Tour de France 2018 - Le saut dans l’inconnu après la journée de repos

Publié le , modifié le

Auteur·e : Thierry Tazé-Bernard
Le peloton du Tour de France au bord du lac d'Annecy
Le peloton du Tour de France reprend la compétition au bord du lac d'Annecy | Philippe LOPEZ / AFP

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Après neuf jours de course, le peloton a fait une pause. Lundi, autour du lac d’Annecy, les 165 coureurs de la Grande Boucle ont fait tourner les jambes, sans trop forcer. Aujourd’hui, la première étape des Alpes, avec la première ascension d’un col hors catégorie, réclamait la vigilance pour des organismes parfois déjà fatigués. Les choses sérieuses vont commencer lors de cette 10e étape du Tour de France. La grande bataille ? Peut-être pas, car trois jours difficiles attendent les coureurs.

"Les journées de repos ont toujours marqué l’histoire du Tour." Cédric Vasseur, manageur de l’équipe Cofidis, sait à quel point cette 10e étape peut produire des surprises. "C’est toujours difficile à gérer car l’organisme a pris un rythme, et cette journée le casse. On a envie de décompresser mais on sait qu’il faut rester sous pression car sinon on a des difficultés à remettre en route." 

Un rythme à retrouver

Ce danger était présent dans tous les esprits ce matin au départ d’Annecy. "On sort de neuf jours sans efforts assez longs en montagne", souligne Nicolas Portal, directeur sportif de la Sky. "Le Mûr de Bretagne, c’est la bosse la plus longue qu’ils ont gravie. Pour des grimpeurs, habitués à monter 40 minutes à bloc, le corps peut être en manque de rythme. Certains gars qui jouent le général peuvent vivre une journée terrible aujourd’hui. Ou demain."

Julien Jurdie, directeur sportif d’AG2R, se trouve, comme ses collègues, un peu dans l’inconnue : "Il y a toujours pas mal de points d’interrogations, après avoir utilisé les gros braquets la première semaine. Il risque d’y avoir des surprises avec une étape déjà difficile." Pour Yvon Ledanois, directeur sportif chez Fortuneo, cette journée de repos, "c’est plus psychologique que physique. Un coureur fatigué, cela lui permet de récupérer un peu mais il sera rapidement rattrapé par sa fatigue. Les hommes forts restent les hommes forts."

Un jour off pour passer à la montagne

Pour éviter le coup de mou sur les premiers cols, chaque détail compte. "On a fait une sortie avec un col au programme", explique Julien Jurdie. "C’était important pour nous de retrouver toutes ces sensations de grimpeurs étant donné le programme à venir." Chez Cofidis, Cédric Vasseur pense que ses troupes "ont bien géré cette journée en faisant 2h de vélo. On a restreint la nourriture car comme on dépense moins de calories, il faut en absorber moins." Psychologiquement, Nicolas Portal estime que cette journée était "importante pour 'switcher' sur la montagne, se reconcentrer sur la deuxième partie du Tour. »

"C'est risqué de tenter quelque chose d'assez loin"

Ce premier acte du triptyque alpin, au lendemain de ce repos, peut-il accoucher d’une grosse bagarre ? "Ce serait risqué de tenter quelque chose d’assez loin en se mettant à 100% aujourd’hui", glisse Nicolas Portal. "Car demain, c’est la première étape courte, qui sera hyper nerveuse et rapide avec une arrivée au sommet et le lendemain c’est l’Alpe d’Huez." Même analyse du côté de Cédric Vasseur : "C’est un peu prématuré de voir les leaders passer à l’offensive. Mais la 1re journée de montagne est souvent marquée par ceux qui ambitionnent de gagner le Tour. Une échappée a peut-être enfin une possibilité d’aller au bout." 

Mais la perspective d’un maillot jaune peut modifier le plan de départ chez la Sky de Chris Froome et Geraint Thomas, 2e du général.

De notre envoyé spécial