Tour de France 2018 : Les Glières, retour à l'histoire et à l'épopée

Tour de France 2018 : Les Glières, retour à l'histoire et à l'épopée

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Avec le Plateau des Glières, la première étape de montagne du Tour 2018 conjugera histoire et intérêt sportif dès lors que la montée inédite et très raide se prolonge par une portion en terre.

"Ce sera sans aucun doute l'un des temps forts du Tour de France", annonce son directeur Christian Prudhomme en préambule à la présentation officielle mardi à Paris. "L'ascension au Plateau des Glières, 6 kilomètres à 11 % de moyenne, est très difficile. Suivent près de 2 kilomètres qui ne sont pas goudronnés, pour retrouver les routes d'antan du Tour, avant d'arriver dans ce haut lieu de la Résistance". Le site impressionne par sa beauté et sa solennité. Tout en haut du plateau, le monument national de la Résistance, une scultpure en forme de "V", mentionne que "des hommes ici sont tombés pour défendre la liberté" en mars 1944. L'aile du "V" est cassée, afin de rappeler à tous que la victoire a un prix.

Pour rejoindre le plateau, la route étroite serpente sur 6 kilomètres à travers la forêt de la Haute-Savoie. "Par kilomètre, la moyenne ne descend pas sous les 10 %, ce qui est très rare, note Christian Prudhomme. On voit dans le cyclisme moderne que les forts pourcentages ne mentent pas, on n'arrive pas à suivre si on est mal". Surtout au lendemain de la première journée de repos.

Appelé à être renouvelé 

"Certains coureurs qui auront usé beaucoup d'énergie en première semaine, dans la plaine, risquent de payer cash dans la première étape de montagne mais on ne pouvait pas se permettre après dix jours de plaine de réattaquer par une journée de moyenne difficulté", explique le directeur sportif du Tour, Thierry Gouvenou. "On l'a modéré en évitant de faire une arrivée en altitude". Et aussi en éloignant l'ascension de l'arrivée de l'étape.

A l'entrée du plateau des Glières, enserré à quelque 1400 mètres d'altitude entre deux montagnes, la route se transforme en piste de terre. "Ce n'est pas arrivé sur le Tour depuis que les routes sont goudronnées, peut-être 60 ou 70 ans", relève son directeur, qui insiste sur la mémoire historique: "Le Plateau des Glières est l'un des plus importants maquis de Seconde guerre mondiale, c'est aussi un hommage à ceux qui ont combattu et donné leur vie. 'Des hommes ici sont morts pour demeurer des hommes', c'est écrit et ça donne la chair de poule."

"Le final de l'étape sera plus spécifiquement sportif mais aussi redoutable", ajoute Christian Prudhomme que l'on sent prêt à tenter d'autres expériences sur des chemins non asphaltés, comme l'ont déjà fait le Giro et les Strade Bianche en Italie. "J'imagine que c'est appelé à être renouvelé assez rapidement".

AFP