Train Démare hors délai
Konovalovas, Delage et Démare ont terminé la neuvième étape hors-délai, tout comme Jacopo Guarnieri. | DE WAELE Tim / TDWsport Sarl / DPPI

Tour de France 2017 : pour la FDJ, un deuxième Tour commence

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Après les départs d'Arnaud Démare et de ses trois coéquipiers Ignatas Konovalovas, Jacopo Guarnieri et Mickael Delage, tous arrivés hors-délai à Chambéry, l'heure est à la remobilisation chez la FDJ. Complètement tournée vers son sprinteur, l'équipe doit opérer un virage à 180° et composer avec les cinq coureurs qui restent. Pas question pour autant d'être attentistes pour Marc Madiot, qui croit encore qu'une autre victoire d'étape est possible. Pourquoi pas pour Thibaut Pinot ?

Il n'y a plus que cinq vélos devant le bus de la FDJ, et ce sera pareil chaque matin pendant les deux prochaines semaines. Arrivé hors-délai sur la terrible neuvième étape entre Nantua et Chambéry, le leader Arnaud Démare a emmené avec lui son train. Ignatas Konovalovas, Jacopo Guarnieri et Mickael Delage ont eux aussi quitté le Tour lors de la journée de repos. De quoi remodeler considérablement la stratégie de la FDJ, qui avait fait le choix de se dévouer quasi entièrement à son sprinteur. "On se prépare exactement de la même façon, ça ne change rien" commence par expliquer Thierry Bricaud, directeur sportif de l'équipe française. "Les 5 coureurs qui restent ont beaucoup d'envie, on sait qu'on peut encore exister et viser une étape. " 

"On va se comporter en sniper"

Devant le bus à Périgueux, l'ambiance était à la remobilisation. Pas question de baisser les bras ou de considérer le Tour fini après le départ du leader et de ses grognards. Objectif : garder les cinq coureurs concentrés, et ne pas montrer de signe de faiblesse. Pour le patron de l'équipe Marc Madiot, cela passe par la métaphore militaire : "On va essayer de se comporter en sniper. On n'a pas beaucoup de cartouches mais on va bien les utiliser. Dans les cinq qui restent, j'ai quelques tireurs d'élite. " On pense évidemment à Thibaut Pinot, qui a encore dans les jambes son Giro du mois de mai et peine à se montrer incisif pour l'instant. "Thibaut Pinot va exister sur les étapes de montagne, il a envie. Il sait que ça va passer, on va le revoir à l'attaque."

Entre méthode Coué et vraie confiance dans l'équipe, Marc Madiot a martelé son message avant le départ de la dixième étape : "J'ai le souvenir, à l'époque où j'étais coureur sur un Paris-Nice avec Renault, l'équipe avait terminé à deux, on avait fait trois victoires d'étapes." L'ambiance était pourtant un peu particulière au sein de l'équipe, avec les départs des quatre coureurs pendant la journée de repos. "Il y avait des sourires et des échanges, hier midi ils ont mangé à neuf et ensuite les hors-délai sont partis... " raconte Thierry Bricaud.

Cruel p​our Mickael Delage 

Le cas Mickael Delage est particulier. Né à Libourne, le coéquipier d'Arnaud Démare avait hâte de passer sur ses routes du sud-ouest, mais son rôle d'équipier modèle l'a contraint au sacrifice. Il assurait évidemment l'avoir fait de bon coeur à la fin de l'étape à Chambéry : "Quand on est là pour Arnaud, on est là pour lui à 200 %. C'est vrai que c'est cruel, mais c'est le jeu. " C'est effectivement toute la cruauté du rôle d'équipier, au service de son leader au point de mettre tout intérêt personnel de côté. C'est, selon Madiot, cette capacité à se sacrifier complètement qui fait un bon grognard : "Quand on est un bon équipier on ne pense pas à soi. Jamais. Dans le peloton il faut savoir ce pourquoi on est fait, dans une équipe également. " Pas d'état d'âme, tout le monde connaissait les règles du jeu.

Désormais réduits à cinq, les coureurs de la FDJ vont pouvoir se montrer dans d'autres conditions. Il va falloir prendre les échappées pour les baroudeurs Vichot et Mollard, se placer sur les sprints pour Cimolai, continuer la découverte du tour pour Olivier Le Gac, enfin remis après un début de tour difficile. Et surtout, mettre Thibaut Pinot dans les meilleures dispositions pour remporter une étape dans les Pyrénées ou les Alpes.

Par notre envoyé spécial :

Youmni Kezzouf @YoumniK