Romain Bardet devance Christopher Froome à l'Izoard
Romain Bardet (AG2R La Mondiale) devance Christopher Froome à l'Izoard | PHILIPPE LOPEZ / AFP

Tour de France 2018 : Un Tour pour les Français ?

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Romainn Bardet, Arnaud Démare, Thibaut Pinot, Warren Barguil, il y en aura pour tout le monde ! Ce Tour de France 2018 qui s’annonce dantesque plaît énormément aux cyclismes français.

Ce Tour 2018 dessiné sur une table de fakir va en piquer plus d’un. Pourtant, beaucoup y voit une occasion de tirer son épingle du jeu. Les Français en tête, très souvent à la fête en juillet dernier (5 victoires d’étape) et à l’ambition débordante. « J'ai la conviction que des coureurs français aujourd'hui sont capables de gagner le Tour tel qu'il est bâti, s’avance même le patron de la grande boucle Christian Prudhomme avant d’assurer qu’il « ne fera jamais un parcours du Tour pour un coureur ». Sur la 3e marche du podium à Paris, Romain Bardet est lui resté bouche bée à l’annonce des dénivelés positif, le plus souvent entre 4000 et 5000. « Je me réjouis de tout, lâche l’Auvergnat d’AG2R-La Mondiale. C'est un parcours assez équilibré, avec beaucoup de terrains à exploiter. » Dans le détail, ça va commencer fort avec un sprint massif attendu à Fontenay-le-Comte et une grosse bagarre annoncée pour le maillot jaune. « Il est accessible, c'est même une occasion rêvée le premier jour », estime Arnaud Démare qui en salive d’avance.

Jaune et pavés pour Démare

Nouveau chouchou du grand public, Warren Barguil regarde lui un peu plus haut vers « sa » Bretagne. « Un départ à Lorient, c'est exceptionnel, commente-t-il Le Tour commence à la maison... Les étapes de plaine ne sont pas faciles. On verra qu'en Bretagne, ce n'est pas plat. » Plus globalement, ce début de Tour « donne envie » à Démarre avec huit occasions de claquer une étape comme il l’a fait cette année à Vittel. « J'ai vécu un Tour exceptionnel cette année, j'y reviendrai avec l'objectif d'y arriver avec plus de fraîcheur », explique le sprinteur de la FDJ qui a également en tête les deux étapes nordistes à Amiens et Roubaix où il y aura un copieux plat de pavés. « On sait très bien qu'un trou dans les pavés peut sceller notre destin, que la course peut s'arrêter là, prévient Bardet. C'est la façon dont j'envisage le sport, il y a des paramètres que l'on ne peut pas maîtriser dans le cyclisme. On est tous à armes égales face à ça. »

Pinot fait de la résistance

Tête de gondole chez Vital Concept, la nouvelle équipe française, Bryan Coquard croise les doigts pour que la formation de Jérôme Pineau fasse partie des invitées à la fiesta de juillet. Pour les grimpeurs, il faudra passer entre les gouttes d’acide de la première semaine. Jusqu’aux pavés de Roubaix, il y aura gros à perdre. Du Nord, on va immédiatement changer de braquet. Une journée de repos à Annecy et il sera l’heure de s’envoyer en l’air sur les pentes des Alpes avec de la nouveauté, des références à l’histoire et un bouquet final à l’Alpe d’Huez. Le Plateau des Glières sonnera la charge avec une route non bitumée au sommet. « Les chemins de terre ? On a des routes parfois qui ne sont pas meilleures », répond Thibaut Pinot dont les yeux se sont éclairés à l’évocation de l’Alpe d’Huez où il a triomphé en 2016. « J'ai envie de briller sur ce Tour », assure-t-il même s’il devra cohabiter avec Arnaud Démare.

Une fin pimentée pour Bardet

L’autre plat de résistance de ce Tour se situera en 3e semaine dans les Pyrénées. Avec comme ligne de conduite pour Prudhomme de « varier au maximum les étapes, leur profil et leur longueur. » Varié et corsé, le menu pyrénéen sera certainement étoilé à la fin de cette édition. Pas besoin de faire long pour titiller les papilles. La très courte étape entre Bagnères-de-Luchon et Saint-Lary-Soulan (65 km) donne déjà des idées aux ténors de la montagne. « Quand on est grimpeur, on est content d'avoir une étape de 65 kilomètres avec trois cols, on sait qu'il va y avoir du spectacle, reprend Pinot. C'est une bonne chose pour les coureurs et les spectateurs. » Bardet y voit une belle occasion de livrer un mano-à-mano avec ses rivaux : « Certaines étapes comme celle de 65 kilomètres, les leaders d'équipes seront rapidement confrontés les uns aux autres. » Quant au contre-la-montre Saint-Péé-sur-Nivelle – Espelette, veille d’arrivée à Paris, « il sera épicé ». Un chrono pour les hommes forts et frais. "C'est un Tour où il faudra faire attention tous les jours, conclut Christian Prudhomme. Les dix premiers jours seront stressants. Ensuite il y aura une vraie rupture avec la montagne et, enfin, un contre-la-montre entre Saint-Pée-sur-Nivelle et Espelette, la capitale mondiale du piment. On attend naturellement que le final soit relevé. »

VIDEO : Le tracé du Tour 2018