Tour de France 2018 - Aux malheurs des sprinteurs français

Publié le , modifié le

Auteur·e : Thierry Tazé-Bernard
Arnaud Démare (Groupama-FDJ) et Thomas Boudat (Direct Energie) dominés au sprint par Groenewegen
Groenewegen (Lotto-Jumbo) exulte, les sprinteurs français Arnaud Démare (à gauche) et Thomas Boudat (à droite) s'inclinent | AFP - Philippe LOPEZ

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La première semaine du Tour de France s'achève sur un zéro pointé des coureurs français au rayon des victoires d'étapes. Pour les sprinteurs, c'est encore pire puisque ces 8 premiers jours étaient les plus propices pour faire parler leur pointe de vitesse. Arnaud Démare (Groupama-FDJ), Christophe Laporte (Cofidis) et Thomas Boudat (Direct Energie) n'ont pas profité de l'arrivée de la 8e étape à Amiens pour ouvrir leur compteur. Désormais, ils devront patienter, et souffrir en montagne pour lever les bras sur la ligne.

Il était probablement le plus attendu de tous les coureurs. A l'arrivée à Amiens, dans sa Picardie natale, Arnaud Démare (Groupama-FDJ) sourit. Mais c'est forcé. Une 5e place après avoir déjà conquis une 3e et deux 4e, c'est trop peu pour lui. "Vous êtes nombreux à assister à mes défaites tous les jours", dit-il avec amertume.

"Tant que les Champs-Elysées ne sont pas passés, il y a de l'espoir"

Depuis le début du Tour, il a presque tout connu: une chute, un problème mécanique, et pour la deuxième fois une désorganisation de sa formation: "C'était assez chaotique", raconte-t-il. "Les virages étaient serrés, et à chaque fois, c'était le bazar. Mes équipiers étaient devant, je ne sais pas où. A partir des 2km de l'arrivée, ça a commencé à chahuter." Un de ses poissons-pilotes arrive, et lui dit tout bas: "On en parle après." Le débriefing est remis à plus tard.

Malgré le soutien du public, malgré les longues minutes passées au contact des Picards devant le bus cerné de son équipe, il est amer: "Je suis déçu car c'était ma dernière chance au sprint  dans cette première semaine. Tant que les Champs-Elysées ne sont pas passés, il y a de l'espoir, mais pfff..."

Juste derrière lui sur la ligne, Thomas Boudat, le sprinteur de Direct Energie, a pris la 6e place. "C'était encore une fois un sprint très houleux, très dangereux", explique-t-il. "J'étais enfermé sur la fin, et je n'ai pas pu sprinter." Mais contrairement à son rival, le Français voit du positif dans cette journée; "Je progresse de jour en jour et je prends confiance."

Christophe Laporte retardé mais pas pris dans la chute

Entre les deux, il y a Christophe Laporte. Depuis sa chute dans le sprint de La Roche-sur-Yon, le coureur de Cofidis se refait une santé. A Amiens, il n'a pas pu participer au sprint, retardé par une chute... qui ne l'a pas emporté. "Il y a eu une grosse chute. J'étais limite dedans. En freinant fort, mon boyau a explosé. Nicolas Edet m'a donné sa roue, mais il me manquait un patin qu'on a fini par retrouver par terre. Je suis reparti avec le groupe de Dan Martin. Les mecs de UAE ont roulé à bloc, mais c'était impossible de rentrer."

136e de cette 8e étape, Laporte se satisfait presque de son sort: "C'est une occasion de manquée, mais je suis content de ne pas être tombé à haute vitesse." Sans réussite, les coureurs français courent toujours après une victoire. Dimanche, ce sont les pavés du Nord.

De notre envoyé spécial