Ravitaillement d'équipe au sein de l'équipe UAE
Ravitaillement collectif au sein de l'équipe UAE avec Darwin Atapuma | AFP - Marco BERTORELLO

Tour de France 2018 – Dans la chaleur du peloton

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Depuis le départ de Noirmoutier le 7 juillet, le peloton du Tour de France a quasiment tout le temps roulé sous le soleil. Et même dans une très forte chaleur. Des conditions de course habituelles à cette période de l’année, pour des hommes accoutumés. Mais dans chaque équipe, on se montre attentif pour que les coureurs ne pâtissent pas de cette contrainte qui peut provoquer des défaillances, voire hypothéquer la suite de l'aventure. Tour d'horizon des procédures mises en place pour éviter les conséquences néfastes de la chaleur.

« La chaleur est un facteur agressif pour l’exercice. » Hubert Long est le médecin de l'équipe Direct Energie. Face à la montée du thermomètre, comme tous ses confrères, il veille. Déshydratation, crampes, malaises, les risques médicaux sont nombreux. 

Sur la route, le bitume fond. C’est l’une des conséquences visibles des fortes chaleurs sur la route du Tour de France. Sur les corps des coureurs, les effets sont également importants. « Sur une étape comme celle d’aujourd’hui, un coureur peut perdre 1kg s’il veille à une bonne hydratation », explique le Dr Hubert Long. « Si c’est plus, c’est qu’il y a déficit d’hydratation. Mais parfois, certains perdent 2kg, 2.5kg. Cela peut s’expliquer par une course particulièrement vive, dans des conditions difficiles. »

5 à 6 litres d'eau ingurgités dans la journée

Pour rallier Pau, au bout de 171km débutés à 14h, le peloton transpire, sue, souffre. « On a préparé plus de 150 bidons au départ », annonce Eric Lasselin, l’un des kinésithérapeutes de l’équipe Cofidis. « On les alimente, en solide, en liquide, en gel. Ils vont perdre beaucoup de sel, et on leur donne donc des sels minéraux pour éviter les crampes. » A l’arrivée, « ils vont boire en totalité ou en partie entre 10 et 12 bidons, donc entre 5 et 6 litres sur la journée », complète Hubert Long.

Pour éviter la surchauffe, les coureurs mettent des pains de glace sur les cervicales « pour améliorer la sensation de fraîcheur », dixit le médecin de Direct Energie. « Il ne faut pas oublier de s’arroser, pour refroidir le « moteur ». On donne aussi des antithermiques, essentiellement du paracétamol pour que le niveau thermique ne s’élève trop. »

L'alimentation et la technologie pour mieux récupérer

Dans chaque équipe, avant et après le départ, chaque coureur est donc pesé. Pour adapter la suite. « Ceux qui sont dans la norme mangent des fruits frais, des smoothies de fruits", détaille Hubert Long. "Ceux qui ont un déficit plus important, ils ont des recommandations avec parfois un potage froid dans le repas style gaspacho, des melons d’eau, des légumes comme salade ou épinard qui sont très hydriques. »

Chez Cofidis, la technologie vient au secours des corps : « On a la machine de cryothérapie dans le bus et à l’hôtel », explique Eric Lasselin. « Hier, on a eu un long transfert jusqu’à l’hôtel, du coup on a fait les soins dans le bus. On fait aussi la pressothérapie (technique de drainage effectuée par un appareil), ce qui permet de gagner du temps et de n’avoir que les massages à faire à l’hôtel. »

Malgré tout, au bout des trois semaines du Tour de France, les coureurs auront perdu entre 5 et 7kg.

De notre envoyé spécial