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Romain Bardet victime d'une panne mécanique | Philippe LOPEZ / POOL / AFP

Tour de France 2018 : première semaine agitée pour les leaders

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La première semaine du 105e Tour de France a été agitée pour quasiment tous les leaders et favoris à la victoire finale le 29 juillet sur les Champs Elysée. Entre chute, crevaison, problème mécanique, Froome, Quitana, Porte, Bardet et Dumoulin ont chacun perdu du temps. Aujourd'hui c'est Dan Martin qui a été piégé.

Cette 105e édition du Tour de France est décidément imprévisible. Si la première semaine du Tour s'avère d'habitude plutôt tranquille, cette année les favoris ont déjà connu pas mal de mésaventures. Avant la sévère chute de Dan Martin ce samedi, tous les autres leaders ont subi une déconvenue. Seul Vincenzo Nibali (Bahrain-Merida) et Rigoberto Uran (Education First) sont passés, pour le moment, à travers les mailles du filet.  

Dan Martin chute sévèrement 

Les jours sur le Tour de France se suivent mais ne se ressemblent pas. Deux jours après sa victoire à Mûr-de-Bretagne, Dan Martin a, à son tour, joué de malchance sur une simple étape de plat entre Dreux et Amiens. L'Irlandais s'est fait une grosse frayeur lors d'une chute à 17km de l'arrivée : "Je n'ai rien de cassé, mais ça fait mal. Je vais essayer de rouler demain (dimanche), mais clairement ça va être très douloureux. Lorsque le docteur a enlevé les bandages il a crié : "ooooh!". Lorsque vous entendez un docteur dire cela, vous savez que ce n'est pas bon. Ça fait mal et je suis sous le choc." C'est le plus gros incident à déplorer parmi tous les favoris. "Il est plumé de la tête aux pieds, il a le dos qui est lacéré" a ajouté son directeur sportif Philippe Mauduit. Arrivé avec 1'16 minutes de retard, Martin perd 10 places au général et se retrouve 31e au général à 2'47.

Froome, Porte et Quintana piégés dès le premier jour

Mais les premiers incidents sont arrivés des la première étape entre Noirmoutier et Fontenay-Le-Compte. Alors que le peloton commençait à accélérer la cadence à l'initiative des équipes de sprinteurs, Christopher Froome (12e à 1'06) est passé à quelques millimètres du drame.  Sur une route étroite, le quadruple vainqueur du Tour se retrouve au sol et passe tout proche de percuter un poteau. Mais plus de peur que de mal ! Froome peut repartir mais à quatre kilomètres de l'arrivée il est impossible pour lui de rattraper un peloton à vive allure. Résultat des courses : le leader de la Sky arrive avec 50 secondes de retard. Le Tour débute mal ! 

Mais cette première étape n'a pas épargné seulement le coureur Britannique. Nairo Quintana (26e à 2'14) est victime d'une crevaison 400 mètres avant de pouvoir rentrer dans le temps du vainqueur. Le Colombien de la Movistar est encore aujourd'hui le grand perdant de ce Tour de France. Cette panne a coûté 1'15 de retard au 2e du Tour de France 2015, qu'il n'est pas parvenu à combler jusqu'ici. 

Pourtant ce n'est pas les occasions qui ont manqué. Sur cette même étape, Richie Porte (BMC, 10e à 57") et Adam Yates (Mitchelton-Scott, 13e à 1'06) ont été pris dans une chute à 10 kilomètres de l'arrivée.  "C’était tendu, comme une première étape de Tour de France où tous les meilleurs sprinteurs du monde veulent gagner. Il aurait été mieux de ne pas être pris dans la chute, mais au moins, Richie va bien, il ne s’est pas fait mal." c'était exprimé le directeur sportif de la BMC, Fabio Baldato. Les deux coureurs en lice pour la victoire à Paris ont concédé, comme Christopher Froome, plus de 50 secondes sur les autres favoris dont Romain Bardet ( AG2R) et Tom Dumoulin (Sunweb). 

Panne mécanique pour Bardet et Dumoulin 

Il ne fallait pas crier victoire trop vite au soir de la première arrivée ! Car sur la 6e étape à Mûr-de-Bretagne, ce sont bien Bardet et Dumoulin qui se sont fait avoir à leur tour. A 3,8 km de l'arrivée, le coureur français a été victime d'une panne mécanique. Roue arrière cassée, Romain Bardet (22e à 1'49) est stoppé en pleine ascension du Mûr-de-Bretagne. Contraint de descendre du vélo, il a échangé sa machine avec celle de Tony Gallopin. "Romain est très sensible au niveau de sa position. Il n’a pas pu aborder la montée bien comme il faut. On a préféré ne pas changer de vélo avec la voiture, ce qui aurait fait perdre encore plus de temps" a avoué son directeur sportif Julien Jurdie. Résultat, Romain Bardet perd 31 secondes sur Dan Martin vainqueur de la 6e étape. "L'effort pour rentrer m'a été fatal. Ce sont les aléas." a avoué le Français à l'arrivée. 

Le choix de ne pas attendre sa voiture pour se faire dépanner n'a pas été l'option de Tom Dumoulin (19e à 1'27), lui aussi victime d'un incident technique. Une crevaison qui a fait perdre 53 secondes au vainqueur du Giro 2017. 

La neuvième étape et ses 15 secteurs pavés entre Arras et Roubaix pourrait donc surprendre plus d'un favori et être un premier juge de paix dans la course à la victoire finale. En 2014, Christopher Froome avait chuté à deux reprises sur les pavés avant d'abandonner lors de cette 5e étape.