Arnaud Démare heureux après sa victoire à Pau
Arnaud Démare heureux après sa victoire à Pau | AFP - DAVID STOCKMAN / BELGA MAG

Tour de France 2018 : Arnaud Démare, une victoire à seize jambes

Publié le , modifié le

Chahuté depuis le départ du Tour, Arnaud Démare a concrétisé un énorme travail collectif des Groupama-FDJ.

« Du km 0 aux 250 mètres, on a tout maîtrisé ». Un plan sans accroc selon Marc Madiot. Ne restait plus à Arnaud Démare qu’à couper la ligne et les langues ses détracteurs. En dedans depuis le départ en Vendée, le sprinteur de Groupama-FDJ s’est enfin libéré. Boosté peut-être par l’attaque d’André Greipel sur sa montée -trop rapide- dans le Portet. « Peut-être que quelqu’un devrait dire à Arnaud Démare et Groupama-FDJ qu’il y a des traceurs GPS sur le Tour de France. Chapeau pour avoir perdu seulement 9 minutes en 17 km sur Nairo Quintana », avait lancé Greipel sur twitter avant de s’excuser. Oui le Picard s’est accroché mais à ses tripes. Piqué au vif, le Picard a répondu en levant les bras. « On l’a soupçonné de s’être accroché, raconte son directeur sportif Thierry Bricaud. Lui sait très bien ce qu’il a fait et comment il l’a fait. Il avait vraiment envie de montrer qu’il faisait tout à la pédale et qu’il était capable de gagner. »

Une victoire à huit

Une revanche individuelle et collective. C’est peut-être la plus grande fierté des Groupama-FDJ qui ont travaillé sans relâche dès le départ. En contrôlant les échappés puis en déposant Démare dans un fauteuil. « On l’attendait, on l’a construite, analyse Madiot qui pointe une victoire à huit coureurs et un staff. Il y avait de la rage, de l’envie. C’était dur mais on n’a jamais lâché le morceau. On voulait vraiment aller chercher quelque chose. C’est la concrétisation de tout ce qu’on a pu faire parfois sans parvenir à gagner. » Une victoire sans détail même si il a fallu quelques secondes avant de valider le résultat, Démare ayant changé de ligne alors que Laporte commençait à s’engouffrer. Imperturbable et sur de sa victoire, le Picard a salué ses coéquipiers un à un. « On s’est pas battu pour rien », a-t-il glissé à leur oreille.

Comme Pinot

« J’ai une équipe qui me soutient, rabâchait-il devant les médias. Quand on voit le travail fourni aujourd’hui, c’est qu’ils croient vraiment en moi. Ils sont récompensés. » Pour Groupama-FDJ, le soulagement est total. Comme avec Thibaut Pinot en 2015 quand le Franc-Comtois avait remporté l’Alpe-d’Huez la veille des Champs-Elysées. « Deux champions avec un gros mental », reprend Bricaud. « Ils ont besoin de gagner. Sur le Tour on ne pense qu’à ça. Les occasions passent et on repousse au lendemain. Il était frustré mais il savait qu’il y avait la place de passer. Souvent il a manqué d’engagement. Là il ne s’est pas posé de question. » Avec Paris et son sprint royal en ligne de mire, c’est de très bon augure. 

De notre envoyé spécial