Romain Bardet

Tour de France 2018 : Troisième semaine, l'heure du va-tout pour Romain Bardet

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S'il retrouve le panache qui lui avait permis de tout faire exploser lors de la 19e étape du Tour 2016, Romain Bardet pourrait faire de gros dégâts. A l'époque, il était parti dans la roue de son pote Mickaël Chérel, avait gravi seul la dernière difficulté, et s'était imposé face au Mont-Blanc, profitant des déconvenues de Froome et consorts pour fondre sur le podium. Tout casser en montagne et pourquoi pas profiter de l'effondrement de concurrents, c'est le scénario idéal pour Bardet, mais il faudra aussi tenir la route en contre-la-montre.

2016 : Bardet impérial

Bardet est en retard. Quatre concurrents ont déjà pris plusieurs longueurs d'avance sur lui : Thomas, Froome, Dumoulin et Roglic. Mais rien n'est joué, surtout en troisième semaine. Il ne reste qu'une arrivée au sommet, celle du Col du Portet (17e étape). Si Romain Bardet n'y crée pas de différence, il pourra s'en remettre à ses talents de descendeur, qui pourraient s'exprimer sur les deux autres étapes montagneuses (16e, 19e).

Celui qui a terminé sur le podium des deux dernières éditions de la Grande Boucle a 1'31''à boucher sur Tom Dumoulin et 43'' sur Primoz Roglic, tous les deux meilleurs que lui sur le contre-la-montre, pour récupérer une troisième place. Il ne peut pas se contenter d'attendre les fins d'ascension pour faire de telles différences face à des rouleurs de renom. Il est finalement le seul "pur grimpeur" du top 5.

Après son enfer du Nord à lui, sur l'étape des pavés, Romain Bardet avait confié avoir pris du plaisir, en plus d'avoir "de bonnes jambes". Mais lors de l'arrivée à Mende, il semblait un peu assommé après avoir été devancé non seulement par Roglic, Froome, Thomas et Dumoulin, mais aussi par Quintana. "Je n'ai pas fait une grande journée mais j'étais à fond", avait-il déclaré. La tête était déjà aux Pyrénées. En plus du jour de repos, il n'a pas eu à s'employer à Carcassonne dimanche, espérons pour lui qu'il aura recouvré l'essentiel de son énergie.

Et si tout n'était pas joué d'avance ?

Et si ses principaux concurrents craquaient avant l'arrivée ? On l'a vu récemment sur les routes du Giro 2018, un Simon Yates impérial avait tout perdu sur l'étape reine. Le lendemain, c'était Thibaut Pinot qui abandonnait la course. Deux éléments du podium s'étaient alors envolés.

Justement, en parlant de ce fameux Giro, il ne faut pas oublier que Froome et Dumoulin l'ont dans les pattes. S'ils n'ont pas encore donné de signe de faiblesse, attention à la dernière semaine. Quant à Geraint Thomas, la poisse ne s'est étonnamment pas encore mise en travers de sa route. L'année dernière il avait été contraint à l'abandon sur la 9e étape du Tour, mais aussi sur le Giro. Un an plus tôt, il était tombé dans le final des Jeux olympiques... Enfin, Roglic n'a jamais encore joué le classement général sur un grand tour et n'est pas à l'abri. Bardet peut croire en ses chances mais il faudra tenir sur le chrono d'Espelette.

Un contre-la-montre crucial

La 20e étape, dernière occasion de créer des écarts, sera, comme l'an dernier, un contre-la-montre individuel. L'année dernière, Romain Bardet avait failli être éjecté du podium à Marseille. Cette année, aucun des favoris n'a le droit à l'erreur.

Si les écarts sont, avant le début de cette troisième semaine, assez importants, aucun des favoris n'aura le droit à l'erreur à Espelette. Sur un parcours très vallonné de 31 km, bien malin est celui capable de prédire le vainqueur. Froome, Roglic, Dumoulin et Thomas sont tous capables de s'imposer.

Un tour d'honneur pour Sagan ?

Puncheur, sprinteur, baroudeur, Peter Sagan était partout ces deux premières semaines. Sûrement voulait-il compenser son manque de Tour de France, après son exclusion prématurée en 2017. Il n'y a déjà plus de suspense pour le maillot vert. Le champion du monde slovaque a 452 points, soit 285 d'avance sur son dauphin Alexander Kristoff.

Il reste deux étapes de sprint (18e et 21e) et il est capable d'aller chercher les points des sprints intermédiaires. Sauf accident, il sera en vert sur les Champs pour la 6e fois, de quoi égaler Erik Zabel. Pour lui, l'objectif sera de gagner cette dernière étape qui lui échappe depuis 2012.