Tour de France 2017 : Warren Barguil, tel un phénix qui renaît de ses cendres

Tour de France 2017 : Warren Barguil, tel un phénix qui renaît de ses cendres

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Percuté par une voiture à l'entraînement début 2016, victime d'une lourde chute lors du Tour de Romandie fin avril, Warren Barguil réalise pourtant son meilleur Tour de France cette année. Vainqueur de deux étapes dantesques, assuré de ramener le maillot à pois rouges de meilleur grimpeur à Paris et solide membre du top 10 au classement général, le Français de la formation Sunweb est le grand bonhomme de cette Grande Boucle. Tout simplement incroyable...

A Chambéry, le coup passe près

La première fois que Warren Barguil s'illustre sur les routes de cette 104e édition du Tour de France, c'est lors de l'étape reine de l'épreuve entre Nantua et Chambéry le 9 juillet. A la veille de la première journée de repos, le Breton part à la conquête du maillot de meilleur grimpeur en se glissant dans l'échappée matinale. Troisième au sommet du col de la Biche, première montée hors-catégorie de l'épreuve, le coureur de la formation Sunweb impressionne dans le col du Grand Colombier puis dans le Mont du Chat, où il bascule à chaque fois en tête, avant de se retrouver avec le groupe des favoris pour se jouer la gagne à Chambéry. Persuadé d'avoir gagné (il lèvera même les bras sur la ligne), "Wawa" s'incline finalement d'un boyau au sprint face au Colombien Rigoberto Uran (Cannondale-Drapac). Sa première victoire d'étape sur les routes de son Tour national attendra. Pas pour longtemps...

Foix et Izoard, deux victoires de légende

Le dénouement malheureux de Chambéry renforce le désir de l'homme, désormais paré de la tunique de meilleur grimpeur, d'en claquer une, enfin ! Warren Barguil attend patiemment son heure et surgit le jour où chaque coureur Français rêve de s'imposer... Le 14 juillet, le natif d'Hennebont (Morbihan) s'échappe de nouveau à l'avant de la course. Après avoir consolidé son maillot à pois rouges, il se retrouve avec Nairo Quintana (Movistar) et Alberto Contador (Trek) pour devenir le premier Français vainqueur le jour de la fête nationale depuis David Moncoutié (à Digne-les-Bains en 2005). Aux côtés de ces deux champions, multiples vainqueurs de Grands Tours, le petit "Wawa" (1m83 tout de même) ne tremble pas et vise dans le mille ! A Foix, il s'adjuge sa première victoire d'étape sur la grande messe de juillet. Après deux étapes de la Vuelta en 2013, Barguil semble inarrêtable... Ce sentiment d'invincibilité se confirme ce jeudi sur les pentes terribles du col d'Izoard (14,1 km à 7,3%). En s'extirpant à la pédale du groupe des favoris, Warren Barguil  dompte ce Géant du Tour. Il vole dans la montée finale, dépasse la stèle érigée à la mémoire de Fausto Coppi et de Louison Bobet, 2 kilomètres avant le sommet, au niveau de la Casse Déserte. A 2 360 mètres d'altitude, Warren Barguil tutoie les sommets, comme jamais dans sa carrière...

Un maillot à pois rouges déjà dans la poche

Avec 169 points au compteur, le grimpeur tricolore s'est montré irrésistible dans la course au maillot à pois rouges. Il possède ainsi plus du double de points par rapport à son dauphin, le Slovène Primoz Roglic (Lotto NL-Jumbo, 80 points), et plus de 100 longueurs d'avance sur le troisième de ce classement, le Belge Thomas De Gendt (Lotto-Soudal, 63 points). Des écarts vertigineux renforcés par le fait que le Français s'est voulu souverain, s'emparant de la tunique à pois rouges au soir de la 9e étape et ne la lâchant plus ensuite. C'est fort logiquement que Barguil se voit donc assuré de ramener le célèbre maillot à Paris, si tout se passe bien...

Sa meilleure place au classement général

Actuellement au 9e rang, pointé à 8'22 du maillot jaune Christopher Froome (Sky), Warren Barguil va signer sa meilleure performance au classement général du Tour de France. Lors de ses deux premières participations à la Grande Boucle, le Français s'était classé 14e (en 2015) et 23e (en 2016). Un comble pour un coureur qui déclarait ne pas vouloir courir pour faire une place sur ce Tour 2017 ! Finalement, en chassant d'autres objectifs, Barguil s'est offert une place quasi assurée dans le top 10 de l'épreuve. Avec plus de 5 minutes d'avance sur le 11e, l'Italien Damiano Caruso (BMC), on ne voit pas comment "Wawa" pourrait être éjecté des dix premiers avant l'arrivée dans la capitale ce dimanche. Étapes, maillot à pois, classement général : c'est ce qu'on appelle faire un joli coup de billard à 3 bandes ! 

Super-combatif à Paris comme un symbole ?

Sa présence incessante au sein des échappées et en tête des plus hauts sommets de ce Tour de France 2017 a valu à Warren Barguil d'être élu coureur le plus combatif de la deuxième semaine de l'épreuve. Il rejoint donc Lilian Calmejane (Direct-Energie), récompensé lors de la première semaine, pour se disputer le prix final de la combativité à Paris, en compagnie du cycliste choisi pour la 3e semaine. Warren Barguil super-combatif du Tour ? Après plus d'un an et demi de galères, ce serait une récompense des plus symboliques. Un juste retour des choses pour ce jeune homme de 25 ans aux ressources inespérées...

Fabien Mariaux