Tour de France 2019 : Derrière Thomas, le baromètre des favoris sur le chrono

Publié le , modifié le

Auteur·e : Théo Gicquel
Geraint Thomas lors du Tour de Romandie.
Geraint Thomas lors du Tour de Romandie. | Fabrice COFFRINI / AFP

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Favori à la victoire sur le contre-la-montre de 27,2 km, Geraint Thomas va sans doute frapper un grand coup jeudi à Pau. Derrière lui, tous les favoris vont tenter de s'accrocher pour limiter la perte de temps. Mais tous ne vont pas connaitre le même sort.

• Ils vont suivre le rythme

- Egan Bernal (Ineos)

Passé chez Ineos depuis le début de l'année 2018, le Colombien n'a pas beaucoup de références sur le chrono. Mais quelles références ! Depuis ses débuts dans la formation britannique, il n'a jamais fait moins bien que 26e d'une épreuve chronométrée. 

Il a remporté celle du Tour de Romandie en 2018, terminé 6e sur celle de Paris-Nice cette année, puis 11e sur le dernier Tour de Suisse, proche des spécialistes. Il devrait donc être parmi les favoris les plus proches du Gallois. Seul hic : sur un chrono équivalent sur le dernier Tour de France, il avait fini 1'44 derrière Thomas.

- Steven Kruijswijk (Jumbo-Visma)

Coureur le mieux placé au classement général derrière les deux Ineos (4e à 15 secondes de Thomas), le Néerlandais a les moyens de conserver sa place au soir de ce chrono. 16e du chrono à Espelette en 2018, 4e du chrono de la Vuelta en septembre, Kruijswijk a prouvé qu'il faisait partie des meilleurs rouleurs parmi les favoris.

Dernière preuve en date : sa 4e place sur le chrono du Dauphiné, sur un parcours et une distance équivalentes. Pas forcément convaincant pour l'instant dans l'impression visuelle, il a de nouveau l'occasion d'être idéalement placé avant la grande explication.

- Adam Yates (Mitchelton-Scott)

Difficile de dégager un autre favori qui devrait être dans les roues de Geraint Thomas. Mais Adam Yates pourrait bien être cet homme. Le Britannique avait terminé 11e à Espelette sur le dernier Tour de France, au milieu des spécialistes et à 1'22 du Gallois, un temps très correct.

En 2019, il a réalisé trois Top 10 dans l'effort solitaire : 5e sur le Tour d'Andalousie et le Tour du Pays Basque, et 6e sur le Dauphiné. Régulier contre-la-montre, en confiance après la victoire de son frère vendredi, il pourrait enfin sortir de sa boîte après un début de Tour discret.

Le profil du chrono à Pau.
Le profil du chrono à Pau. © ASO

• Ils vont limiter la casse

- Thibaut Pinot (Groupama-FDJ)

C'est évidemment vers lui que tous les regards vont se tourner vendredi. Avec 1'40 perdue sur une bordure à Albi lundi, Pinot a lâché gros avant le chrono. Le mental du champion de France du contre-la-montre 2016 a pris un coup au moral et il pourrait voir arriver la deuxième lame à Pau. Les deux dernières années n'ont jamais confirmé les progrès qui lui avaient permis de d'endosser le maillot tricolore.

Pourtant, il y a eu du mieux en 2019. Douzième du chrono sur le Dauphiné à 14 secondes Fuglsang et 25 de Yates, le Franc-Comtois risque de perdre environ 1'30 sur Thomas vendredi. Un débours conséquent mais il ne sera pas le seul à perdre beaucoup de temps.

- Jakob Fuglsang (Astana)

Parmi les grands favoris au départ du Tour, Jakob Fuglsang a rétrogradé dans la hiérarchie à l'entrée de ce chrono. Quinzième à déjà 2'10 de Thomas, le Danois aura du mal à recoller au podium. Et le chrono aura du mal à l'y aider.

40e l'an dernier sur le Tour à 2'40 du Gallois, Fuglsang avait explosé en dernière semaine. A mi-Tour, il aura sans doute plus de fraicheur mais rien ne lui garantit de passer sous la minute face à Thomas. Neuvième du chrono du Dauphiné, il reste sur une bonne référence mais il apparait clairement en-dedans sur cette Grande Boucle.

- Emmanuel Buchmann (Bora-Hansgrohe)

Cinquième au général à 33 secondes, l'Allemand avance caché mais il s'impose de plus en plus comme un candidat au top 5 à Paris. Pas catégorisé comme un rouleur, l'Allemand ne cesse de progresser contre-la-montre : 15e au Tour du Pays Basque, 17e en Romandie et finalement 5e sur le Dauphiné. 

Le hic : en cinq participations à un Grand Tour (4 Tours de France, une Vuelta) il n'a jamais réalisé un Top 30 sur un chrono. Pas dit qu'il y parvienne cette année.

Thibaut Pinot à l'issue du contre-la-montre par équipes à Bruxelles.
Thibaut Pinot à l'issue du contre-la-montre par équipes à Bruxelles. © Anne-Christine POUJOULAT / AFP

• Ils vont souffrir

- Romain Bardet (AG2R La Mondiale)

Lui aussi sera particulièrement scruté. Mais Romain Bardet, 14e au général à 2'08 de Geraint Thomas l'a dit, il n'a "plus aucune pression". Pas de raison donc d'imaginer qu'il sorte le chrono de sa vie à Pau.

Le coureur d'AG2R La Mondiale ne fera sans doute pas de folies pour rattraper son retard dans un exercice où il est parmi les plus mauvais des favoris. Lâcher un débours conséquent lui permettrait même d'avoir une latitude pour sortir viser une étape encore plus rapidement, comme samedi au Tourmalet.

- Nairo Quintana (Movistar)

Au contraire de Bardet, Nairo Quintana vise encore le classement général. Huitième du général à 52 secondes de Thomas, le Colombien est bien placé avant la haute montagne. Mais il aborde l'exercice qu'il redoute le plus. Le Colombien a l'habitude de prendre des éclats : 69e du chrono du Tour l'année dernière à Espelette ou 36e à Marseille en 2017.

Le profil du chrono à Pau ne devrait pas plus lui convenir, malgré une bosse au milieu du parcours. Un rouleur va s'imposer et Quintana peut prendre plus de deux minutes dans le pire des scénarios. Un écart qu'il n'a pour l'instant jamais réussi à combler sur les sommets.

- Dan Martin (UAE Emirates)

A l'instar de Nairo Quintana, Dan Martin redoute particulièrement l'effort solitaire. Le puncheur d'UAE Emirates (9e à 57 secondes de Thomas) perd systématiquement du temps sur les chronos. Lors du dernier Dauphiné, seul Romain Bardet a terminé derrière lui parmi les favoris.

Sur le chrono d'Espelette, il a perdu 2'26 sur Thomas. Un gouffre irrémédiable sur un distance équivalente. Il devrait lui aussi approcher des deux minutes de départ sur les meilleurs à l'arrivée à Pau.

Romain Bardet en mars lors du Paris-Nice.
Romain Bardet en mars lors du Paris-Nice. © Anne-Christine POUJOULAT / AFP