Tour de France 2017 : Les Direct Energie avaient encore faim

Tour de France 2017 : Les Direct Energie avaient encore faim

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Le Tour se termine mais certaines équipes ont encore un gros appétit. Celles qui n’ont pas encore gagné. Et Direct Energie qui a pourtant réussi sa course avec la belle victoire de Lilian Calmejane aux Rousses.

Un dernier baroud d’honneur pour la route. Une dernière occasion aussi de prendre sa revanche sur les sprinteurs qui ont squatté toutes les étapes à leur portée. La 19e était la plus longue (222 km) et la plus à même de réussir à des échappés. Au sortir des Alpes qui a laissé Marcel Kittel sur le carreau, le coup était jouable. « C’était prévu, explique Sylvain Chavanel. Une étape pour baroudeur aujourd’hui. Ça n’a pas loupé. » La bagarre a duré plusieurs kilomètres. D’Embrun aux premières pentes du jour. Flairant le bon coup, les Direct Energie ont fait le forcing. « On s’était promis à Düsseldorf de ne pas avoir de regrets, raconte Jean-René Bernaudeau, le patron de la formation vendéenne. L’équipe a retrouvé son âme de combattante. » La décision se faisait dans le col Lebraut, 3e catégorie placé 26 km après le départ.

Chavanel, Sicard et Calmejane devants

« C’est parti en costaud dans le premier grimpeur. Je me suis fait vraiment mal, reprend Chavanel. On était bien représenté les Direct Energie avec trois coureurs. » Avec Chavanel, Calmejane et Sicard figuraient ainsi dans l’échappée de 22 coureurs. Un groupe de costaud avec quelques épouvantails du "top mondial". « On ne devait pas rater cette étape mais il y a 21 équipes sur les Tour et deux équipes ont gagné neuf étapes à elles deux, expliquait Bernaudeau. Il y a des grosses équipes qui veulent gagner et qui ont très faim. » Parmi elles les Dimension Data d’Edwald Boassen Hagen. « Il y avait des gros coureurs devant, le top mondial. Nous on avait la chance d’avoir trois coureurs mais le final n’était peut-être pas assez dur. »

Et il y a eu un rond point…

Vingt-deux hommes, c’était encore trop pour avoir une réelle chance de gagner. Les accélérations se sont alors succédée dans les cinquante derniers kilomètres. « Vu le nombre de coureurs à l’avant, c’était difficile de bien gérer ça tactiquement, reprenait Chavanel. J’ai réussi à être dans la roue de Keukeleire quand il a accéléré. Ça a permis de couper le groupe en deux. » Un écrémage qui condamnait Sicard et Calmejane mais pas le favori Boassen Hagen. Intrinsèquement plus rapide au sprint, le Norvégien n’a même pas attendu l’emballage final. C’est à la faveur d’un rond point dans le final qu’il a porté le coup fatal. « Il a pris le rond point à droite, nous à gauche. Vu sa force et son accélération, il a pu résister. Après ça s’est regardé pour savoir qui va faire l’effort. Les Orica étaient deux mais ils n’ont pas pu nous ramener. Après Boassen-Hagen était vraiment au-dessus aujourd’hui. Il a fini seul, ça veut dire qu’il était vraiment le plus fort. Sur le Tour cette année il a tourné autour, notamment dans les sprints massifs. Il mérite vraiment sa victoire. » Sans regret.

Xavier Richard @littletwitman