Tour de France 2018 : Première victoire française avec l’échappée belle de Julian Alaphilippe

Publié le , modifié le

Auteur·e : Quentin Ramelet
Julian Alaphilippe
La joie de Julian Alaphilippe | Marco BERTORELLO / AFP

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Enfin une échappée qui va au bout ! Et le plus costaud était Français… Julian Alaphilippe (Quick-Stepp Floors) a en effet lâché tous ses compagnons fuyards du jour dans le Col de Romme à 30km du Grand-Bornand où il a pu lever les bras et remporter sa première victoire sur la Grande Boucle, la première Française cette année. Dans le même temps, le coureur Berrichon s’empare du maillot à pois de meilleur grimpeur. Derrière, les favoris à la victoire finale se sont neutralisés alors que Greg Van Avermaet, présent dans l’échappée du jour, a bien résisté pour conserver son maillot jaune.

Il n'est pas champion du monde mais nul doute que cette victoire, il s'en souviendra toute sa vie ! Julian Alaphilippe (Quick-Step Floors) semblait avoir des fourmis dans les jambes depuis le départ de cette 105e édition il y a dix jours. Bien placé à Mûr-de-Bretagne, le puncheur s'est mué en grimpeur ce mardi dans les Alpes pour se faire la malle au sein d'une échappée enfin victorieuse. Car depuis la Vendée, aucune n'avait réussi à aller au bout. Donc il fallait bien que la route s'élève et qu'un Français s'en mêle. Julian Alaphilippe avait lancé les hostilités dès les premiers kilomètres de l'étape longue de 158,5 en compagnie des hommes de la Direct Energie et de Florian Vachon (Fortuneo - Samsic). D'abord repris, c'est dans la première petite difficulté de la journée, le Col de Bluffy (4e catégorie), et après 21km de course qu'un groupe de 17 coureurs, notamment composé du maillot jaune Greg Van Avermaet (BMC), Peter Sagan (Bora), ou encore Lilian Calmejane (Direct Energie), s'est formé devant un peloton de favoris particulièrement apathique.

 

Le cavalier seul d'Alaphilippe

Du coup, les baroudeurs du jour en ont profité pour s'entendre face aux premières grandes difficultés de ce Tour de France. Et parmi, elle, une inédite : la montée du Plateau des Glières, la plus raide cette année avec 6km à 11,2% de moyenne et avant deux kilomètres non bitumés et caillouteux. Dans des pentes à plus de 15km, le plus à l'aise n'est autre que le vainqueur du jour, Julian Alaphilippe, passant en tête au sommet. Une amorce à ce qui allait devenir un magnifique raid solitaire dans l'enchaînement des cols de Romme et de Colombière. Après avoir été patient, laissant même Rein Taaramaë (Direct Energie) seul en tête plusieurs kilomètres, le leader de la Quick-Step Floors a posé une attaque virulente à 30km de l'arrivée, rattrapant l'Estonien en quelques secondes avant de le déposer. Premier au sommet du col de Romme et nouveau meilleur grimpeur du Tour, Alaphilippe se permettait même d'attendre Taaramë avant de le lâcher à nouveau dans la descente où il était tout simplement plus à l'aise et bien plus rapide... Au final, le coureur tricolore termine avec 1'34 d'avance sur Ion Izaguirre (Bahrain-Merida), 1'40 sur l'Estonien et 1'44 sur Greg Van Avermaet, vaillant de résistance aujourd'hui pour conserver le maillot jaune. Derrière, le groupe des favoris à la victoire finale est arrivé avec 3'23 de retard...

Des favoris endormis

Si cette première victoire française cette année ravit tout le monde, la bataille plus ou moins annoncée entre les cadors n'a jamais eu lieu. Au contraire, amorphes de bout en bout, ils se sont neutralisés dans les deux dernières difficultés de la journée, laissant le train Sky faire le boulot. Seul enseignement de la journée : Rigoberto Uran (EF - Drapac), deuxième l'an dernier, est arrivé au Grand-Bornand avec 5'59 de retard sur Julian Alaphilippe soit 2'36 sur les Chris Froome (Sky), Romain Bardet (AG2R La Mondiale) and co... Demain, le format resserré (108,5km) entre Albertville et La Rosière, avec quatre cols au programme, devrait cette fois-ci être le théâtre des grandes explications.

La réaction, toute en émotion, d'Alaphilippe