Sylvain Chavanel (Direct Energie) en pleine souffrance
Sylvain Chavanel (Direct Energie) en pleine souffrance lors du dernier contre-la-montre de sa carrière sur le Tour de France | AFP - Philippe LOPEZ

Tour de France 2018 : Le chrono à Espelette a enflammé les corps

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Au bout de trois semaines d'efforts, le contre-la-montre individuel de 31km entre Saint-Pée-sur-Nivelle et Espelette a fait des dégâts. Cette 20e étape du Tour de France a donné bien des tourments aux coureurs. Entre montées et descentes, virages incessants, et asphalte humide, le tracé était fait pour des hommes encore en forme. Pour les autres, il s'agissait de limiter les dégâts. A l'arrivée, les visages montraient toute la souffrance vécue lors de cette journée, à la veille de Paris et des Champs-Elysées.

Un vrai toboggan, avec des descentes et des montées, des virages et des faux-plats, des relances dans tous les sens. Le contre-la-montre entre Saint-Pée-sur-Nivelle et Espelette, long de 31km, a été une vraie épreuve. Avec une route mouillée en plus pour la plupart des concurrents, la journée pouvait se révéler piégeuse.

Surtout sans frein, comme le racontait avec humour Yoann Offredo (Wanty-Gobert), qui n’a pas pu changer de vélo et a donc fini comme il pouvait : « Ca fait des histoires à raconter », disait-il avec le sourire. Ce n’était pas l’expression la plus commune à l’arrivée.

« C’était un petit calvaire. C’est un des chronos les plus durs que j’ai fait depuis que je fais du vélo. » La ligne d’arrivée franchie, Damien Gaudin donnait le LA de ce chrono de 31km dans le pays basque. Le coureur de Direct Energie a souffert. Comme tous. Stefan Küng (BMC), champion du monde du contre-la-montre en 2015, a fini prostré. Effort majeur, et déception de ne pas avoir réalisé le meilleur temps même provisoire. Un cri de rage pour exprimer sa frustration.

Stefan Küng prostré à l'arrivée à Espelette

Luke Rowe (Sky), l’un des équipiers de Geraint Thomas et Chris Froome glissait : « C’est très dur. » Mais ses leaders le savaient pour avoir reconnu cette étape avant le Tour, et le matin même.

Pour des hommes en forme

Marc Soler, de la Movistar, a occupé cette première place. De façon éphémère. « Je suis content parce que je finis fort le Tour », se réjouissait-il néanmoins. « C’est vraiment difficile. » Nicolas Edet (Cofidis), estimait « qu’un puncheur-grimpeur peut rivaliser avec les rouleurs. C’est un parcours  pour quelqu’un qui est en forme. Peu importe ses caractéristiques. » Julien Simon (Cofidis) notait qu’il « faut mettre du braquet. » Damien Gaudin précisait : « Il y a tout le temps des changements de rythme. Il peut y avoir des écarts. »

Mais à l'issue de cette ultime journée de suspense, il n'y avait qu'une seconde entre le vainqueur, Tom Dumoulin (Sunweb) et son dauphin, Chris Froome (Sky), fruit d'un duel au couteau pour le podium. Geraint Thomas complétait le trio de tête sur le chrono, identique mais dans un ordre différent pour le général. Les hommes en forme étaient là.

De notre envoyé spécial