Thomas Voeckler (DIrect Energie) dispute son dernier Tour de France 2017
Thomas Voeckler (Direct Energie) dispute son dernier Tour de France | PHILIPPE LOPEZ / AFP

Tour de France 2017 : Thomas Voeckler comme au premier Tour

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Dans quatre jours, Thomas Voeckler terminera sa carrière de cycliste sur les Champs-Elysées. Malgré ses 38 ans, le coureur de Direct Energie veut finir comme il a commencé, en attaquant.

On ne se refait pas. Si les jambes ne suivent plus tout à fait, Thomas Voeckler se montre régulièrement à l’avant depuis le départ de la Grande Boucle, sa 15e et dernière. Il n’était pas question pour lui de finir en roue libre. Pas son tempérament. Trois fois "Ti Blanc" a attaqué au kilomètre 0. Des échappées dans les règles de l’art. Malheureusement pour lui, ce Tour n’est pas celui des audacieux. Les équipes de sprinteur et les puncheurs ne laissent passer aucune occasion de scorer. "J’ai fait trois fois le départ. C’est mon dernier Tour de France, je ne vais pas déroger à ma philosophie du vélo, l’attaque, nous confie-t-il. Si les jambes me le permettent sans pour autant être le meilleur, je tape dedans. S’en mettre dans la gueule ça ne fait pas de mal."

"Le corps à ses limites"

Sur la route de Rodez, il avait senti le bon coup. Un profil "à la Voeckler" avec ce qu’il faut de difficultés pour jouer avec le peloton. Le Français se retrouve même à deux avec Thomas De Gendt à quelques kilomètres de l’arrivée. Quand le Belge de Lotto-Soudal décide d’y aller seul, Voeckler ne résiste pas bien longtemps. "Je n’avais pas la gagne dans les pattes. 5-6 ans en arrière, j’aurai eu les moyens de ne pas laisser filer." Le Belge n’ira pas au bout mais cet épisode rappelle au Français la cruelle réalité du sport et du temps qui passe. "Je ne suis pas amer, reprend-t-il. J’ai 38 ans. J’ai le mental d’un jeune coureur mais le corps a aussi ses limites. Ce n’est pas choquant qu’à mon âge on soit un petit peu moins frais qu’à trente ans dans un sport d’endurance aussi dure que le vélo. Il y a une certaine logique et il faut le prendre avec philosophie sans pour autant baisser les bras."

La pancarte tous les jours

Baisser pavillon, ce n’est pas le genre de la maison. Et puis Voeckler a une histoire à boucler avec les Français. Ils sont nombreux à avoir les yeux de Chimène pour celui qui a vécu 10 jours en jaune en 2011 (4e du général au final, ndlr) et ramené le maillot à pois à Paris l’année suivante. Même si Romain Bardet capte l’attention et que Lilian Calmejane a repris le relais chez Jean-René Bernaudeau, le public n’a pas oublié et les pancartes de remerciement se comptent par centaines chaque jour sur le bord des routes. "Je n’ai pas encore la vue qui baisse, rigole-t-il quand on le lui fait remarquer. Ça serait dur de ne pas les voir. Depuis deux semaines, on en voit partout et ça fait plaisir. Les gens se souviennent de moi et j’essaie de leur rendre cet hommage en étant à l’avant. Le plus dur a été les semaines et les mois avant le Tour. Là je suis concentré sur la course comme si c’était n’importe quel Tour." Pas n’importe lequel. Le dernier avant de raccrocher.

VIDEO. Un dernier Tour pour Thomas Voeckler

Xavier Richard @littletwitman