Tour de France 2017 : une deuxième semaine en trois temps

Tour de France 2017 : une deuxième semaine en trois temps

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La Grande Boucle fait relâche ce lundi mais dès demain les coureurs retrouveront leurs habitudes à l’entame d’une deuxième semaine de course divisée en trois temps : d’abord deux étapes pour les sprinteurs et les chasseurs du maillot vert, puis deux parcours montagneux jeudi et vendredi dans les redoutables Pyrénées, enfin deux tracés pour puncheurs le week-end prochain à travers l’Aveyron et la Haute-Loire. De quoi redistribuer les cartes dans les différents classements.

Après une première semaine trépidante et très dure pour les organismes, le peloton reprend la route ce mardi en Dordogne, après un transfert assez long depuis la Savoie. Les organisateurs ont choisi de donner aux coureurs deux jours tranquilles destinés à récupérer des efforts accomplis depuis le 1er juillet, surtout avec les caprices de la météo qui ont accablé les hommes entre chaleur suffocante et averses orageuses destructrices (abandons de cinq coureurs sur chute dimanche dont l’ancien maillot jaune Geraint Thomas et l’un des outsiders du Tour, Richie Porte).

Kittel peut score deux fois

A priori, les deux étapes de mardi et mercredi destinées aux sprinteurs qui se battent pour les victoires mais aussi pour le classement par points. Le maillot vert est solidement accroché sur les épaules de Marcel Kittel d’autant que son principal concurrent, Arnaud Démare, a quitté le Tour après son arrivée hors délais à Chambéry. L’Allemand de la formation Quic-Step Floors, qui compte déjà trois succès sur cinq "finishs" groupés, reste évidemment le mieux placé pour engranger encore et revêtir à Paris son premier Green Jersey. Ses grands rivaux se nomment André Greipel, son compatriote, qui gagne au moins une étape depuis 2011, et l’Australien Michael Matthews, l’un des plus rapides du peloton. A Bergerac et à Pau, ils seront les principaux challengers de Kittel avec –pourquoi pas ?- Nacer Bouhanni s’il arrive à se placer correctement à 300 mètres de la ligne.

Attaque de Quintana ? 

Le milieu de semaine sera magnifié par le décor somptueux des Pyrénées. Une première étape (la 12e) jeudi de Pau à Peyragudes avec au passage le Col de Menté et la montée du Port de Balès, puis une seconde de Saint-Girons à Foix, 150 km seulement mais un programme copieux (col de Latrape, col d’Agnes, Mur de Péguère). Les poursuivants de Chris Froome ont un terrain propice pour l’attaquer mais en ont-ils les moyens et surtout l’envie, sachant que certains se contenteraient volontiers d’un podium voire d’un top 5 ? Le maillot jaune, débarrassé de quelques rivaux malheureux ou déficients (Porte, Contador, Mollema) devra surveiller les Aru, Bardet, Yates, Quintana et autres Meintjes pour préserver ou accroître son avance avant les ultimes difficultés dans les Alpes. Même si les écarts réalisés n’ont rien de définitif, le Britannique reste aujourd’hui l’immense favori.

Voeckler sur son terrain

Les baroudeurs auront ensuite l’occasion de s’en offrir une belle samedi et dimanche. D’abord dans la campagne du Sud-Ouest avec les vallons casse-pattes et la côte de Saint-Pierre, vrai tremplin pour les puncheurs. Le lendemain, les forçats de la route arriveront au Puy-en-Velay en passant par la piégeuse traversée du plateau de l’Aubrac puis la montée inédite du col de Peyra Taillade dont la pente est parfois très raide (14%). Les prétendants à la victoire finale devront se méfier des partants de loin comme Jarlinson Pantano, Nicolas Roche, Esteban Chaves, Dan Martin, Thibault Pinot, Pierre Rolland, Guillaume Martin, Warren Barguil (même s'il veut rapporter le maillot à pois sur les Champs-Elysées), Brice Feillu, Lilian Calmejane ou encore Thomas Voeckler pour citer quelques Français. L’Alsacien, qui dispute son ultime Tour de France, adorerait en claquer une avant Paris et il sait qu’il ne restera pas grand-chose au menu dans la dernière semaine.

Grégory Jouin @GregoryJouin