Egan Bernal et Geraint Thomas
Egan Bernal et Geraint Thomas | Anne-Christine POUJOULAT / AFP

Tour de France 2019 : Ineos, le pouvoir oui mais pour qui ?

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Egan Bernal ou Geraint Thomas ? Depuis le départ à Bruxelles, Ineos a refusé de se choisir un leader sur le Tour de France. A trois jours de l'arrivée, le Colombien, nouveau dauphin de Julian Alaphilippe, est désormais mieux classé que le Gallois.

Egan Bernal, Geraint Thomas puis de nouveau Egan Bernal, le meilleur Ineos au classement général du Tour de France a souvent changé d’identité depuis Bruxelles. A trois jours de l’arrivée à Paris, l’hydre à deux têtes est mieux placée que n’importe qui pour une victoire finale. Mais qui l’équipe britannique va-t-elle choisir ? A-t-elle  seulement besoin le faire ?

Bernal a attaqué, Thomas a contré

Ce jeudi vers Valloire, Bernal a repris 32 secondes à ses adversaires directs au classement général en attaquant à quelques kilomètres du sommet du Galibier. Une offensive franche que personne n’a pu suivre. "Je me sentais bien, je suis content qu’au final nous ayons gagné du temps sur Alaphilippe", a expliqué le Colombien pour Cyclingnews. Une demi-minute, c’est bien et ça permet au vainqueur de Paris-Nice et du Tour de Suisse de revenir à la deuxième place du général à 1’30’’ du maillot jaune. On peut en revanche se demander quel aurait été l’écart sans l’attaque de Geraint Thomas dans la foulée.

"Reprendre du temps à Alaphilippe était l’objectif numéro un, a poursuivi Bernal. "G" (Geraint Thomas) m’a dit d’attaquer et de créer l’écart. Il m’a aussi dit qu’il allait essayer après". Effectivement le Gallois a essayé à son tour de s’extirper du groupe des favoris. Une action qui a poussé Pinot et les autres à bouger à leur tour pour revenir sur le vainqueur sortant. Ce faisant l’écart en faveur de Bernal a chuté de quinze secondes. Sans l’attaque de Thomas, Enric Mas aurait peut-être poursuivi sur le rythme qui convenait à son leader chez Deceuninck-Quick Step. "Nous sommes une équipe et tout ce que nous faisons est le résultat d’une décision du directeur sportif dans la voiture", a néanmoins tempéré Bernal.

A trois jours de l'arrivée, Ineos est donc la mieux placée pour une nouvelle victoire à Paris. Mais comment vont se comporter Bernal et Thomas vers Tignes puis vers Val-Thorens ? Depuis le début du Tour de France, ils ont semblé faire leur course chacun de leur côté, l’un roulant parfois sur l’autre et vice-versa. Jeudi, sur les pentes du Galibier, on a vu, quasiment pour la première fois depuis le début du Tour de France, une formation Ineos puissante.

Des équipiers enfin au niveau ?

Van Baarle avait été placé à l’avant et a pu donner un coup de main pour imprimer le rythme en tête du groupe des favoris. Castroviejo et Poels ont fait leur part du travail pour un copié-collé de la tactique des années précédentes. Celle qui avait permis au team britannique de remporter sept fois le Tour. 

Jusqu’ici, l'équipe de Dave Brailsford avait traversé le Tour en laissant d’autres équipes prendre leurs responsabilités. Jeudi, Ineos a montré le bout de son nez et quelque chose nous dit que ce n’était qu’un avant-goût de ce qui attend les Pinot et consorts lors des deux prochains jours. "Deux grosses batailles arrivent. Nous savions qu’aujourd’hui il n’y aurait pas de grosses différences.Toujours est-il que ça pèsera dans les jambes pour les deux prochains jours", a prévenu Thomas au micro d’Eurosport. "Je me sentais bien en altitude. Je ne sais pas si c’est juste une affaire de mental mais je me sentais bien mieux et j’espère que la journée de vendredi sera bonne pour moi", a de son côté annoncé Bernal. Et si c’était lui la carte maîtresse d’Ineos ?