Tour de France 2018 : Degenkolb, l'heure de la résurrection

Publié le , modifié le

Auteur·e : Andréa La Perna
Degenkolb TDF 2018

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Percuté violemment par une voiture qui roulait du mauvais côté de la route en janvier 2016, John Degenkolb peinait à retrouver le niveau qui était le sien en 2015, année où il a remporté Paris-Roubaix et Milan-San Remo. Sa victoire sur la 9e étape du Tour de France 2018, sur les fameux pavés du Nord, consacre le retour du sprinteur allemand sur le devant de la scène.

23 janvier 2016, John Degenkolb est en stage avec l'équipe Giant-Alpecin en Espagne. Alors qu'il est en pleine préparation, lui et cinq de ses coéquipiers, dont Warren Barguil, sont percutés par une conductrice anglaise qui roulait du mauvais côté de la route. Le sprinteur allemand s'en sort avec diverses fractures, notamment à l'avant-bras, et une grave blessure à l'index de la main gauche. 

Degenkolb est alors forfait jusqu'au mois de mai. Son retour est poussif. Il remporte quelques courses dont une étape de l'Arctic Race fin 2016. Mais depuis l'accident, aucun succès de premier plan. En s'imposant sur la 9e étape tant attendue du Tour de France 2018, l'Allemand sort de l'ombre. Placé dans toutes les étapes de sprint depuis le début de la Grande Boucle, il confirme après sa troisième place, la veille à Amiens.

"C'est très émouvant pour moi. J'ai dû me remettre d'une période difficile. J'ai eu beaucoup de poisse mais cette volonté de fer ne m'a jamais quitté. Je suis trop heureux. En Allemagne, on dit que ceux qui sont condamnés à mort vivent plus longtemps. C'est tout aussi fort que la victoire sur Paris-Roubaix en 2015", a réagi Degenkolb en zone mixte.

Paris-Roubaix 2015 justement. John Degenkolb et les pavés c'est une histoire d'amour. "I love Roubaix", a-t-il conclu tout sourire à la fin de son interview. En 2015, il lève les bras dans le Vélodrome de Roubaix devant Zdenek Stybar et Greg Van Avermaet. L'apogée de sa carrière à 26 ans, quelques semaines après un succès retentissant sur un autre monument, Milan-San Remo.

La crainte d'aller au tapis ne le tétanise plus, ce qui lui a permis d'être lucide et de tirer son épingle du jeu dans le final. "Beaucoup de coureurs de classiques avaient une autre tâche, il leur fallait soutenir leur leader pour le classement général. Quand je me suis retrouvé à l'avant, j'étais sûr de pouvoir bien sprinter mais je n'étais pas sûr d'arriver avec Van Avermaet et Lampaert. Cela sentait le déjà vu, ils étaient déjà dans le groupe quand j'ai gagné Paris-Roubaix, et ça m'a conforté dans ma capacité à gagner. Je n'étais pas à fond, j'en ai gardé sous la pédale pour le sprint." 

Le résumé de l'étape