Tour de France 2017 : Romain Bardet paye pour apprendre

Tour de France 2017 : Romain Bardet paye pour apprendre

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Arrivé troisième au sommet de l’Izoard, Bardet a sans doute dit adieu au maillot jaune. Deuxième du général à 23 secondes de Chris Froome il a en revanche prouvé qu’il avait tout d’un grand, en attaquant encore et encore pour reprendre quelques maigres secondes au leader.

Au sommet de l'Izoard, à 2 360m d'altitude dans un paysage lunaire, Romain Bardet a très probablement perdu le Tour de France 2017. Après avoir tenté sans succès dans le Galibier de décrocher Chris Froome, le grimpeur d'AG2R a de nouveau tenté, encore et encore dans les derniers kilomètres du dernier juge de Paix de ce Tour. Sans plus de succès. Vincent Lavenu avait pourtant le sourire à l'arrivée : « On a le sourire. Parce qu'on a vu une très belle équipe, une équipe de champions qui a tout donné pour son leader. » C'est en effet AG2R qui a emmené le peloton dans les pentes de l'Izoard pour écrémer le groupe et tenter de faire sauter les lieutenants du maillot jaune. Un par un, Mathias Frank, Cyril Gauthier et Jan Bakelants ont produit leur effort avant de s'écarter, dans un roulement bien huilé, et contrôlé par un homme : « Un jeune coureur qui n'a que 26 ans et qui s'est comporté en patron, qui a décidé de faire rouler tel coureur à tel moment. Romain a fini en beauté, il a été exemplaire encore une fois. »

Un Tour de France réussi

L'objectif maillot jaune était sans doute trop loin, trop dur à atteindre pour un coureur qui avouait lui même avoir été surpris par sa deuxième place de l'an passé, arrivée « plus tôt que prévu ». Mais Romain Bardet, qui a enfin réussi à décrocher Rigoberto Uran de sa roue avant la ligne, a montré qu'il avait bien grandi depuis l'an dernier. Plus mature, plus patron, tout en conservant son tempérament d'attaquant, que doivent parfois calmer ses directeurs sportifs comme lorsqu'il voulait attaquer au pied du Galibier. Sauf catastrophe lors du chrono de Marseille, Bardet sera probablement sur le podium à Paris : Mikel Landa, quatrième, est à 1'13 du Français. Conserver sa deuxième place sera compliqué compte tenu des qualités de rouleur de Rigoberto Uran, mais l'essentiel est ailleurs. Un Tour de France réussi, une victoire d'étape de prestige et une carrure de leader façonnée à force d'attaques. « De bonne augure pour la suite » assure-t-il assis sur le goudron avec le dernier souffle d'énergie qu'il lui reste.

Vidéo : "J'ai tout donné"

Youmni Kezzouf @YoumniK